Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
POINT DE VUE

L’Etat : une greffe occidentale sur un corps djiboutien


Alwihda Info | Par Anihay Assa - 28 Septembre 2019 modifié le 28 Septembre 2019 - 08:04


L’Etat : une greffe occidentale sur un corps djiboutien. Illustration. © DR
L’Etat : une greffe occidentale sur un corps djiboutien. Illustration. © DR
L’état-nation[1] à Djibouti, importé de Paris, hérité du colonialisme français, est un prétexte choisi pour se maintenir au pouvoir par une élite tribaliste, sans autre  vision ni conviction ou idéologie politique, dans un Etat sans nation et des nations sans état, pour éliminer les autres composantes du pays. L’article 1 de la constitution française affirme : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». La Constitution de Djibouti de septembre 1992, est une copie de celle de la France. L’Etat est donc une greffe forcée du modèle constitutionnel français sur un corps étranger de l’Afrique, musulman, nomade, totalement étranger au monde occidental :

« La greffe ainsi tentée est une greffe forcée. Et l’étude des phénomènes de rejet est particulièrement instructive pour les Africains et pour les Européens : aux Africains, elle permet de mieux saisir la différence de nature entre l’État traditionnel et l’État importé ; aux Européens, elle fait apparaître des aspects de l’État occidental masqués en Occident, éclairant ainsi la nature et la fonction du pouvoir, telles que l’Occident, sans les voir, les conçoit et les vit. »

La problématique de coexistence entre les peuples dans un même pays avec des frontières linguistiques reposant sur des frontières artificielles imposées par la France ne résout pas les problèmes sur un si petit territoire (comme la suisse, la Belgique, le Qatar.) Avec deux grandes ethnies les Afars et les Somalis et la communauté Arabe, le système d’état-nation a creusé les fossés entre les peuples.

Nous avons lutté contre la situation coloniale pour libérer les peuples Djiboutiens dans les respects de leur diversité ethnique, et une fois l’indépendance du drapeau donné en 1977, nous avons combattu les armes à la main la domination néo-patrimoniale de la famille du sous Somali-Issa Mamassan Bahfourlabas pour ne pas faire subir les mêmes souffrances aux restes des peuples qui vivent à Djibouti.

A ce sujet nous avons la même vision que feu l’ancien président de la République Fédérale d’Afrique du Sud Nelson Mandela de la lutte contre la domination sous toutes ses formes : « J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.»

Nous combattons un système qui avilit les hommes et les femmes parce qu’ils sont différents et impose la domination d’un sous-clan sur les restes des populations.

-----------
[1] De même que le village de Bakerré injustement occupé par les somalis Issas refugiés comme en janvier 1935 mais décimés par une guérilla afar à l’époque. Le cimetière se trouve toujours à Bakeré.