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INTERVIEW

La FESAS fait l’inventaire des difficultés que rencontrent les étudiants francophones au Sénégal


Alwihda Info | Par - 13 Janvier 2019 modifié le 13 Janvier 2019 - 09:41

Le secrétaire général de la Fédération des Etudiants Stagiaires Africains au Sénégal (FESAS), le tchadien Djiddi Hemchi, à la tête d’une entité associative qui regroupe 16.800 étudiants en provenance de 15 pays de l’Afrique Francophone, a accordé un entretien à Alwihda Info lors de notre passage à Dakar, pour évoquer la mission assignée à la fédération et les difficultés que rencontrent les étudiants dans le cadre académique.


Le secrétaire général de la Fédération des Etudiants Stagiaires Africains au Sénégal (FESAS), le tchadien Djiddi Hemchi.
Le secrétaire général de la Fédération des Etudiants Stagiaires Africains au Sénégal (FESAS), le tchadien Djiddi Hemchi.
Le secrétaire général de la FESAS indique que l’objectif de cette fédération est de créer un lien de solidarité entre les étudiants africains, surtout francophones, qui vivent sur le sol sénégalais. Par ailleurs, il déplore le repli des étudiants africains sur leur communauté plutôt que de s’ouvrir à d’autres communautés. Selon le secrétaire général de la FESAS, Djiddi Hemchi, les étudiants rencontrent des difficultés liées à la cherté de l’inscription dans des institutions d'enseignement privé, aux cartes de séjour, au stage de perfectionnement académique et à l’inégalité sociale que subissent les étudiants dans leur traitement. Le Sénégal compte plus de 2000 étudiants tchadiens repartis dans différentes institutions de l’enseignement supérieur.

Alwihda Info : Vous êtes le secrétaire général de ce qu’on appelle la Fédération des Etudiants Stagiaires Africains au Sénégal. Pouvez-vous nous parler brièvement de votre structure ?

Djiddi Hemchi : Nous remercions Alwihdai Info de nous avoir donné l’opportunité de parler de notre fédération qui est la Fédération des Etudiants Stagiaires Africains au Sénégal. C’est une structure qui regroupe au sein d’elle plus de 15 communautés estudiantines africaines dont le Tchad fait partie intégrante comme membre. Chaque communauté africaine a entre 1 à 2 représentants au sein de cette fédération dont l’objectif est de créer un lien de solidarité entre les étudiants africains surtout francophones vivant sur le sol sénégalais.

Comme tout association, nous traversons aussi des difficultés qui sont d’ordre financières, c’est pourquoi on n’arrive pas souvent à réaliser nos projets. Nous sommes actuellement sur un projet culturel, on projette d’organiser une soirée culturelle qui regroupera toute ces communautés membres de la FESAS mais le problème qui se pose actuellement c’est le financement du projet.

Quelles sont les difficultés que rencontrent les étudiants africains au Sénégal ?

Djiddi Hemchi : Les difficultés que rencontrent les étudiants africains sont d’ordre académique. Prenons l’exemple d’un étudiant tchadien qui vient au Sénégal, il reste replié sur sa communauté sans sortir et voir ce qui se passe de l’autre côté. Pourtant, on a pas mal de communautés africaines qui viennent ici au Sénégal pour les études. L’objectif de cette fédération est de contribuer à l’instauration de la collaboration entre les étudiants, et surtout de mettre en place des activités culturelles sportives pour pouvoir créer un lien de solidarité entre ces jeunes étudiants.

Comment les étudiants africains sont perçus par leurs frères sénégalais ?

Djidi Hemchi : La terre sénégalaise est généralement une terre d’accueil et les gens sont sympas. On a certes pas mal de problème concernant la procédure de visa, de carte de séjour et autres. Pourtant on est souvent considéré et traité au même titre que les citoyens sénégalais. Mais les difficultés se trouvent souvent dans les institutions d’enseignements privées, les universités et les écoles de commerce. Les ressortissants de l’UMOA payent moins chers les frais de scolarité que les ressortissants de la CEMAC. On constate qu’il y a une sorte d’inégalité sociale qui sévit dans le traitement des étudiants africains.

Depuis sa création, quelles sont les réalisations les plus remarquables qui ont été faites par la fédération ?

Djiddi Hemchi : La fédération a été créée en 2013 et nous constituons actuellement le cinquième bureau. Les réalisations sont nombreuses, entre autres l’accompagnement qui a permis d’aider beaucoup de nos communautés membres dans le domaine de la recherche de stage. Il est difficile pour un étudiant non sénégalais qui finit ses études de décrocher un stage. C'est un problème qui se pose avec acuité ici au Sénégal. Nous avons nos partenaires qui sont entre autres des banques, des écoles et agences de voyage. Nous, nous approchons d’eux pour pouvoir décrocher un stage non rémunéré pour nos membres en vue de leur perfectionnement académique dans une entreprise.

La fédération prend-elle en compte la gestion des nouveaux étudiants ? Comment faites-vous pour les encadrer, les orienter afin d’éviter qu’ils puissent rencontrer trop de tracasseries pour être admis dans un institut d’enseignement supérieur ?

Djiddi Hemchi : L’intégration se fait au niveau de la base c’est-à-dire que chaque étudiant vient s’intégrer au niveau de sa communauté. S’il y a un tchadien ou un ivoirien qui arrive, il va chercher à s’intégrer au niveau de sa communauté. Une fois qu’il est intégré, nous à la fédération, l’accompagnons et l'aidons à décrocher un stage ou une bourse si nécessaire parce que nous avons des écoles partenaires parfois qui nous octroient des demi-bourses ou des bourses entières. On attribue souvent ces bourse aux étudiants démunis qui n’ont pas la possibilité de payer leur scolarité.

Cela veut dire que l’étudiant ne va pas être accompagné pour obtenir une inscription ou une préinscription dans un établissement d'enseignement supérieur ici ? Cela ne relève-t-il pas de la mission de la fédération qui lui a été assignée ?

Djiddi Hemchi : La FESAS n’a pas dans sa vocation cette mission. Cette tache concerne beaucoup plus les communautés affiliées à la fédération. Ce sont les communautés membres de la fédération qui accompagnent souvent les étudiants dans la procédure d’inscription et de logement. Tout cela se fait au sein de leur communauté respective.

Propos recueillis par Djimet Wiché.

Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur