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AFRIQUE

La couverture santé universelle arrive à Madagascar


Alwihda Info | Par Namissa Rakoto - 21 Juin 2018 modifié le 21 Juin 2018 - 21:55

Une caisse nationale de solidarité pour la santé (CNSS) vient de voir le jour à Madagascar. Une annonce historique quand on sait que ce projet de sécurité sociale, promis par tous les présidents récents, n’avait pu aboutir faute de moyens.


Un centre de santé à Madagascar. Crédits photo : DR
Un centre de santé à Madagascar. Crédits photo : DR
Pour Hery Rajaonarimampianina « l’année 2018 sera, non seulement, une année électorale, mais également le temps de l’émergence pour Madagascar ». 

Malgré un taux de pauvreté qui reste « extraordinairement élevé » d’après la Banque mondiale, des efforts considérables ont été entrepris durant le mandat de Hery Rajaonarimampianina afin d’abaisser ce taux de pauvreté de 92 % à 70,7%. Grâce à l’appui de l’institution financière, le pays a mis en place le programme de transferts monétaires conditionnels pour le développement humain et le programme Argent contre travail productif. 

Mais avec la création de la Caisse nationale de solidarité pour la santé (CNSS), le gouvernement d’Hery Rajaonarimampianina souhaite aller au-delà de ces tentatives et matérialiser un vieux rêve que de nombreux Malgaches ne croyaient plus réalisable. « C’est le signe de la renaissance, du changement de mentalité, nécessaire pour l’émergence du pays. Nous devons être conscients, voir loin, et nous soucier du bien-être de toute la population. Pour combattre la pauvreté, qui a fortement marqué le pays depuis cinq décennies, nous devons refuser l’égoïsme et le profit personnel », a déclaré le président le 8 juin à Niarovana-Caroline. 

Tous les coûts des soins couverts par la CNSS 

C’est en effet dans cette localité du district de Vatomandry qu’a été lancée la première CNSS, qui permettra à la population de bénéficier de services médicaux de qualité et de proximité « sans que cela soit une source de difficulté financière pour les bénéficiaires », précise-t-on au ministère des Finances. 

Moyennant une cotisation annuelle de 9 000 ariary (environ 2,30 euros), les adhérents de la CNSS pourront bénéficier « des paniers de santé au niveau de centres de santé de base (CSB) ou des centres hospitaliers de référence du district (CHRD) », explique le directeur général de la CNSS, Guy Andriantsara. Frais de consultations, médicaments, interventions chirurgicales, transport des patients… Tous les coûts des soins dans les CSB et les CHRD seront couverts par la cotisation, qui pourra être faite grâce à l’utilisation des mobiles money. C’est-à-dire par des transactions sur téléphone portable. 

La CNSS constitue la mise en œuvre de la Couverture santé universelle (CSU), un concept de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) auquel Madagascar a adhéré en 2016. Souhaitée par le président Rajaonarimampianina, elle a été mise en œuvre par le Coordonnateur Général au ministère de la Santé Publique et le Docteur Sylvie Rajaonarisoa. Son objectif est de « faire en sorte que tous les individus aient accès aux services de santé sans encourir de difficultés financières ». 

Progrès importants 

Grâce à la CNSS, qui sera mise en place dans tous les districts malgaches avant la fin de l’année, la Grande Île rejoint la plupart des pays africains, qui ont intégré la CSU dans leur stratégie nationale de santé et fait des progrès importants en matière de protection sociale. Ainsi, le système national d’assurance maladie du Rwanda couvre désormais plus de 80 % de sa population. Au Ghana, le régime de protection sociale est applicable à tous les salariés travaillant pour le compte d’un employeur. Le régime de protection sociale de Côte d’Ivoire, qui protège tous les travailleurs salariés, comporte trois principales branches : prestations familiales, accidents du travail et maladies professionnelles. Enfin, en Afrique du Sud « presque tous les retraités perçoivent une pension, ce qui place ce pays largement en tête des autres pays dans ce domaine », se félicite le docteur Félix Atchadé, du Collectif Afrique du Parti communiste français. 

Certes, près de 82 % de la population africaine vit sans protection sociale, mais ces exemples montrent que la situation évolue malgré les énormes difficultés auxquelles sont confrontés ces pays.