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ANALYSE

Le système éducatif tchadien est assassiné


Alwihda Info | Par Benoudjita François - 22 Juillet 2018 modifié le 22 Juillet 2018 - 14:31


Des élèves s'apprêtent à composer le baccalauréat 2018 dans un centre d'examen de N'Djamena. Crédits : Alwihda Info
Des élèves s'apprêtent à composer le baccalauréat 2018 dans un centre d'examen de N'Djamena. Crédits : Alwihda Info
L’éducation, l’une des composantes les plus importantes du développement d’un pays est le dernier souci de nos dirigeants. Depuis environ une décennie, les autorités tchadiennes n’arrivent pas à assurer une éducation digne aux enfants tchadiens. Les enfants reçoivent des formations en dent de scie avec une baisse criarde de niveau. Mais cela n’émeut pas nos responsables. Cette année, c’est le pire des cas. Les élèves n’ont que tout au plus dans le public fait 3 mois de cours. Mais le gouvernement s’est obstiné et a organisé les examens. A qui profite tout cela ?

Des grands responsables ont dit que « si voulez tuer un pays ne lui faites pas la guerre, détruisez son système éducatif et vous allez voir que le pays va mourir lui-même ». Et malheureusement c’est ce qui se passe chez nous. Pendant longtemps les autorités tchadiennes ont fait croire à l’opinion internationale que le système éducatif tchadien est rose. Pourtant c’est bien le contraire de la situation que ces derniers brandissent. Le Brevet d’Etude Fondamentale (BEF), le Baccalauréat et même les diplômes du supérieur ne répondent plus aux exigences. Car, à de rares fois les enfants valident les 50% du programme d’enseignement annuel. Mais cela ne constitue nullement le souci des autorités qui d’ailleurs n’ont pas leurs enfants dans les établissement publics parce qu’ils ont les moyens pour les inscrire ailleurs. Ainsi certains enfants tchadiens subissent le péché (pauvreté) de leurs procréateurs. Cette pratique de détruire le système éducatif, créée et savamment entretenue par les responsables du pays a atteint son maximum cette année.

Pour l’année académique 2017-2018, l’élève tchadien du public n’a eu qu’au plus 3 mois de cours mais, il a passé quand même les examens finaux. Certes, il obtiendra son diplôme mais avec quel niveau ? Le diplôme dont il aura en main lui sera-t-il utile ? Certainement non. Le détenteur de ce diplôme n’est pas différent des habitants du cimetière.

Certains élèves rencontrés aux sorties du bac affirment que le bac de cette année est politique. « J’ai composé parce que mes parents m’ont contraint à le faire, tout de même je recomposerai l’année prochaine même si je suis admis », déclare Ousmane Ali, un élève frustré à la sortie de la salle de composition. Suzanne Amadji, une autre élève s’inquiète de la validité de ce baccalauréat à l’extérieur. Elle dit : « ce sont les universités voisines qui nous absorbent et nous permettent de finir rapidement nos études et voilà que nous n’avions eu que 3 chapitres dans l’année, vont-elles nous accepter ? »

L’enseignement supérieur quand à lui est un mythe au Tchad. L’on risque de connaitre un accident cardiovasculaire en parlant de cela. Jusqu’aujourd’hui l’année 2015-2016 n’est pas bouclée dans les universités du Tchad. Quel développement voudrions-nous avec ce système éducatif ?



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