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AFRIQUE

Les pays du Sahel s’unissent pour accélérer l’élimination du paludisme dans la région


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 31 Août 2018 modifié le 31 Août 2018 - 10:43

Huit pays sahéliens intensifient leur collaboration transfrontalière pour en finir, d’ici à 2030, avec la maladie la plus mortelle au monde.


Vaccination contre la méningite au Niger (Illustration).. ISSOUF SANOGO/AFP
Vaccination contre la méningite au Niger (Illustration).. ISSOUF SANOGO/AFP
Dakar, Sénégal, le 31 août 2018 ‑ Les ministres de la Santé de huit pays du Sahel lancent aujourd’hui l’Initiative pour l’élimination du paludisme au Sahel afin d’accélérer les efforts régionaux qui visent à éliminer le paludisme, une maladie qui menace plus de 90 millions de personnes dans cette région chaque année.

Les ministres du Burkina Faso, de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Cap Vert, du Sénégal et du Tchad ont créé une nouvelle plate-forme régionale avec pour objectif de fédérer leurs efforts en faveur du développement et du maintien de la couverture universelle des antipaludéens et de la mobilisation des financements destinés à l’élimination du paludisme. Ils se sont également engagés à accélérer l’introduction de technologies innovantes pour combattre la maladie et à mettre au point un tableau de bord sous-régional permettant de suivre et d’évaluer la progression de leurs objectifs, à savoir éliminer le paludisme à l’horizon 2030.

Avec près de 20 millions de cas de paludisme annuels, le Sahel a accompli quelques avancées, mais a aussi subi des revers, dans sa lutte contre la maladie. Si le Burkina Faso et le Niger continuent à être fortement touchés par le paludisme, les progrès constants réalisés au Sénégal et en Gambie ont permis d’y enregistrer un net recul du nombre de personnes atteintes par le paludisme et de décès dus à cette maladie. Également membre de cette initiative, le Cap-Vert est quant à lui sur la bonne voie pour éliminer la maladie de son territoire d’ici à 2020.

L’Initiative pour l’élimination du paludisme au Sahel sera mise en œuvre dans huit pays du Sahel et zones voisines. Soutenu par les ministres de la Santé de la région, ce programme bénéficie également du concours de nombreux partenaires, dont l’Organisation mondiale de la Santé, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA) et le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme. Le modèle de cette initiative repose sur les enseignements tirés d’autres collaborations régionales transfrontalières, notamment l’Initiative Malaria Elimination 8 (E8) mise en place en Afrique australe.

Annoncée en sa qualité d’ambassadrice de l’Initiative pour l’élimination du paludisme au Sahel, le Professeur Awa Marie Coll-Seck, ministre d’État du Sénégal et membre du Conseil du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, s’est exprimée en ces termes : « Les pays du Sahel reconnaissent les nombreux avantages d’un travail collaboratif pour accélérer l’élimination du paludisme dans la région. Nous combattrons mieux et plus vite cette maladie en unissant nos ressources, en introduisant de nouveaux outils, en partageant nos meilleures pratiques et en coordonnant nos efforts par-delà les frontières. Cette initiative est essentielle pour améliorer la santé des personnes et les systèmes de santé nationaux, qui ont un impact direct sur l’économie des pays. »

Le Professeur Stanley Okolo, Directeur Général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé/CEDEAO, qui dirigera le mécanisme de coordination de l’Initiative pour l’élimination du paludisme au Sahel, a déclaré : « Le paludisme pèse très lourdement sur nos familles, nos communautés et nos pays, contribuant au cycle de pauvreté qui mine la région. En partageant les responsabilités et en collaborant avec des partenaires dédiés, les pays du Sahel peuvent optimiser l’impact de leurs efforts pour endiguer cette maladie mortelle. »

Joy Phumaphi, secrétaire exécutive de l’ALMA, a ajouté : « La collaboration à l’échelle sous-régionale est cruciale pour faire avancer notre vision commune d’une Afrique sans paludisme d’ici à 2030. L’ALMA s’engage à soutenir la région pour mettre en œuvre l’outil de gestion et d’évaluation de l’Initiative pour l’élimination du paludisme au Sahel. »