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INTERNATIONAL

Michelle Bachelet : « Envoyer les voix critiques en prison ne mettra pas fin à la pandémie »


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 23 Février 2021

À l’ouverture de la 46ème session du Conseil des droits de l'homme qui se tient en visioconférence depuis Genève, l’ancienne présidente chilienne a déploré la portée excessive des pouvoirs d’urgence et le recours inutile ou excessif à la force.


Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. ©️ ONU
Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. ©️ ONU
La Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a averti lundi dernier que la répression de voix dissonantes, ou le renvoi de voix critiques en prison ne mettra pas fin à la pandémie du Covid-19 dans le monde. « Je pense que nous sommes tous conscients que l’usage de la force ne mettra pas fin à cette pandémie », a déclaré, Michelle Bachelet. S’adressant au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, elle a rappelé qu’envoyer « des voix critiques en prison ne mettra pas fin (aussi) à la pandémie ».
L’ancienne présidente chilienne a ainsi déploré toutes « ces restrictions illégitimes des libertés publiques, la portée excessive des pouvoirs d’urgence et le recours inutile ou excessif à la force ne sont pas seulement inutiles et éloignés sans scrupules de tout principe ». « Elles découragent la participation du public à la prise de décision, laquelle est le fondement d’une élaboration saine des politiques », a-t-elle dit aux Etats membres, à l’ouverture de la 46ème session du Conseil des droits de l'homme qui se tient en visioconférence depuis Genève.

Cela permettra de mettre fin à la pandémie et d’accélérer une reprise durable et résistante, c’est donc l’application effective des principes des droits de l’homme, fondée sur la confiance du public, a insisté Mme Bachelet. Le Covid-19 a fait tomber le masque sur les réalités mortelles de la discrimination ou des inégalités. Des maux et autant de problèmes, qui sont « malheureusement ignorés par de nombreux décideurs politiques ». Aussi, pour instaurer la confiance, il faut une gouvernance transparente, responsable et ouverte à tous, fondée sur une presse libre, des institutions démocratiques efficaces et une participation significative du public à l’élaboration des politiques, a souligné la Haut-Commissaire.

La pandémie a montré à quel point la négligence des droits de l’homme met les sociétés en danger et a montré la valeur des approches fondées sur les droits de l’homme. La hausse de l’extrême pauvreté dans le monde, l’accélération des inégalités, les reculs en matière de droits et d’égalité des femmes, d’éducation ainsi que le programme de développement durable, sont autant « de chocs qui pourraient ébranler les fondements des sociétés ».

C’est pourquoi dans ce monde d’après, la Haut-Commissaire veut qu’on élimine toute forme de discrimination « ces systèmes et stéréotypes coûteux, humiliants, sans principes et totalement contre-productifs, qui nuisent à la santé » et qui génèrent « l’injustice et empêche les femmes, les personnes issues de minorités ethniques, religieuses ou de caste et bien d’autres de contribuer à la pleine jouissance de leurs droits par la société ». « Alors que le désespoir et la souffrance s’intensifient dans toutes les régions, il est temps d’apporter aux gens un réel espoir de changement rapide, significatif et positif », a conclu Mme Bachelet.