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"Nous sommes contre la diffamation mais..." Sadam Ahmat s'en explique


Alwihda Info | Par - 18 Juillet 2012

Longtemps impliqué dans la gestion du journal Alwihda, Sadam Ahmat se confie pour la première fois à Alwihda.
Depuis plus de deux années, il gère le journal avec ses deux petits frères entre la Direction général et commerciale. C’est pour la première fois, qu’il accepte de reconnaître son rôle dans le journal qu’il dirige.


"Nous sommes contre la diffamation mais..."  Sadam Ahmat s'en explique
Rakhis Hamza: Vous gériez depuis deux années le journal. Mais c’est pour la première fois que vous vous affichez. Pouvez-vous expliquer la politique éditoriale du journal?

Sadam Ahmat: Avec mes deux petits frères, nous nous sommes impliqués dans la gestion depuis notre jeune âge lorsque le journal était en ligne. Pour nous encourager, à partir de 2008, à l’âge de 13 ans, je percevais un forfait mensuel de 50 €uro et chacun de mes deux petits frères percevait chacun 30 €/ mensuel. Chacun de nous a son mot de passe pour effectuer la mise à jour. C’était notre job d’été pendant les vacances. Ma petite sœur qui avait à l’époque 9 ans, percevait 20 €uro par mois. Son rôle est de traquer les bons news pour les reprendre et les mettre en ligne. La ligne éditoriale? En un seul mot c’est la voix des sans voix. C’est la défense des droits de l’homme, la liberté d’expression. Avec un riche carnet d’adresses, le journal est devenu sans frontière, ouvert au monde entier. Certes, la difficulté est intervenue lorsque nous avons lancé la version papier au Tchad.

Rakhis Hamza: Quelles étaient les difficultés?
Sadam Ahmat: Au départ, nous n’avons pas bien étudié le terrain. En réalité, nous avons surestimé l’état de la presse au Tchad. Pour l’installation du journal, nous avons contracté un crédit important, et investi dans la construction d’un bâtiment d’un étage, et confié la gestion à une équipe d’une dizaine de personnes. Le journal est lancé en format Tabloïd. Hélas! Six mois après, le journal est mis à genoux.
Pendant une année, l’équipe n’a pu exploiter qu’une des neufs pièces du bâtiment. J’étais obligé avec mon petit frère d’intervenir pour redresser la situation. Nous étions élève au lycée. Pour certains, nous étions des enfants et c’est comme ça que nous sommes très mal accueillis par certaines directions. Mais nous avons réussi à mettre de l’ordre dans la boîte. Lorsque nous avons repris la situation, le journal était déficitaire, et insolvable. Il ne disposait que de 36.000 Frs seulement, alors que l’investissement était colossal et il fallait procéder au remboursement mensuel de 300 000 Frs à la banque. Ce n’était pas facile pour nous, de jongler entre le lycée et la gestion du journal. Nous avons aussi constaté que l’obtention des annonces et de la pub est un parcours de combattant. C’est un réseau fermé, impénétrable qui se partage la pub et les annonces. Les journalistes sont des éternels stagiaires qui font le tour des journaux. A cela s’ajoute l’attentisme des abonnés dans le règlement des factures d’abonnement, la cherté de l’impression et l’absence d’une imprimerie spécialiste de la presse. Toutes ces difficultés nous ont poussées à adopter une autre stratégie. D’abord, nous avons délocalisé le journal en libérant le bâtiment, réduit le format en A3 couché. Nous avons libéré l’équipe et éloigner le canard de la politique pour le mettre à la disposition de l’immobilier, réduire le nombre d’exemplaires et le retirer de la rue pour se concentrer sur nos abonnés. Nous attendons la fibre optique pour renforcer la publication en temps réel. Voyez vous que Alwihda en ligne continue toujours d’exister.

R.H: Comment avez-vous appris cette profession?
Sadam Ahmat: Pour nous, ce n’est pas une profession mais c’est une histoire d’amour entre nous et le journal que nous avons découvert dès notre enfance. A cette époque, notre père militait dans l’opposition, il passait des nuits blanches dans son bureau. J’ai fait ma première formation en informatique à l’âge de sept ans dans l’entreprise de mon père, pendant les vacances de 2002. C’était au Bénin.

R.H: Est-ce une entreprise familiale ?
Sadam Ahmat : Non ! et peut être oui, à cause de l’implication de toute la famille. Moi, je le trouve l’organe de défense des droits de l’homme, une association de défense de la liberté de la presse.

R.H : Quelle est l’influence du fondateur sur le journal ?
Sadam Ahmat : Le fondateur qui est aussi mon père s’est éloigné du journal depuis 2009. Il nous arrive de lui demander conseil et avis. Il nous a appris une chose : ne jamais publier des articles diffamatoires, de haine et de règlement de compte.

R.H : Il vous arrive de recevoir des articles de ces genres ?
Sadam Ahmat : Beaucoup. Mais nous refusons de les publier. De fois, les auteurs partent se plaindre au fondateur.

R.H : Le journal Alwihda Actualités est cité comme éligible aux critères du Haut Conseil de la Communication. Êtes-vous satisfait ? et que fait le journal de cette subvention?

Sadam Ahmat : Le Hcc fait un travail considérable qu’on doit encourager mais il y a des disfonctionnements que nous n’apprécions pas. Ce que nous cherchons à faire comprendre aux HCCistes c’est de s’ouvrir d’avantage aux organes de presse. Il ya un malentendu mais ils n’ont pas cherché à nous écouter pour comprendre la raison de notre réaction. Ils ont immédiatement conclu que notre réaction est en rapport avec la décision d’inéligibilité de l’année dernière. Un HCCiste nous a dit ceci : « vous êtes fâché parce que vous n’avez pas reçu l’aide » ! Quelle mentalité ? C’est pourquoi, ils nous ont rendus éligible cette année (rire). C’est par un coup de fil que nous avons appris cela et pour être sincère ça ne nous intéresse pas. Nous ne voulons aucune aide financière qui met le journal sous une pression quelconque.

R.H : Dans votre dernière parution, vous dites que les subventions aux journaux doivent-être remplacées par des prises en charges d’impressions et matériels. Pouvez-vous expliciter votre idée ?

Sadam Ahmat : C’est exact. J’ai relaté les autres possibilités de subventions telles que la prise en charge annuelle de l’impression des journaux. C’est une priorité pour les organes de presse. Le HCC ne se contente que d’aider quelques organes de presse qu’il appelle « éligibles » en leurs distribuant des chèques et d’organiser une fois par an le prix d’excellence en journalisme. Même si ses efforts sont louables, ils restent malheureusement insuffisants. Il faut aussi initier des aides pour les journaux en ligne. Car, nous sommes un pays qui vient de sortir de la guerre, un pays qui se cherche, qui œuvre pour le développement. La priorité est, non seulement, soutenir la presse en ligne, mais encourager la création de ces genres de média grâce auquel les investisseurs étrangers découvriront le pays.

R.H: Reporters Sans Frontières s’est récemment dit « inquiété et préoccupé» par la situation de la liberté de presse au Tchad notamment avec plusieurs menaces de certains membres du gouvernement contre des journalistes. Une semaine après la sortie du ministre de l’information, le premier-ministre a fait un point de presse, accusant certains médias d’appartenir aux hommes politiques. Quelle est votre réaction ? Qui est à l’origine de ces troubles à l’encontre des médias ?

Sadam Ahmat : Nous sommes contre la diffamation mais le fait de dire que les journaux appartiennent à des hommes politiques, le premier-ministre doit comprendre qu’aucun journal au monde n’échappe à la règle. Quelle que soit l’indépendance affichée du journal, il est toujours peint d’une couleur politique, même les plus grands journaux en France comme le Figaro, le Monde, Marianne... affichent des couleurs politiques.
R.H: Parmi vos projets les plus pressants, vous envisagez –dès l’arrivée de la fibre optique- d’ouvrir un web télévision c‘est à dire une télévision sur internet. Où en est le projet ?

Sadam Ahmat : C’est une question très intéressante. La webtélé, nous l’avons déjà expérimenté à l’étranger depuis 2007. Au Tchad, le débit est très bas pour le fonctionnement de la webtélé. Nous attendons impatiemment le démarrage de la fibre optique, car le cœur de notre projet est le web télévision, nous passerons du journal papier au journal électronique, c’est-à-dire uniquement en ligne. Le journal Alwihda actualités réintégrera le groupe Alwihda info qui se consacrera uniquement sur le site internet. Nous reviendrons sur notre stratégie médiatique qui est la diffusion en ligne, en temps réel, le forum en ligne sera modernisé et restructuré, et bien sûr le Web télévision créera la surprise. Les annonces publicitaires et autres auront leurs places avec beaucoup plus d’avantages. D’où notre objectif est d’aboutir à une source d’information moderne. Il est bon à savoir que notre site dispose d’un carnet d’adresses très large, nous recevons des centaines d’emails par jour, et nous disposons d’une capacité très avancée, nous permettant d’informer mieux et plus.

R.H: Avez-vous quelque chose à ajouter?
Sadam Ahmat: A l’occasion du Ramadan, je souhaite bonne chance à tous les musulmans. Et à l’occasion des vacances, j’informe à tous les lecteurs que leur journal reprendra dans six semaines, soit début septembre.
Rakhis Hamza
Stagiaire au journal Alwihda actualités



1.Posté par Haroun idriss le 19/07/2012 02:54 | Alerter
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tous de difamation montés par de enfants

2.Posté par Haroun idriss le 19/07/2012 03:07 | Alerter
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Comment on peut se permettre de diriger une organe de presse sans aucune qualification requise?

3.Posté par chuck le 21/07/2012 20:11 | Alerter
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je tencourage

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