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AFRIQUE

Sentiment anti-présence occidentale au Sahel : N'Djamena va abriter une conférence


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 20 Février 2020


Un soldat de l'armée malienne monte la garde devant le poste de commandement de la Force régionale d’Afrique de l'Ouest G5-Sahel, à Sevare, 30 mai 2018. Illustration. © AFP
Un soldat de l'armée malienne monte la garde devant le poste de commandement de la Force régionale d’Afrique de l'Ouest G5-Sahel, à Sevare, 30 mai 2018. Illustration. © AFP
En prélude à la tenue à N'Djamena, au Tchad, de la conférence-débat de la profonde Base Populaire influente (PBPI) sur le sentiment anti-présence occidentale au Sahel, le Centre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme (CEDPE) a lancé un appel à candidatures.

Le 4 décembre 2019, lors du sommet de l’OTAN à Londres, le chef de l’État français Emmanuel Macron a dénoncé « l'ambiguïté (qui) persiste à l'égard de mouvement anti-français, parfois portés par des responsables politiques », remettant en cause l’intervention militaire au Sahel.

« La France n'est pas là avec des visées néocoloniales impérialistes ou des finalités économiques. On est là pour la sécurité collective de la région et la nôtre. Il faut que ce cadre soit clair et assumé par tout le monde. Pour le moment, ça n'est pas suffisamment le cas », a indiqué Emmanuel Macron.

En Afrique, il a effectivement été constaté une campagne de désinformation sur le rôle de la France principalement mais aussi de certains États européens et nord-américains, notamment dans la lutte contre le terrorisme dans l'espace du G5 Sahel. Cette campagne tend à s'amplifier, car particulièrement alimentée par les réseaux sociaux. Si en Afrique centrale, dans les pays comme le Tchad et le Cameroun, la campagne n'a pas suscité d’inquiétudes, en Afrique de l'Ouest notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la campagne bat son plein.

Difficile d'affirmer ou d'infirmer la véracité de toutes ces informations qui circulent sur les réseaux sociaux. La première réflexion sur cette nouvelle donne entre information et désinformation fait la lumière sur une faille sérieuse de la politique africaine des gouvernements du Nord qui a créé un écart important dû à un manque de dialogue voire de communication avec la Profonde Base Populaire influente- PBPI/AF (les universitaires, chercheurs, les structures intellectuelles et la société civile en Afrique francophone). Il faut rappeler que le milieu intellectuel africain et la société civile ne sont pas ceux des années soixante qui n’ont jamais été associés aux réflexions sur des thématiques aussi importantes comme l'intervention des troupes étrangères, le franc CFA et tant d'autres dossiers. La PBPI/AF, ce milieu influent, premier concerné par cette tendance, perçoit et comprend parfaitement les enjeux liés aux relations Nord-sud et à l’intérêt d’y apporter pour les populations un débat de clarté de consensus et de cohésion.

Dans la lutte contre l’extrémisme violent, il a été constaté que les décideurs internes et externes n'associent pas sérieusement les chercheurs, universitaires, centres et instituts d'études, ainsi que la société civile. La propagation de l’obscurantisme doit faire rappeler qu’il y a un ennemi commun qui doit unir l’Afrique et l’Occident.

Outre le terrorisme, il est tout autant nécessaire de développer une réflexion approfondie sur ce que peut apporter la mutualisation des relations économiques entre l’Occident et l’Afrique Francophone à tous les échelles de développement puisqu’il existe là-aussi des campagnes d’information sur les réseaux sociaux qui tendent à accuser les États de l’Occident comme responsables du sous-développement et de l’appauvrissement d’une grande partie des pays africains. Pourtant, Il existe bien aussi une conviction indéniable et juste, qu’il faut à juste titre rappeler, que l’Afrique ne pourra se développer plus rapidement qu’avec la compétence et l’expérience des entreprises européennes et nord-américaines qui ont, elles, cultivé un leadership dans leurs secteurs respectifs après plusieurs années d’existence, de recherches et d’activité. Le partage des savoirs et des connaissances entre européens et occidentaux joue là encore un rôle bien déterminant pour le développement de l’Afrique.

Considérant l’importance de ces enjeux, des chercheurs du CEDPE, des acteurs de la société civile et des militants associatifs se sont réunis et ont préconisé d’organiser des grandes conférences-débats dans les pays d’Afrique francophone afin de mener une profonde réflexion sur l’avenir des relations entre l’Occident et la PBPI/AF. La réussite de tels événements s’exprimeront aussi avec la participation de la jeunesse africaine, des politiques africains et européens, des mouvements dits « anti-occidentaux » et des médias. Ces événements, organisés en Afrique Francophone, ne constituera pas des échanges inter-africains mais entre la PBPI/AF et l’Occident.

Contrairement à ceux qui minimisent la portée de ce sentiment anti-occidental qui se développe en Afrique francophone, estimant que c’est une minorité négligeable ; le CEDPE fort de son expérience dans le domaine de la prévention de conflit et de l’extrémisme, considère qu’il faut offrir d’espaces de réflexion à la base intellectuelle et populaire et créer une sorte des canaux de communications sur les sujets brûlants.

C’est pourquoi, le CEDPE entend organiser ce premier événement à N’Djamena, au Tchad, les 16 et 17 mars 2020, réunissant 400 personnes de la PBPI (chercheurs, universitaires, centres et instituts d'études, société civile).

Date limite d'inscription : 5 Mars 2020 à 12H GMT
Cliquez-ici pour accéder à la page d'inscription  : 
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfNgwj-0igFSKYia6muH4s4ya38om2iDTyZhdOIEyRntFG1QA/viewform?usp=sf_link