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Tchad - Covid-19 : le calvaire d'étudiants confinés "avec des serpents", rentrés du Cameroun


Alwihda Info | Par Golmen Ali - 26 Mars 2020



Koutéré, localité située dans la sous-préfecture de Laramanaye, province du Logone Oriental. Illustration. © Golmen Ali/Alwihda Info
Koutéré, localité située dans la sous-préfecture de Laramanaye, province du Logone Oriental. Illustration. © Golmen Ali/Alwihda Info
Ils sont près de 300 étudiants tchadiens de retour du Cameroun à être confinés pour 14 jours au sein de l'école de Koutéré, localité située dans la sous-préfecture de Laramanaye, province du Logone Oriental. La décision a été prise mercredi par les autorités, au moment où le deuxième convoi transportant ces ressortissants tchadiens approchait de la ville de Moundou, en provenance de la frontière avec le Cameroun.

Kevin* est arrivé de Douala et a fait plusieurs centaines de kilomètres jusqu'à Bogdibo, ville frontalière camerounaise avec Koutéré. Il a attendu quelques jours à la frontière camerounaise, avant de pouvoir enfin regagner hier le Tchad. Comme ses confrères, ils ont tous été testés avant de traverser la frontière.

"On est arrivés à la frontière depuis avant-hier. On a fait deux jours à la frontière, et puis, subitement on nous a logé dans une école, sale, non loin du village dénommé Koutoro. Ils nous ont laissé comme ça sans rien manger. On est là seulement, éparpillés. L'école même c'est sale. Il y a les scorpions. On tue même les scorpions partout. C'est vraiment difficile. Et depuis lors, ils nous ont laissé comme ça, sans rien à manger depuis hier. En plus les étudiants qui sont venus ici, certains n'ont même pas amenés les tapis pour s'installer et dormir avec. Ils n'ont que leur valise. Ils ne savent quoi faire. C'est vraiment difficile", déplore le jeune étudiant.

D'après lui, en plus des scorpions, de nombreux serpents cohabitent avec eux, ce qui a entrainé un début révolte cet après-midi.

Il explique que des militaires leur ont donné à quelques reprises de la nourriture. "Dans l'école, il y a quand même une fontaine, donc on cherche de l'eau. Pour trouver à manger dans ce village, je ne vois rien même. Sauf qu'on se débrouille avec les mangues seulement. (...) On n'a pas vu une autorité. Sauf les militaires, ils sont là devant nos portes. Mais, quand nous étions à la frontière, les autorités sont venues nous visiter et puis elles sont reparties", selon Kevin.

Le nombre de confinés ne fait que gonfler. Kevin s'indigne du manque d'organisation car "les étudiants sont laissés dehors comme ça. Ils disent quarantaine, et les autres viennent s'ajouter. On est là comme ça. Personne n'a établit une règle quelconque."

Les confinés ont l'interdiction de sortir de l'école, sauf en cas d'urgence. "C'est juste pour aller chercher du crédit et acheter les mangues, comme il n'y a pas de nourriture. Quand on leur demande, on les supplient, parfois ils nous laissent, parfois juste pour quelques minutes", relate Kevin.

Certains étudiants, pris de colère, ont tenté de protester pour sortir mais en ont été empêchés. 

Kevin demande à sa famille de ne pas s'inquiéter, assurant que les tests sont tous négatifs. "Nous sommes confiants. Mais on ne sait pas ce qui va venir. il y a les étudiants dont on ne sait pas s'ils ont des maladies. Mais ce qui est mal, on ne sait pas si l'un parmi nous est contaminé, et comme nous sommes nombreux comme ça, c'est un peu difficile", déplore-t-il.

Selon lui, tout devrait bien se passer si le Gouvernement achemine de la nourriture. Ce qui a été promis par les autorités, d'ici ce soir ou demain.

*Nom d'emprunt



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 63205229 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)