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Tchad : "Il y a un vide sur le terrain", Mahamat Abali Salah


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 7 Janvier 2019 modifié le 7 Janvier 2019 - 21:51



Le ministre de l'Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale , Mahamat Abali Salah. © Alwihda Info
Le ministre de l'Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale , Mahamat Abali Salah. © Alwihda Info
Le ministre de l'Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale , Mahamat Abali Salah, était l'invité de la Télé Tchad, ce dimanche 6 janvier. Il s'est exprimé sur plusieurs sujets, notamment les conflits inter-communautaires au Ouaddaï, le processus de réconciliation dans la province entre les éleveurs et les agriculteurs et sa mission du 30 décembre 2018 au 6 janvier dernier à Abéché avec les techniciens civils et militaires de son département ministériel.

Le ministre a expliqué qu'il s'est rendu à Abéché pour échanger avec les autorités locales. Depuis quelques mois dans cette zone de l'Est, les conflits intercommunautaires sont devenus récurrents et entrainent des morts d'hommes, parfois avec des armes de guerre, a-t-il reconnu. 

Plusieurs arrestations

"Cette situation a attiré l'attention du gouvernement et nous avons fait ce déplacement afin de remettre l'autorité de l'Etat. Avec la justice, nous avons pu arrêter tous les complices ou tous les personnes associées de près ou de loin à ce conflit. Une audience publique a été organisée par la justice pour condamner ces personnes. La deuxième chose, nous avons demandé aux autorités traditionnelles de s'assumer dans leurs responsabilités puisqu'il s'agit de leur mission normalement. Nous avons aussi échangé avec les militaires en ce qui concerne le désarmement. Nous avons constaté la détention d'armes de guerre par les civils, donc nous avons insisté sur le désarmement. Une équipe a été mise en place pour désarmer la population, mais pas seulement. On doit arracher ces armes mais aussi punir les détenteurs de ces armes conformément à nos textes", a expliqué le ministre.

Les populations des différentes communautés ont été rassemblées "pour leur dire clairement qu'ils sont obligés de vivre ensemble. Ils doivent s'accepter. Ils sont des tchadiens. Nous leur avons demandé de cultiver la patrie". D'après Mahamat Abali Salah, les agriculteurs et les éleveurs doivent rester ensemble, chacun doit respecter l'administration qui a normalement des textes légaux qui permettent à chacun de faire ses activités. "Avec l'appui de toutes les autorités traditionnelles, nous avons pu faire la réconciliation", selon lui.

Des couloirs de transhumance à revoir

Depuis 1959, des textes législatifs tracent les couleurs de transhumance. Aujourd'hui, avec la démographie galopante, la population a augmenté, de même que le bétail. Le couloir existe mais ne reflète pas la réalité d'aujourd'hui. A cet effet, le ministère de l'Elevage étudie actuellement la possibilité de revoir ces couloirs de transhumances, de les agrandir et de prévoir une aire de stationnement. La Banque mondiale a apporté son soutien pour faciliter la mise en place de mécanismes.

Par ailleurs, lors du conseil des ministres du 13 décembre 2018, le ministre de l'Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale , Mahamat Abali Salah a dénoncé les déviations des chefferies traditionnelles de leurs missions. "Le sujet n'est pas propre au Ouaddaï mais c'est d'un ordre général. Nous avons constaté avec amertume que certains chefs de canton ne sont pas avec la population. La fonction de chefferie traditionnelle est celle d'être avec la population, de vivre avec la population et de connaitre les réalités de la population. Etre un chef de canton contre un titre honorifique, les gens veulent être chefs de canton pour le prestige et c'est ça qui fait qu'il y a un vide sur le terrain. Souvent, les chefs de canton n'arrivent pas à s'assumer sur le terrain. Parfois, je constate le cumul de fonctions. Pour moi, un chef de canton c'est un paysan et doit rester sur le terrain mais pas être un haut responsable et être en dehors du village, dans la capitale. Nous avons lors de cette communication demandé l'appui du gouvernement pour que cette nouvelle donne soit effective. Nous pensons qu'en 2019, les choses doivent être claires", a déclaré le ministre.