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COMMUNIQUE

Tchad : La CTDDH dénonce la recrudescence de l’insécurité et accuse les proches de Deby de terroriser la population


- 1 Juillet 2018 modifié le 2 Juillet 2018 - 00:50

La population tchadienne est à la merci de ces responsables barbares.


COMMUNIQUE DE PRESSE N° 32/2018

La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) est profondément préoccupée par la brusque recrudescence de l’insécurité au Tchad.

En effet, le 22 mai 2018, la voiture de l’avocat Maitre Manassé qui transportait des clients qui venaient d’être acquittés dans un procès régulier avait été mitraillée par le Commandant de légion de Gendarmerie et son adjoint ; ces deux officiers avaient agit sur instructions du Gouverneur de la région du Logone Oriental Adam Noki Charfaddine.

Le 13 Juin 2018 des éleveurs lourdement armés tirent sur des agriculteurs a bendona Sous Préfecture de Bouma dans la région du Moyen Chari le bilan est d’un mort Mr DJItadon Asdjim et de deux blessés graves Nguehotoumadji, Djim Madji et Nangtoingar Djimtangar.

Le 16 juin 2018, dans la région du Ouaddaï Sous Préfecture de Tourné, des éleveurs appuyés par un détachement de la garde nationale et nomade avec à sa tète un officier de la GNNT, le capitaine Hissein WARI investissent le village d’Ab Koundeti et se mettent à tirer à l’aveuglette ; le bilan est de huit morts et d’une dizaine de blessés. Ces militaires de passage avaient auparavant tué deux paysans dans le village voisin d’Ardebé ; il convient de remarquer qu’un mois avant ce forfait, sur instructions des autorités locales, gendarmes, militaires et gardes nomades avaient comme par hasard organisé une rafle de motos privant ainsi les villageois de moyens de poursuivre d’éventuels assaillants. Le lendemain, pendant les jours des fêtes, une femme d’affaires chinoise a été froidement abattue en plein centre-ville à Ndjamena et une importante somme d’argent lui appartenant avait été emportée par les assassins. Trois jours plus tard, à IRIBA, des militaires en civil avaient fait irruption dans les locaux de la justice et se sont mis à tirer sur tout ce qui bougeait pendant que le procureur de la localité BAB JONAS était en train d’interroger des prévenus ; le bilan est de deux morts (les prévenus) et le procureur lui-même n’a pu échapper de justesse aux assaillants qu’en fuyant pour aller se refugier chez le préfet. En ce moment, des menaces réelles pèsent sur lui à cause des parents des victimes qui l’accusent d’avoir été complice des assaillants. Ceux qui pourchassent le Procureur à leur tète le commandant de légion de Gendarmerie avaient tenté d’attaquer la résidence du Préfet à plusieurs reprises.

A Goz beida dans le Département d’Assounga, des militaires de la DGSSIE (la Garde présidentielle) ont battu à mort, le procureur de la localité simplement parce que la justice tchadienne a été à l’origine de l’arrestation de leur parent le Gouverneur du Logone Oriental Noki Charfaddine cité ci haut ; ce procureur selon eux représentait la justice et devait donc payer pour elle.

Aux dernières nouvelles, ce procureur qui n’avait en fait rien à voir avec l’arrestation de ce Gouverneur véreux est hospitalisé dans un état grave. Face à cette barbarie et cette campagne de terreur amplifiée et encouragée par Deby lui-même pour terroriser les autres tchadiens, la Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) condamne ces actes qui font du Tchad un Etat de non droit et une vaste jungle où Deby et ses parents se considèrent notoirement au dessus des lois et agissent comme tel.

La C.T.D.D.H prend à témoin l’opinion nationale et internationale et lance une alerte générale à l’endroit de toutes les organisations de défense des Droits de l’homme pour qu’elles agissent en urgence afin de soulager les souffrances du reste des tchadiens. Quatre vingt dix pour cent de ces actes sont le fait des proches de Deby , officiers supérieures des différent corps des forces publiques qui utilisent les prérogatives léguées par leurs fonctions et les moyens de l’Etat pour commettre des forfaits et terroriser les autres tchadiens voire commettre des sanglants actes de banditisme ; La population tchadienne est à la merci de ces responsables barbares. Les campagnes de terreur organisées par les responsables des corps militaires et paramilitaires proches de Deby sont d’autant plus grave qu’elle sont suivies d’une impunité intolérable, unique au monde ; les auteurs de ces barbaries sont toujours laissés en liberté et continuent à narguer les parents et proches des victimes. La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) rend plus que jamais IDRISS DEBY principal responsable de ces agissements ignobles.

Fait à N’Djamena le 22 Juin 2018
Le Secrétaire Général MAHAMAT NOUR A. IBEDOU