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TCHAD

Tchad : La fondation Grand cœur se "substitue" au gouvernement


Alwihda Info | Par Freeman Djiddo - 12 Janvier 2019 modifié le 12 Janvier 2019 - 17:34



Fondation Grand coeur. © DR
Fondation Grand coeur. © DR
Dans un communiqué de presse signé du secrétaire national à la communication et aux Nouvelles technologies, Laring Baou, en date du 11 janvier 2019, l’Union Nationale pour le Renouveau et la Démocratie (UNDR) dénonce la substitution de la fondation Grand cœur à certains départements du gouvernement.

Selon le document, une fondation, dans son essence, c’est de l’argent privé mis à la disposition d’une cause publique. Mais tout porte à croire qu’au Tchad, avec la fondation grand cœur, c’est le contraire. Des fonds publics comme l’ONAPE votent un budget pour soutenir cette fondation et des fonctionnaires de l’Etat sont utilisés pour animer les activités de cette fondation. Lesquelles activités que l’UNDR qualifie de propagande politiques. L'UNDR estime que c’est plutôt une moquerie à l’endroit de la population que l’on a affamée car, dit-il, les images observées à la télévision montrent que ceux qui donnent sont plus heureux que ceux qui reçoivent.

Le communique remarque que les partenaires qui interviennent au Tchad dans le domaine de la santé sont contraints de passer par la fondation Grand cœur qu’il nomme de semi-présidentielle, pour secourir les tchadiens. L’UNDR remarque la récupération par la fondation des caravanes organisées jadis par les soudanais et d'autres ONG. Le document poursuit que cette attitude exclut carrément le ministère de la Santé publique et celui des affaires sociale. Ils ne peuvent plus faire leur travail normalement parce qu’ils sont perturbés dans leurs programmes par cette organisation parallèle qui installe ses cellules dans tous les provinces.

« Le comble est que la première Dame qui n’est qu’un titre honorifique, pas une institution de l’Etat, se fait représentée par des ministres dans les activités de cette fondation. Comme si les tchadiens avaient élu un couple à la présidence et non un homme à la tête de l’Etat. Cela est contraire à la constitution », indique le communiqué.

Le Secrétaire National à la communication de l’UNDR prévient que "tous ceux qui se rendent ainsi complices du pillage organisé et sans dignité du pays répondront de leurs actes un jour devant l’histoire. L'histoire a justement retenu que dans quatre pays africains, c’est l’intervention intempestive et désordonnée des épouses des présidents de la République dans la vie publique qui a conduit aux crises sociales et politiques de ces pays. Le régime tchadien souhaite-t-il qu’une telle situation se crée au Tchad ?"

Le document conclut que l’UNDR se réserve le droit "d’exiger une enquête approfondie pour démanteler ce réseau mafieux de captation des ressources publiques et un audit international et indépendant de cette fondation pour la recadrer dans son rôle purement humanitaire et privé."