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INTERVIEW

Tchad : « Les médias sont des acteurs majeurs dans le processus de développement de l’élevage »


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 20 Janvier 2019 modifié le 20 Janvier 2019 - 06:19

Le coordonnateur du Programme d’appui structurant de développement pastoral (Pastor), M. Haroun Moussa fait le tour d’horizon des activités réalisées par le projet et les perspectives, dans un entretien. Il exhorte les journalistes et communicateurs à s’approprier le système pastoral afin d’informer objectivement le public pour le bonheur des tchadiens et de leur pays.


Des dromadaires dans le désert tchadien. © AFD
Des dromadaires dans le désert tchadien. © AFD
Quelle analyse faites-vous du travail des medias dans le domaine pastoral ?

Pour nous, les journalistes et les communicateurs sont des acteurs majeurs dans le processus de développement en général et le développement de l’élevage en particulier. Acteurs majeurs dans le sens où ils participent à travers la transmission des messages, qu’il s’agisse des messages en termes d’organisation du secteur ou des messages techniques qu’ils auront à recevoir des services du ministère en charge de l’élevage.

Après cet atelier, qu’attendez-vous des journalistes ?

Je ne vais pas vous dire qu’on attend d’eux leur mobilisation simplement pour la couverture médiatique. Nous voudrions travailler ensemble avec cette catégorie d’acteurs. Qu’ils nous aident vraiment à véhiculer les messages qui participent à la transformation du secteur de l’élevage.

Depuis quand le PASTOR existe et quel est le chemin parcouru ?

Le PASTOR existe depuis la signature des conventions de financement. Je profite pour rappeler que le PASTOR bénéficie d’un financement conjoint entre l’Union européenne (UE), l’Agence Française de développement (AFD) et la République du Tchad. La convention de financement avec l’UE a été signée le 20 novembre 2015 et celle avec l’AFD est intervenue le 07 juillet 2015.

S’agissant du chemin parcouru, je peux dire qu’on est à mi-chemin. Nous venons de terminer la contractualisation avec les opérateurs qui sont retenus pour la mise en œuvre des activités au profit des bénéficiaires que sont les agriculteurs, les agro-pasteurs et les pasteurs. Je dois vous dire que les modalités contractuelles de mise en œuvre prévoient la mobilisation des consortia d’ONG via la signature de contrats de subvention, evidement à ceux qui sont retenus suite à l’appel à propositions lancé à l’effet. Donc, lorsque je dis mi-chemin c’est parce que la durée opérationnelle du Programme PASTOR est de 6 ans. Pour ce qui est des projets provinciaux, il a été estimé des durées variables mais réalistes pour une mise en œuvre efficace. Ces durées vont de 44 à 48 mois. Tous les 4 projets qui bénéficient de contrat de subvention et qui participent à l’exécution du Programme de manière générale s’inscrivent dans ces durées. Donc, nous disposons du temps nécessaire pour atteindre les objectifs.

Pourriez nous parler de l’état d’avancement de la mise en œuvre du PASTOR ?

Pour me répéter, la mise en œuvre des actions sur le terrain est confiée à un consortium d’ONG. Celui-ci est censé démarrer à la signature du contrat de subvention. Vous allez entendre par moment parler du Projet PASTOR SUD ; le contrat de subvention a été signé avec le consortium le 19 octobre 2017, et à partir de cette date, il faut compter 46 mois pour la mise en œuvre des actions. Le projet a démarré déjà depuis quelques temps. Tout ce qui est nécessaire en termes d’ingénierie sociale est en cours. L’identification des sites a démarré et se poursuit. Il y aura des ouvrages hydrauliques à réaliser, des actions de renforcement des capacités des acteurs à développer, etc. A propos de l’identification des sites, nous attirons l’attention des opérateurs, puisque cela doit se faire de manière rigoureuse afin que cela ne puisse pas occasionner des problèmes. L’objectif du PASTOR c’est d’apporter des réponses à une partie des problèmes. Notre manière de faire ne doit pas occasionner des difficultés.

Pour le PASTOR CENTRE, le contrat de subvention a été signé le 20 juin 2018. Actuellement, le chef de projet, les superviseurs et les animateurs sont recrutés et opérationnels. Ils ont démarré par l’état des lieux de la zone d’intervention pour pouvoir planifier la mise en œuvre des actions.

Pour l’Est, nous venons de procéder au lancement officiel le 6 décembre 2018 du projet Est-sud dont le contrat de subvention a été signé le 4 juillet 2018 pour une durée de 44 mois. Ce projet couvre les provinces du Ouaddaï, de Sila et de Salamat. Bref l’équipe opérationnelle est en place. Il y a également le projet Est-nord qui couvre les provinces de l’Ennedi Est, Ennedi Ouest et Wadi Fira dont le contrat de subvention a été signé le 16 novembre 2018.

Quelles sont alors vos perspectives ?

Les perspectives pour nous, c’est d’assurer le suivi régulier de la mise en œuvre par ces opérateurs. C’est l’un des enjeux, car de la qualité de suivi dépendra le succès que l’on pourrait estimer

Quelle leçon tirée de ce parcours ?

On n’est sur une innovation. Jamais un projet porté par le ministère de l’Elevage et la mise en œuvre opérationnelle assurée par les ONG n’a existé. C’est une première. Je ne dis pas que ça n’existe pas dans d’autres ministères. La difficulté a été celle de trouver des consortium d’ONG qui rassurent la mise en œuvre. Des propositions (demandes de subvention) sont reçues suite à l’appel à propositions lancé par le ministère de l’Economie et de la Planification du développement, ordonnateur national du FED. Suite à l’évaluation faite par un comité mis en place à l’effet, un consortium est présélectionné et proposé pour chaque lot pour l’octroi de subvention. Il est arrivé des situations où les propositions faites par le comité d’évaluation n’ont pas été approuvées à cause d’incertitudes et du coup, le lot est rendu infructueux.

Un autre appel à propositions fût lancé. ça été une épreuve assez difficile pour nous, heureusement, on est arrivé et tout ce qui est arrêté comme budget pour l’octroi de subvention a été engagé avant la date limite de contractualisation qui est prévue au 19 novembre 2018.

Donc vous attendez que les médias soient impliqués dans vos prochaines actions ?

On ne peut pas continuer à inviter les medias qu’à l’occasion d’une cérémonie. D’ailleurs, il faut le dire, parfois nous ne sommes pas contents parce que dans la précipitation mais aussi du fait que les journalistes ne maitrisent pas les vocabulaires et ne connaissent pas le contexte, ils disent des choses qui ne sont pas celles qui devraient être dites. Qu’ils participent plutôt à des échanges structurés comme on est entrain de penser. Il va falloir qu’on arrive à asseoir des échanges structurés mais aussi réguliers pour nous permettre de comprendre les phénomènes qui caractérisent l’élevage afin d’être sur le même diapason.

Propos recueillis par Boudina David.