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ANALYSE

Tchad : des cas de viols et de suicides de plus en plus récurrents


Alwihda Info | Par Denis Mbairemadji Axel - 7 Juin 2020


Un jeune homme pendu à un arbre à Kélo. © Denis Mbairemadji Axel/Alwihda Info
Un jeune homme pendu à un arbre à Kélo. © Denis Mbairemadji Axel/Alwihda Info
Les cas de viol et de suicide deviennent de plus en plus récurrents ces derniers temps dans la ville de Kélo. Il est de trop d'entendre chaque fois une fille violée ou un garçon qui s'est donné la mort. Ce phénomène doit tous nous interpeller.

Assez souvent, une fille qui n'a même pas l'âge de la majorité est violée par un homme majeur. Il y a de quoi se poser des questions. Faut-il imputer cela à un comportement provocateur ? Ou du point de vue éducatif, est-ce que les parents ne surveillent pas leurs progénitures ? Un autre aspect, celui d'un défaut de sécurité et de justice : Est-ce que ces violeurs croupissent réellement derrière les barreaux ?

Tant d'interrogations qui se posent. Ces derniers temps, les viols sur mineurs se multiplient. Il ne se passe pas une ou deux semaines sans que l'on apprenne un cas de viol sur mineur ou le suicide d'un jeune plein d'avenir.

Il s'agit généralement d'élèves, étudiants qui se donnent la mort suite à un conflit familial. Ces mésententes doivent interpeller les parents afin que le manque de cohésion au sein du foyer ne pousse pas un enfant à se donner la mort. Car il en va de la responsabilité des parents et il convient d'identifier les failles.

S'agissant des actes de viols, les familles ne doivent pas soutenir les torts de leurs enfants. Au niveau des prisons, il faut laisser les violeurs purger totalement leur peine, pour contribuer à réduire drastiquement ce phénomène.

Si chaque parent soutien son enfant malgré qu'il ait commis un acte réprimé par la loi, on ne trouvera pas de solutions. Le cycle va se poursuivre et demain ce sera notre fille qui sera victime d'un viol. Si la case du voisin brûle, il faut chercher de quoi éteindre, même si la nôtre n'est pas touchée.

Il y a lieu d'interpeller la communauté, la population de Kélo, à faire un examen de conscience sur ce phénomène qui devient de plus en plus récurrent. C'est une responsabilité commune.

Une analyse de Denis Mbairemadji Axel, journaliste de la Radio Bargadjé et journaliste d'Alwihda Info, par ailleurs animateur des sociétés civiles pour PNUD/PADLFIT et médiateur communautaire de la Tandjilé Ouest pour l'organisation sous-régionale "KAWTAL".