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POINT DE VUE

Tchad : faut-il introduire la langue des signes tchadienne dans la future Constitution ?


Alwihda Info | Par Tedebaye Kemi, Éducateur et spécialiste de la langue des signes, étudiant en Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (Yaoundé). - 24 Février 2022

La langue des signes n'est pas seulement un moyen de communication pour les sourds, mais un droit absolu pour les sourds, elle devrait être reconnue en même temps que la langue française et arabe.


Tchad : faut-il introduire la langue des signes tchadienne dans la future Constitution ?
La Fédération Mondiale des Sourds a longtemps plaidé pour l'utilisation de la langue des signes pour les sourds dans chaque pays, à l'exemple de la langue des signes française (LSF) et langue des signes américaine (ASL) qui sont connus mondialement. Et le Tchad fait partie des pays signataires de la convention relative aux droits des personnes handicapées, depuis le 26 septembre 2012, puis ratifié le 20 juin 2019.

La nouvelle Constitution tchadienne devrait s'inspirer de la reconnaissance de la langue des signes, à l'exemple de l'Afrique du Sud, du Kenya, de l’Ouganda et du Zimbabwe, et surtout de l'Equateur, du Venezuela, de l'Autriche, de la Finlande, de la Hongrie et du Portugal qui ont officiellement reconnus la langue des signes dans leurs constitutions, aussi bien d'autres pays ayant reconnu la langue des signes dans leurs lois sur l'éducation.

La langue des signes n'est pas seulement un moyen de communication pour les sourds, mais un droit absolu pour les sourds, elle devrait être reconnue en même temps que la langue française et arabe. Selon Wikipédia, la langue des signes tchadienne, est la langue des signes utilisée par les personnes sourdes et leurs proches au Tchad. La langue des signes tchadienne est apparue au Tchad grâce au missionnaire sourd Américain Andrew Jackson Foster, dans les années 70.

On dénombre 380 locuteurs en 1989, et aujourd’hui à plus de 3000 locuteurs, et cela grâce à l'augmentation des écoles spécialisées pour les sourds au Tchad, au total une dizaine d'écoles reconnues par l'Etat. Pourquoi la reconnaissance de la langue des signes tchadienne dans la nouvelle constitution tchadienne ? La réponse est simple, la langue des signes devrait être légale au Tchad en même titre que la langue française et arabe, surtout la langue anglaise.

Le problème pertinent dont souffre les personnes sourdes et malentendantes n'est que la barrière de communication. D’où l'utilité de la langue des signes comme moyen de communication, puisque les sourds tchadiens font face à d'énormes obstacles dans leurs vies quotidiennes en matière d'éducation, de santé, et sur le plan professionnel entre autres. La reconnaissance de la langue des signes tchadienne dans la nouvelle Constitution en cours serait un atout pour la communauté sourde tchadienne.

La télévision nationale devrait être accessible aux sourds, à travers l'insertion des interprètes, l'Eglise et Mission Chrétienne pour les Sourds au Tchad (EMCST) a développé ce projet, ayant exposé lors de la journée mondiale de la langue des signes à la Maison de la Femme par le fondateur de ladite centre. Ce projet nécessité le financement par l'Etat, en vue de réaliser des vidéos et documents, et de rendre spéciale la langue des signes tchadienne.

L'Association Nationale des Déficients Auditifs du Tchad (ANDAT) et le Réseau des Personnes Handicapés du Tchad REPHAT, ont plaidé pour cette cause, car les interprètes en langue des signes devraient être accessibles dans les lieux publics. La langue des signes tchadienne devrait également être inscrite comme matière d'enseignement dans les écoles tchadiennes. Il s’agira de de pallier aux insuffisances des interprètes et de permettre également à la génération future, d’être une génération pleinement inclusive.