ANALYSE

Tchad : heureux qui comme un général tchadien !


Alwihda Info | Par Masrambaye Blaise - 5 Juillet 2023


"Tous les hommes sont égaux mais il y a ceux qui sont plus égaux que les autres", ironisait Georges Orwell. Cet humour trouve totalement son acception au Tchad des Déby où les militaires sont strictement supérieurs aux "civils sakit". Après deux semaines seulement de retraite des généraux, les primes de départ sont disponibles, apprend-on de la direction générale de la caisse des retraités militaires. Des largesses encore à l'égard des gros bonnets. Pas mal comme consolation dans la mesure où les généraux ruminent encore leur colère pour être envoyés précipitamment en retraite. D'autres comme Idriss Dokony Adiker ont officiellement contesté une retraite "injuste".


Aussitôt retraité, aussitôt payé

Cette injustice révoltante est pourtant infligée aux retraités civils. Beaucoup d'entre eux traînent des années durant, offrant des pots-de-vin aux agents véreux du ministère des finances avant d'obtenir la fameuse prime de départ. D'autres trépassent malheureusement sans l'avoir. La souffrance est autrement infernale quant à la perception des pensions. Présence physique oblige, des grabataires sont transportés des lits d'hôpitaux à la Caisse nationale des retraités pour gagner une pension qui vient d'être relevée au SMIG. Les arriérés de ces modiques pensions ne sont pas à occulter.

D'ailleurs en fonction, les militaires tchadiens sont soigneusement entretenus. D'innombrables anciens rebelles totalement analphabètes sont reversés dans l'armée nationale avec des grades élevés, gagnant immuablement des salaires costauds. À la direction générale de service de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE), la clanique garde prétorienne par exemple, les salaires autant mirobolants sont accompagnés d'autres avantages. Plusieurs haut gradés y bénéficient d'une exonération des taxes : eau, électricité qu'ils distribuent en toute impunité à l'entourage civil. 

Dans la même rubrique :