À première vue, les statistiques officielles semblent indiquer une amélioration de la situation des prix au Tchad. En novembre 2025, l’indice des prix à la consommation (IPC) s’établissait à 107,20 points, légèrement inférieur au mois précédent, ce qui se traduit par un taux d’inflation statistique de 4,3 % sur un an.
L’inflation alimentaire nationale a aussi diminué de 7,2 % sur la même période, selon Trading Economic +1. Malgré ces baisses sur le papier, le ressenti des Tchadiens est tout autre. Dans les marchés de N’Djamena ou à l’entrée des quartiers populaires, les consommateurs racontent une vie chère ressentie chaque jour.
Dans le grand marché central, Madjilem, mère de famille, serre les poings en parlant du prix du riz : « Avant, avec 700 FCFA on achetait presque un kilo. Maintenant, à ce prix là, on peine à avoir la moitié. On mange moins bien, mais on doit quand même manger. » Son regard trahit la fatigue d’un combat quotidien pour joindre les deux bouts. Même constat pour Mahamat, conducteur de taxi moto : « Les denrées augmentent tout le temps. L’huile, le sucre, le riz… Même si certains indices baissent, dans la bourse de mon quartier, personne ne le sent. »
Il raconte qu’une partie de ses revenus passe désormais dans l’achat de vivres plutôt que dans l’entretien de sa moto, ce qui réduit son nombre de courses et donc ses gains quotidiens. Les prix des produits essentiels comme l’huile, le sucre ou la viande ont pesé sur les traditions familiales. Lors de la dernière fête de l’Aïd el Fitr, beaucoup ont réduit leurs achats de mouton ou opté pour des morceaux moins chers.
Dans certains coins de N’Djamena, le gigot de mouton se vendait entre 7 000 et 15 000 FCFA, un montant jugé prohibitif pour de nombreuses familles, d'après Tchad Vision. Ces témoignages racontent une réalité différente des abstractions statistiques. La baisse de l’inflation mesurée par l’INSEED ne signifie pas automatiquement une baisse des prix ressentis par les ménages, surtout pour les produits alimentaires et les services essentiels qui forment une grande part du budget familial.
L’écart s’explique aussi par le fait que les revenus ne progressent pas au même rythme que les dépenses réelles. Beaucoup de salariés du secteur informel n’ont vu aucune augmentation de leurs salaires, quand bien même les prix officiels pourraient sembler stables ou en baisse.
Dans certaines analyses régionales, le pouvoir d’achat des ménages en zone CEMAC s’est érodé sur trois ans, la hausse cumulée des prix dépassant la progression des revenus. Dans les quartiers populaires de la capitale tchadienne, la solution passe parfois par des arbitrages difficiles : réduire la quantité achetée, différer les soins médicaux, renoncer à certains produits jugés non essentiels, ou cultiver de petits jardins familiaux pour compléter le panier alimentaire.
Pour les experts, la clé d’une amélioration durable du pouvoir d’achat ne réside pas seulement dans des chiffres statistiques, mais dans des réponses politiques structurelles : soutien à la production locale, accès au crédit, et programmes de filets sociaux qui permettent d’amortir les chocs sur les prix.
L’inflation au Tchad est un phénomène complexe. Elle peut sembler maîtrisée selon certains indices officiels, mais sur le terrain, les ménages continuent de ressentir la pression des prix élevés. Derrière ces ressentis, des familles réorganisent leurs dépenses pour survivre, tandis que les revenus stagnent ou n’augmentent pas suffisamment pour suivre le coût de la vie. L’enjeu du pouvoir d’achat reste donc central pour l’avenir social et économique du pays.
L’inflation alimentaire nationale a aussi diminué de 7,2 % sur la même période, selon Trading Economic +1. Malgré ces baisses sur le papier, le ressenti des Tchadiens est tout autre. Dans les marchés de N’Djamena ou à l’entrée des quartiers populaires, les consommateurs racontent une vie chère ressentie chaque jour.
Dans le grand marché central, Madjilem, mère de famille, serre les poings en parlant du prix du riz : « Avant, avec 700 FCFA on achetait presque un kilo. Maintenant, à ce prix là, on peine à avoir la moitié. On mange moins bien, mais on doit quand même manger. » Son regard trahit la fatigue d’un combat quotidien pour joindre les deux bouts. Même constat pour Mahamat, conducteur de taxi moto : « Les denrées augmentent tout le temps. L’huile, le sucre, le riz… Même si certains indices baissent, dans la bourse de mon quartier, personne ne le sent. »
Il raconte qu’une partie de ses revenus passe désormais dans l’achat de vivres plutôt que dans l’entretien de sa moto, ce qui réduit son nombre de courses et donc ses gains quotidiens. Les prix des produits essentiels comme l’huile, le sucre ou la viande ont pesé sur les traditions familiales. Lors de la dernière fête de l’Aïd el Fitr, beaucoup ont réduit leurs achats de mouton ou opté pour des morceaux moins chers.
Dans certains coins de N’Djamena, le gigot de mouton se vendait entre 7 000 et 15 000 FCFA, un montant jugé prohibitif pour de nombreuses familles, d'après Tchad Vision. Ces témoignages racontent une réalité différente des abstractions statistiques. La baisse de l’inflation mesurée par l’INSEED ne signifie pas automatiquement une baisse des prix ressentis par les ménages, surtout pour les produits alimentaires et les services essentiels qui forment une grande part du budget familial.
L’écart s’explique aussi par le fait que les revenus ne progressent pas au même rythme que les dépenses réelles. Beaucoup de salariés du secteur informel n’ont vu aucune augmentation de leurs salaires, quand bien même les prix officiels pourraient sembler stables ou en baisse.
Dans certaines analyses régionales, le pouvoir d’achat des ménages en zone CEMAC s’est érodé sur trois ans, la hausse cumulée des prix dépassant la progression des revenus. Dans les quartiers populaires de la capitale tchadienne, la solution passe parfois par des arbitrages difficiles : réduire la quantité achetée, différer les soins médicaux, renoncer à certains produits jugés non essentiels, ou cultiver de petits jardins familiaux pour compléter le panier alimentaire.
Pour les experts, la clé d’une amélioration durable du pouvoir d’achat ne réside pas seulement dans des chiffres statistiques, mais dans des réponses politiques structurelles : soutien à la production locale, accès au crédit, et programmes de filets sociaux qui permettent d’amortir les chocs sur les prix.
L’inflation au Tchad est un phénomène complexe. Elle peut sembler maîtrisée selon certains indices officiels, mais sur le terrain, les ménages continuent de ressentir la pression des prix élevés. Derrière ces ressentis, des familles réorganisent leurs dépenses pour survivre, tandis que les revenus stagnent ou n’augmentent pas suffisamment pour suivre le coût de la vie. L’enjeu du pouvoir d’achat reste donc central pour l’avenir social et économique du pays.
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Tchad : inflation et pouvoir d’achat, enquête sur un quotidien de plus en plus lourd








