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TCHAD

Tchad : l'année 2017 émaillée de violations des droits de l’homme


Alwihda Info | Par Bastonne Kagonbé Teyané - 22 Décembre 2017 modifié le 22 Décembre 2017 - 20:08



L’année qui s’achève a été particulièrement émaillée des violations graves des droits de l’homme dont l'emprisonnement des leaders des partis politiques. Ces violations ont été enregistrées çà et là dans diverses localités du Tchad. La plus grave est la confiscation hermétique des libertés et des droits de manifestation par le gouvernement du Tchad.

Dans la même logique, l’ancien maire de Moundou, après avoir été destitué par les conseillers municipaux de son propre parti politique, a été arrêté manu militari le 13 juillet au Commissariat central de Moundou puis déféré à la maison d’arrêt de la même ville. Les 4 et 5 août dernier, Laoukein Kourayo Médard attendait la visite de ses pairs, chefs des partis politiques d’oppositions qui ont quitté N’Djamena, mais les forces de l’ordre de la région du Logone occidental ont refusé aux opposants d'accéder la maison d’arrêt de Moundou.

Durant toute année, le ministre de la sécurité publique Ahmat Mahamat Bachir a interdit toutes les marches pacifiques organisées par les sociétés civiles, les étudiants et syndicats. 72 étudiants ont été arrêtés au cours de l’année et 46 d’entre eux ont été condamnés le 28 février à un mois d’emprisonnement ferme et plus de 10 000 F CFA d’amende pour certains, et 50 000 F CFA pour d’autres. 13 autres ont été condamnés à un mois d’emprisonnement avec sursis et 6 ont été relaxés. Le motif de condamnation : destruction des biens, attroupement non armée et outrage à un haut fonctionnaire.

Mercredi 12 avril, un convoi des détenus escorté par la garde nomade en transfère à Koro Toro a été attaqué à Massaguet faisant 12 morts dont des militaires. Des individus lourdement armés ont ouvert le feu sur le convoi.

Autre arrestation irritante connue au cours de l’année, c’est celle de Daniel Ngadjadoum, Directeur de cabinet du député du FAR, Yorongar Ngarlejy, en juin. Arrêté à tort lorsqu’il rentrait de l'église après avoir prié.

A Miandoum dans la région du Logone Oriental, un conflit entre éleveurs et autochtones agriculteurs s'est soldé par sept morts et une soixantaine de blessés. Une malveillance des autorités locales. Tout est parti de la violation des sites rituels de la localité après que le sous-préfet y ait autorisé l'installation aux éleveurs.

A pont Karol, le 27 novembre dernier, les forces de l’ordre de la sous-préfecture de Pont département de la Kabia, région du Mayo Kebbi Est ont tiré à bout portant sur les manifestants qui demandaient la libération des responsables de leur association détenus à la brigade de la localité. Dans la foulé, 11 morts et des blessés. Au total, 23 jeunes ont été arrêtés puis transférés au Tribunal de Grande Instance de Bongor.

Les sempiternels conflits entre éleveurs et agriculteurs ont eu lieu dans plusieurs localités, notamment dans la région du Mandoul, Logone oriental et occidental, dans la région de Tandjilé, Gagal et du Mayo Kebbi Ouest. Dans ces deux dernières localités, il y a également eu des cas d’assassinats.

En novembre dernier, une femme a tué son propre enfant car le père qui se trouvait dans une autre ville n’aurait pas donné de l’argent pour l’alimentation. A Gagal, un homme a tué son rival après l’avoir surpris en flagrant délit d'adultère avec sa femme.

En outre, un conflit intercommunautaire est survenu mercredi 18 octobre au village de Darasna, situé dans le département d’Aboudeia à 75 km au nord d’Am-Timan.