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ANALYSE

Tchad : la contribution négligée de la femme au développement durable


Alwihda Info | Par Bara Lutter King - 12 Décembre 2023


L'inclusion des femmes dans divers secteurs demeure essentielle pour stimuler l'économie du pays.


Les femmes représentent plus de la moitié de la population tchadienne, mais elles souffrent d'une faible représentativité dans de nombreux secteurs du pays, pour diverses raisons. C'est un défi majeur pour l'économie et un frein au développement national.

Cependant, l'économie du pays repose en grande partie sur l'agriculture, qui emploie 80% de la population active. Ainsi, les femmes constituent plus de 53,90% de la main-d'œuvre, en particulier la force de production dans ce secteur, selon le rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Malgré ces chiffres alarmants, elles ne sont souvent que reléguées au rôle de soutien des hommes.

De nombreuses femmes n'ont même pas accès à des terres cultivables. De plus, elles ont très peu de chances de contrôler les fruits de leur dur labeur, malgré leur engagement acharné dans les champs. Cette inégalité de genre est profondément enracinée et repose sur des facteurs tels que la coutume, la religion et l'analphabétisme, comme le révèle le rapport d'analyse de genre réalisé par DAI Belgique en 2021.

En outre, la diversité ethnique, religieuse et culturelle, ainsi que le faible niveau d'éducation, jouent un rôle préjudiciable dans l'économie, le développement du pays et l'éducation au sein des ménages. En ce qui concerne le marché de l'emploi, les femmes sont souvent perçues comme des salariées de second rang, occupant des emplois moins qualifiés et moins bien rémunérés.

Cette situation a des répercussions sur les familles et l'ensemble de la nation. En dépit de l’absence des chiffres officiels sur la représentation des femmes dans le secteur public, un document du ministère chargé des Droits de l'Homme et de la Promotion des libertés, indique que les femmes ne représentent que 9 sur 42 dans le gouvernement, 9 sur 155 à l'Assemblée nationale, 2 secrétaires générales sur 29 dans les ministères, 2 préfètes sur 222 et 3 femmes à la tête de partis politiques.

Ces chiffres sont alarmants pour un pays dont plus de 50,3% de la population est féminine. Plusieurs études montrent que les femmes sont des gestionnaires compétentes, mais en raison de traditions et de croyances restrictives, elles ne sont pas considérées comme un atout humain équivalant aux hommes, ce qui entrave le développement durable.

Dans le secteur des petites activités génératrices de revenus, il est nécessaire de mener des études pour comprendre le nombre de femmes qui sont impliquées. Une visite dans les différents marchés de la capitale suffit à mettre en évidence leur contribution économique.

Cependant, leurs revenus sont souvent utilisés pour subvenir aux besoins familiaux, ce qui a un impact sur leurs activités et leur propre économie. De plus, elles ont peu accès à des informations sur les crédits et les stratégies d'épargne, ce qui les expose à la faillite en cas de mauvaise gestion.

En ce qui concerne la participation politique, les femmes sont sous-représentées dans les instances de prise de décision des partis politiques, malgré leur composition majoritaire au sein de la population tchadienne. Le faible niveau d'éducation qu'elles reçoivent dès leur jeune âge, les orientant vers des rôles traditionnels, est l'une des raisons de cette inégalité de genre.

De plus, des interprétations erronées de textes religieux les empêchent souvent de prendre la parole devant les hommes, ce qui les maintient dans l'ombre de la politique. Pour parvenir à un développement inclusif, il est impératif de garantir une éducation de qualité aux femmes, car elles constituent la base d'une société bien éduquée. Malheureusement, le taux d'analphabétisme chez les femmes demeure élevé, malgré une présence plus importante à l'école.

De nombreuses jeunes filles ne terminent pas leur parcours scolaire, en raison de grossesses précoces ou de mariages forcés, ce qui contribue au phénomène des filles-mères. Le Tchad a besoin de tirer parti des compétences et des talents de tous ses citoyens pour son développement, et encourager les femmes à poursuivre leur éducation est une nécessité.

L'inclusion des femmes dans tous les secteurs du pays est la clé d'un développement durable, une priorité qui doit être prise en compte de manière urgente.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)