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Tchad : le ministre de la Santé s'attaque aux mauvaises pratiques dans le milieu médical


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 5 Septembre 2018 modifié le 5 Septembre 2018 - 10:30



L'HGRN de N'Djamena. Crédits photo : DR
L'HGRN de N'Djamena. Crédits photo : DR
Le ministre de la Santé Publique, Aziz Mahamat Saleh, en compagnie de quelques techniciens de son département a procédé à des visites inopinées cet après-midi du 3 septembre 2018 dans trois structures : l’unité des carnets vaccination de voyage sise dans les Grandes-Endémies près de l’aéroport, le Centre de Santé revitalisé de Bololo, l’Hôpital de district de Kachalla Kasser (polyclinique) et son centre de santé.

Les constats amers crèvent les yeux : l’unité de vaccination n’a pas de registre, les carnets sanitaires de voyage ne sont pas numérotés et délivrés sans administration des vaccins exigés pour les voyages. Ce qui est devenue une culture dangereuse pour la santé des voyageurs qui doivent être vaccinés avant d’obtenir le précieux carnet sanitaire de voyage. Le carnet est vendu à 3000 Fcfa et le ministre a remis en place illico presto l’ancien coût de 1000 Fcfa sous les applaudissements de nombreux demandeurs en rang pour l’obtention du sésame. Un recouvrement de coût sous la supervision de l’inspection du ministère de la Santé Publique a été prévu après la visite inopinée.

Les deux centres de Santé utilisent des protocoles antipaludiques non validés avec usage à outrance de la molécule Artmether d’une origine douteuse et vendue aux patients. Les médicaments antipaludiques gratuits ne sont pas utilisés. 

Au district visité, les médecins ne maîtrisent pas les protocoles de traitement et prescrivent sans raison valable de l’artemether à tous les patients, y compris dans le paludisme simple (ce qui est en contradiction avec les recommandations nationales de l’OMS). 

La pharmacie du district ne maîtrise pas la gestion de stock et le stock de sécurité. En cas de rupture, les responsables ne font pas la demande à la Pharmacie Régionale d’Approvisionnement (PRA) qui les alimentent en médicaments nécessaires qui n’en manquent pourtant pas. La rupture de certaines molécules est quasiment provoquée afin de se rabattre exprès sur les médicaments vendus aux malades avec tous les risques liés à cette pratique à combattre. De nombreux médicaments du don chinois et du Fonds mondial n’existent pas pour des raisons inexpliquées. Une confrontation des dotations sur bordereaux de livraison et un contrôle ont été exigé. Les techniciens s’y attelleront dans les jours à venir.

Dans le district, il se délivre presque tous les certificats de santé pour les bacheliers, les pèlerins et pour les autres demandeurs sans une sécurité du recouvrement des coûts de certificats. Les recettes ne dépassent 15 millions Fcfa alors qu’elles peuvent dépasser les 70 millions Fcfa. Certains médecins délivrent les certificats sans la quittance exigible de 400 Fcfa par certificat. Une taxe subjective de 100 Fcfa est exigée pour la photocopie d’un certificat en plus des 400 Fcfa recommandés.

Le ministre n’est pas allé du dos de la cuillère et a donné des instructions fermes pour un changement de comportement et pour des bonnes méthodes de traitement. Il a ordonné à ses techniciens de mettre un plan de contrôle sans complaisance.

Le ministre est d’un tel engagement qu’il brava toutes les intempéries et les flaques d’eau pour accéder aux endroits les plus difficiles. 

La visite inopinée a débuté à 12h30 pour finir à 15h45 après une mise au point au sein du district sanitaire.