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TCHAD

Tchad : les mesures de l'état d'urgence "sont inopportunes, inefficaces et maladroites"


Alwihda Info | Par - 23 Août 2019 modifié le 23 Août 2019 - 21:04



L'opposant tchadien Mahamat Ahmad-Alhabo. © Alwihda Info
L'opposant tchadien Mahamat Ahmad-Alhabo. © Alwihda Info
Le secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), Mahamat Ahmad Alhabo, a dénoncé vendredi "des fautes graves commises" par le chef de l'Etat Idriss Déby, au cours d'un entretien à Alwihda Info.

"Je constate que le président a commis plusieurs fautes, des fautes très graves qui violent la constitution de la République du Tchad. Même si vous êtes président vous êtes soumis à la loi suprême du Tchad, c'est la Constitution. La Constitution que nous avons même critiquée et qui a été adopté par lui, sur mesure, pour lui, et il est en train de la violer", a déclaré Mahamat Ahmad Alhabo.

"Vous avez tous constaté que à Goz Beida, il a déclaré l'état d'urgence. La Constitution dit que c'est le conseil des ministres qui déclare l'état d'urgence. C'est après coup, quand il a fait cette violation et les gens ont commencé à le critiquer, qu'il est venu à N'Djamena pour réunir en extraordinaire un conseil des ministres pour valider, rattraper son erreur. Mais l'acte, le mal est déjà fait. Il a violé la Constitution", a ajouté le leader du parti d'opposition PLD.

"Un acte excessivement grave"

Mahamat Ahmad Alhabo a déploré que "au cours de cette rencontre à Goz Beida, Déby (ait) donné feu vert aux services de défense et de sécurité pour tuer toute personne qui n'obtempère pas à leurs injonctions et deuxièmement, pour dire que s'il y a des conflits entre différents groupes, il faut prendre dix personnes par ici et dix personnes par là et il faut les tuer."

D'après lui, le président de la République "pose quand même un acte excessivement grave. Avec une armée aussi indisciplinée que la sienne, il leur donne le pouvoir, le permis de tuer des innocents parceque la loi dit que la peine est individuelle. Elle n'est pas collective."

"Sur les dix personnes qu'on prend de chaque communauté, est-ce qu'on les a pris sur le terrain, ou bien c'est parce qu'aujourd'hui, M. le journaliste, vous appartenez à telle communauté, votre communauté a fait tel problème, et vous êtes responsable de ce que la communauté a fait ? C'est quand même très grave ça. Un président de la République qui est au pouvoir depuis bientôt 30 ans fait des choses comme ça, en violation tout le temps de la loi. N'eut été qu'on est au Tchad, ailleurs il ne serait pas rester au pouvoir. C'est quand même une violation grave de la Constitution qu'il est censé défendre et protéger. Dans son serment le 8 août 2016, il a juré de protéger la Constitution, mais il l'a viole constamment, voyez vous ? Donc ça c'est déplorable", a indiqué le secrétaire général du PLD.

Fermeture des frontières

Le leader du PLD a dénoncé la fermeture de la frontière avec le Soudan. Il l'assimile à une volonté "d'asphyxier économiquement, sur tous les plans, les régions qui sont à l'Est du Tchad et le Tibesti."

Selon lui, "c'est une façon aussi d'opprimer et de rendre misérable ces personnes qui vivent dans ces provinces là. Nous pensons que les décisions qui ont été prises sont inopportunes, inefficaces et maladroites malheureusement."
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur