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Tchad : un accord de conciliation au Ouaddaï après des violences meurtrières


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 11 Mars 2018 modifié le 11 Mars 2018 - 19:51



Un défilé dans la commune d'Abéché à la place de la nation. Alwihda Info
Un défilé dans la commune d'Abéché à la place de la nation. Alwihda Info
Une mission de la Médiature de la République -conduite par Abdoulaye Affadine- qui séjourne au Ouaddaï depuis ce mardi 6 mars, est parvenue aujourd'hui à un accord de conciliation entre des parties en conflit, après plusieurs jours d'intenses tractations, à appris aujourd'hui Alwihda Info. Le Chef de l’Etat Idriss Déby, accompagné de la Première Dame Hinda Déby est également arrivé hier après-midi à Abéché, après un séjour à Am-Djarass. Il a quitté la ville aujourd'hui et a regagné N'Djamena ce dimanche 11 mars.

Une conflit intercommunautaire est survenu le 23 février 2018, entre les ressortissants du village Tiré du canton Guéri, ceux des villages : Kiégré et Terkémé du canton Bourtaye, d'une part et ceux du canton Oulad Malik des sous-préfectures du Guéri et Bourtaye d'autre part. Ce conflit qui a dégénéré en des affrontements meurtriers a entrainé la mort de plusieurs personnes dans les deux camps.

Les parties en conflit réunies les 8, 9 et 10 mars 2018, sous l'égide du Médiateur de la République et du Gouverneur de la Région du Ouaddai, en présence du Comité chargé de la gestion des conflits intercommunautaires, de la délégation du médiateur de la République, des autorités administratives, militaires, sécuritaires, traditionnelles et religieuses, se sont engagées à enterrer définitivement la hache de guerre et optent pour le dialogue, la tolérance, le pardon et le respect mutuel, gage d'une paix durable, selon le procès-verbal de conciliation consulté par Alwihda Info.

"Des individus commettent des crimes et tentent d'impliquer leurs tribus pour échapper à la justice", a dénoncé hier sur les réseaux sociaux le conseiller, chargé de missions, à la Médiature de la République, Ahmat Yacoub Dabio. Selon lui, "il n'existe pas un conflit tribal dans le Ouaddai. Ces criminels ne représentent pas en aucun moment une tribu et doivent répondre individuellement de leurs crimes devant la justice. Il y a aussi ceux qui se plaisent à remettre en cause cette cohabitation pacifique qui existe depuis longtemps entre les différentes tribus. On doit être vigilant et éviter d'impliquer nos différentes tribus dans des conflits individuels".

D'après le procès-verbal, les parties se sont engagées à éviter de donner un aspect communautaire ou tribal à tout conflit qui naitra entre deux individus, à faire table rase de toutes les pertes en biens ou en nature y compris celles fixées par la justice. Par rapport à la Diya (prix du sang), les deux parties ont convenu que le canton Oulad Malik verse la diya de six personnes : Moukhtar Abderamane, Batoul Imeliss, Hassan Ibrahim, Abdallah Abbas, Mahamat Ali et Abdel Sadick Hassan.

Le canton Guéri procèdera au versement de la diya de deux personnes. Il s'agit de Ali Mahdi Alkhali assassiné sur la route et un jeune berger porté disparu, sans que son corps n'ait été retrouvé, Taher Hassaballah Fidélé.

Un comité régional permanent est chargé de la gestion des conflits intercommunautaires. Il est chargé d'élaborer un règlement intérieur en son sein.