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INTERVIEW

Un homme d’affaires tchadien de la diaspora appelle les jeunes à entreprendre


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 25 Janvier 2019 modifié le 25 Janvier 2019 - 18:39

Le directeur général du cabinet d’experts en étude de projets (C2EP), le tchadien Zalba Djidd que nous avons rencontré à Dakar, nous explique dans une long entretien l’objectif assigné à son cabinet implanté à Dakar. Son entreprise, il entend l'étendre dans 15 pays d’Afrique pour accompagner les investisseurs et les opérateurs économiques à améliorer leur climat des affaires. Il indique que son cabinet accompagne en amont en aidant les entreprises à faire une étude de prospection pour préparer éventuellement leur implantation dans un pays et surtout à entamer des démarches administratives pour l’obtention de documents.


Le directeur général du cabinet d’experts en étude de projets (C2EP), le tchadien Zalba Djidda. © Alwihda Info
Le directeur général du cabinet d’experts en étude de projets (C2EP), le tchadien Zalba Djidda. © Alwihda Info
Le directeur général du cabinet C2EP, Zalba Djidda demande aux jeunes tchadiens d’oser, de ne pas avoir peur d’entreprendre et de créer tranquillement leur boite.

Alwihda Info : M. Zalba Djidda, pouvez-vous nous présenter brièvement votre cabinet ?

Zalba Djidda : Je remercie à Alwihda Info de m’avoir donné l’occasion de présenter mon cabinet, de me présenter moi-même et surtout de parler de tout ce qu’on fait dans ce cabinet d’experts en étude de projets. Je réponds au nom de Zalba Djida et je suis président directeur-général du groupe de cabinets d’experts en étude de projets présent dans quatre pays d’Afrique.

Qu'est-ce qui vous a motivé à créer le cabinet d’experts en étude de projets ?

Nous avons remarqué que surtout du côté des projets, beaucoup des personnes et d’entreprises manquaient de l’accompagnement et ça nous a beaucoup inspiré. On s’était dit, pourquoi ne pas créer un cabinet qui pouvait bien effectivement les accompagner dans leurs tâches ? Aujourd’hui, nous avons constaté que soit du côté du secteur privé ou public, nous avons vraiment pu accompagner ces investisseurs et même les particuliers qui sont porteurs de projets et qui ne sont pas du tout canalisés. Il fallait créer le cabinet pour pouvoir canaliser ces personnes-là. Je fais allusion à des individus ou des personnes physiques.

Quels sont les objectifs généraux assignés au cabinet ?

Nos objectifs sont l'accompagnement des secteurs privés, publics et des particuliers afin de les canaliser pour leur permettre de mieux comprendre leurs projets, de les structurer et de les conseiller. La plupart de ces gens ont beaucoup d'idées mais elles ne sont pas du tout fixées. Il fallait mettre en place ce cabinet pour leur permettre d’être orientées et canalisées.

En tant que ressortissant tchadien, pourquoi avez-vous choisi d'implanter le siège du cabinet à Dakar ?

Parce que j’ai fait mes études supérieures au Sénégal après l’obtention de mon bac au Tchad. Ce qui m’a conduit à l’obtention de mon master 2 en fiscalité des affaires. Je me suis dit que la seule alternative de rentrer rapidement dans le marché des affaires est de créer le cabinet que j’ai mis en place depuis le mois de Juillet 2016. On continue à exercer aujourd’hui par la grâce de Dieu. Nous sommes parvenus à nous installer dans la sous-région, notamment à N’Djamena, au Tchad mais avec un effectif plus petit que celui du Sénégal.

Au Tchad, nous avons les documents administratifs pour l’agrément de notre entreprise, un local et un administrateur qui représente la filiale à N’Djamena.

Votre groupe a-t-il obtenu un agrément des autorités sénégalaises ?

Effectivement. Nous sommes un groupe de cabinets bien constitué et nous avons tous les documents administratifs délivrés par les autorités sénégalaises. Nous payons normalement les impôts, ce qui permet d’être compétitifs dans le lancement des appels d’offres auxquels nous avons l’habitude de postuler.

Le cabinet a participé à plusieurs appels d’offres qu’il a fini par gagner. Pour être éligible aux appels de marchés d’offres au Sénégal, il faut que le cabinet soit en règle avec les impôts et ait tous les documents possibles pouvoir participer aux appels d’offres. Nous avons participé à des appels d’offres et nous en avons gagné quelques-uns. Nous sommes en train de travailler actuellement sur ces appels d’offres, notamment avec le ministère des Finances du Sénégal.

Vous avez donc réussi à imposer votre réputation auprès des autorités...

Oui ! Notre cabinet est très bien connu par les autorités sénégalaises, nous avons tous les documents administratifs à notre disposition.

Vous dites que l’un des objectifs du groupe est d’accompagner les investisseurs et les personnes porteuses de projets. Dans quel sens votre cabinet peut accompagner les entreprises africaines ou tchadiennes à pouvoir s’implanter dans d’autres pays ou des entreprises à s’implanter au Tchad ?

Quand nous parlons de l’accompagnement, nous visons trois objectifs. Premièrement, aujourd’hui, nous travaillons beaucoup plus avec des investisseurs, que ça soit les investisseurs ou les entreprises qui sont déjà installés au Sénégal, en Côte d’Ivoire, sur le reste du continent et même pour les entreprises qui sont installées hors du continent, voulant étendre leur activité dans les pays d’Afrique. Nous les aidons à s’implanter en Afrique. Nous avons rencontré aujourd’hui des entreprises sénégalaises par exemple qui veulent s’installer au Tchad. Etant donné que ces entreprises sénégalaises ne connaissent pas les réalités du pays, il faut un cabinet comme le nôtre qui connait la situation du pays, la législation et même le système économique du pays. Nous les accompagnons préalablement en aidant à faire une étude de prospection pour l’implantation de l’entreprise en question avant qu’elle n’aille s’installer dans ce pays. Il faut préalablement faire ce qu’on appelle une étude de prospection, on va d’abord regarder si l’environnement est propice et ce que l’entreprise veut proposer. Nous les aidons aussi à faire des démarches administratives telles sue la création de l’entreprise au pays et autres. Nous les accompagnons aussi dans le lobbying en vue de pouvoir étendre leur réseau à l’intérieur du Tchad notamment avec les autorités. Cette forme d’accompagnement que nous faisons avec des entreprises vise à promouvoir une politique d’extension des entreprises qui veulent étendre leur activité.

Deuxièmement, nous assistons les entreprises qui sont déjà installées dans ces pays et nous les aidons à améliorer leur stratégie notamment dans le domaine de la concurrence parce qu’elle est très rude. Donc, il faut mettre en place une bonne stratégie notamment dans le domaine du marketing ou de la communication. Nous les aidons à améliorer, même un peu, leur système de comptabilité.

Troisièmement, nous faisons aussi des formations pour permettre d’améliorer leur système de fonctionnement interne avec des thématiques nouvelles. Aujourd’hui, avec l’évolution du monde, il faut des thématiques qui sont très évolutives pour leur permettre d’avancer dans le monde des affaires avec des prestations de services meilleures.

Quelles sont les projections de votre groupe dans le futur, que ça soit au Tchad ou dans d’autres pays d'Afrique ?

Aujourd’hui, nous menons une politique d’extension et avons mis le cap sur dix ans de plus c’est à dire que d’ici l’an 2030, si tout se passe bien, nous avons l’objectif d’installer ce groupe de cabinets d’experts en étude de projets dans 14 pays de l’Afrique francophone. Nous travaillons sérieusement sur ça et nous avons lancé de gauche à droite nos plans de prospection dans ces pays pour pouvoir étudier dans quelle mesure avoir des possibilités pouvoir pénétrer ces pays. En 2019, notre objectif à court terme est d’ouvrir l’un de nos bureaux en Mauritanie, à proximité du Sénégal, avant de l’étendre en Afrique centrale avec la possibilité de nous installer au Cameroun.

Quel message adressez-vos à vos compatriotes qui sont au pays ?

Je vois que l’environnement des affaires au Tchad est en train de s’améliorer de jour en jour. C’est déjà une bonne chose. Je demanderais aux jeunes et surtout à mes compatriotes tchadiens de ne pas avoir peur d’entreprendre. Le succès de la réussite au 21 siècle est dans l’entreprenariat. Il est vrai, j’ai bien remarqué que les jeunes tchadiens aiment beaucoup plus travailler à la fonction publique parce qu’ils n’ont peut-être pas trop en tête la culture d’entreprendre.

Je ne sais pas si c'est par peur qu’ils ne veulent pas se lancer dans l’entrepreneuriat mais je peux dire que nul ne détient le secret de l'entrepreneuriat. Il faut juste oser et ça peut aller. Je demande aux jeunes d’oser, de ne pas avoir peur d’entreprendre, de créer tranquillement leur boite et de croire en eux. Ça pourrait très bien marcher avec eux.

Propos recueillis par Djimet Wiché.