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ANALYSE

Abidjan se positionne déjà comme un hub sous-régional


Alwihda Info | Par Pape NDIAYE - 7 Février 2018 modifié le 7 Février 2018 - 11:50


Sénégal : bataille de l'air entre Blaise Diagne et Félix Houphouet Boigny

L'aéroport international d'Abidjan. Crédits photo : DR
L'aéroport international d'Abidjan. Crédits photo : DR
Pour la conquête — ou la reconquête — des trafics portuaires et aéroportuaires, Dakar et Abidjan se livrent une féroce concurrence économique. Après avoir contrôlé le trafic portuaire sous-régional, l’aéroport d’Abidjan se positionne déjà comme un hub sous régional au détriment de son rival de Diass, l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Preuve de l’avantage pris par la ville située sur les bords de la lagune Ebrié, la compagnie Ethiopian Airlines va lancer en mai prochain son vol direct Abidjan-New York. La compagnie aérienne Ethiopian Airlines a choisi l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan pour lancer sa nouvelle liaison à destination des Etats-Unis d’Amérique (Usa). Ce qui veut dire qu’à partir du 10 mai prochain, Ethiopian Airlines effectuera trois vols directs par semaine à partir de la capitale économique ivoirienne à destination de celle des Etats-Unis d’Amérique. A cet effet, tout passager africain d’Ethiopian Airlines désirant se rendre aux Usa sera obligé de transiter par Abidjan. Du coup, la plus grande compagnie aérienne du continent semble avoir délaissé notre nouvel aéroport international alors que Dakar-Yoff était jusque là un hub sous-régional. Ce, compte tenu de sa position géographique et sa façade maritime.

Après avoir gagné la bataille du trafic portuaire au niveau sous-régional, Abidjan se positionne donc déjà comme carrefour sous-régional au détriment de Diass, notre aéroport ultramoderne dont on dit qu’il n’y en a pas de semblable nulle part ailleurs en Afrique. Mais cela ne suffit pas puisqu’il lui reste encore à décrocher la certification américaine dite Transportation Security Administration (Tsa) dont le processus d’obtention est en cours. Les autorités de l’Aibd jurent que ce bijou on l’aura bientôt puisque toutes les conditions et installations techniques seraient remplies dans ce sens. Pendant ce temps, l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan prend de l’avance avec sa Certification (Tsa) acquise en 2015 et qui le qualifie à être une plate tournante pour des vols directs vers New-York. Plaque tournante ? Le président ivoirien Alassane Ouattara avait annoncé la couleur concurrentielle lors de son récent discours de nouvel an en ces termes : « Le repositionnement de la Côte d’Ivoire comme la principale plateforme aéroportuaire de la zone économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), avec plus de 2 millions de passagers en 2017, devrait s’intensifier avec ces vols directs vers New-York» déclarait-il en substance avec, en arrière-pensée, la vieille rivalité d’Abidjan avec Dakar. Un défi décrypté par le président Macky Sall lors de l’inauguration du nouvel aéroport Blaise Diagne. Dans son discours, le chef de l’Etat avait dit espérer faire des terminaux modernes de Diass une plaque tournante en Afrique.«C’est-à-dire le premier hub aérien d’Afrique de l’Ouest» avait-il précisé. Et comme Abidjan nourrit les mêmes ambitions… Air France aussi choisit… Abidjan ! Situé à 47 km de Dakar, l’aéroport international Blaise-Diagne, s’étend sur 4 500 hectares. Avec une capacité de 2 millions de passagers annuels contre 2 millions pour son principal concurrent, l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, il est prévu que de nouveaux terminaux voient le jour à Diass dans un avenir proche, afin de traiter jusqu’à 10 millions de passagers à l’horizon 2035. A l’instar de son rival ivoirien, il pourra alors accueillir le plus grand avion de ligne du monde, l’Airbus A380. Autre avantage pour nos cousins ivoiriens : en dehors du choix porté par Ethiopian sur leur capitale économique pour relier la Grande Pomme (Big Apple), la compagnie Air France a choisi, elle aussi, l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan comme première destination africaine après Johannesburg à accueillir cet Airbus A380 considéré comme le plus gros avion commercial au monde avec 516 places. Avec cette desserte régulière Abidjan- Paris en trois vols directs par semaine et par A380, M. Frank Legré, Directeur général Afrique d’Air France, dit que sa compagnie entend ainsi accompagner la croissance de la Côte d’Ivoire « Un pays qui ambitionne d’être le hub et la porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest, un marché de plus de 300 millions d’habitants » a-t-il indiqué dans un communiqué. Encore, encore au moment où Air Sénégal tarde à décoller, Air Côte d’Ivoire vise à moderniser et étendre ses vols jusqu’aux

Usa pour espérer devenir la première compagnie aérienne d’Afrique de l’Ouest. Pour y parvenir, Air Côte d’Ivoire a réussi le miracle de décrocher un financement de près 300 milliards de francs dont une partie va servir à l’achat de cinq nouveaux Airbus A320 mais aussi à payer la formation de pilotes et des techniciens de l’aviation. Entre Abidjan et Dakar via Diass, la bataille pour le contrôle de l’espace aérien de la sous-région ne fait donc que commencer… Et tant mieux pour l’Uemoa ! En attendant, force est de reconnaître qu’Abidjan a pris une bonne longueur d’avance. Et quand ont sait que le «cargo-village» chargé d’accueillir les avions transportant du fret à l’AIBD n’est même pas encore prêt. La faute, là, à un Sénégalais ayant fait fortune en Côte d’Ivoire — où il possède même une banque ! — du nom de Yérim Sow…Mais n’allez surtout pas penser qu’il est un cheval de Troie de nos grands rivaux ivoiriens…

Pape NDIAYE
« Le Témoin » quotidien sénégalais



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