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POINT DE VUE

Afrique : Nigeria, le "brexiter" de l'Union Africaine" ?


Alwihda Info | Par ALLATCHI YAYA - 13 Février 2020


Le poste de Sèmè-Kraké lors de son inauguration en octobre 2018 à la frontière du Nigeria et du Bénin. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Le poste de Sèmè-Kraké lors de son inauguration en octobre 2018 à la frontière du Nigeria et du Bénin. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Le Nigeria, ce géant d’Afrique que d’aucuns appellent géant aux pieds d’argile à cause de son incapacité à venir à bout de la secte BOKO HARAM malgré la pléthore de son armée et de son arsenal militaire, est pour ses voisins une véritable caverne d’Ali Baba. Ce grand pays, appelé aussi affectueusement par ses riverains la « chine de l’Afrique », fabrique et fournit toutes sortes des biens, faisant ainsi le bonheur des peuples riverains, enclavés ou non, en mal d’industrie et qui peinent à importer d’ailleurs, dit-on, faute de ressources suffisantes. Outre les problèmes de l’Insécurité liée au terrorisme islamiste, le pays a la triste réputation d’être confronté à la contrebande et des trafics en tout genre.

C’est d’ailleurs la raison évoquée par les autorités nigérianes pour justifier la fermeture des frontières terrestres depuis bientôt cinq mois aux dépens de ses voisins qui étouffent de toutes sortes de pénuries. Cependant, cet argument avancé par le Géant africain ne semble pas convaincre grand monde, encore moins les voisins qui ne cesse de grincer les dents et qui voient dans cette décision plutôt-comme disais un adage Toubou : » le chien aboie par propre peur » - une forme de chantage pour des desseins inavoués. Par exemple, montrer à ses voisins détracteurs qu’il n’est pas ce pays en faillite de sécurité et non plus le pourvoyeur de produits illicites, et comme tel ils doivent lui tirer la révérence.

Après donc ce qui apparait de plus en plus comme un embargo à l’encore de ses voisins moins nantis et plus dépendants de son marché, le Nigéria affiche sa dissidence sur un autre terrain, celui du futur monnaie unique ouest africain. Il semble avoir du mal à accorder son violon avec ses « co-régionaires ». Ce qui poussent à beaucoup d’observateurs (peut-être non avertis) de pointer du doigt le manque d’intérêt, à leurs yeux, de ce pays à l’intégration régionale et africaine et faire cavalier seul à l’image de son ancien mentor qui venait de claquer la porte de l’Union Européenne.

A l’heure où l’UNION AFRICAINE plaide pour un marché unique, ciel unique, monnaie unique (du moins régionale) libre circulation de personnes et de biens, etc. ; à l’heure où le BREXIT a sonné l’UE, le Nigéria, au risque de se faire taxer de « BREXITER » africain, se doit de revenir aux meilleurs sentiments en ouvrant ses frontières ; la déclaration de son ministre des affaires étrangères à l’interrogation de RFI selon laquelle la réouverture des frontières n’est pas pour demain n’est pas de nature à rassurer l’opinion africaine. Autrement il reviendrait aux pays voisins victimes de cet « embargo » économique de prendre leurs dispositions pour une économie indépendante du Nigeria.