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AFRIQUE

Afrique subsaharienne : Risque de dégradation des perspectives de croissance (Banque mondiale)


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 6 Janvier 2021

Les prévisions d’une croissance atone dans cette partie du continent sont dues à la persistance de l’épidémie du Covid-19 dans plusieurs pays, faisant ainsi obstacle à la reprise de l’activité́ économique.


Afrique subsaharienne : Risque de dégradation des perspectives de croissance (Banque mondiale)
Les dernières estimations disponibles font état de ce que la production en Afrique subsaharienne s’est contractée de 3,7 % en 2020, à la suite des perturbations de l’activité économique provoquées par la pandémie du Covid-19 et les mesures de confinement qui s’en sont suivies. Le revenu par habitant a de ce fait diminué de 6,1 %, et le niveau de vie moyen est retombé aux niveaux enregistrés il y a plus d’une dizaine d’années dans un quart des pays de la région. Les États les plus touchés sont ceux où la pandémie a le plus frappé, ceux qui sont fortement tributaires des secteurs du voyage et du tourisme et ceux qui exportent des produits de base, en particulier du pétrole.

Selon les projections, l’Afrique subsaharienne devrait enregistrer un redressement modéré en 2021, avec un taux de croissance de 2,7 %. La reprise de la consommation et de l’investissement privé pourrait être plus lente que prévu antérieurement, mais les exportations devraient s’accélérer progressivement, à la faveur de la relance des activités des principaux partenaires commerciaux.

Les perspectives publiées par la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne sont exposées à plusieurs risques de dégradation. La croissance des principaux partenaires commerciaux pourrait être inférieure aux prévisions. La distribution à grande échelle d’un vaccin contre le Covid-19 dans la région se heurtera probablement à de nombreux obstacles, notamment les insuffisances des infrastructures de transport et le manque de capacité des systèmes sanitaires. Ces difficultés, encore aggravées par des catastrophes naturelles, comme les récentes inondations qui ont provoqué des dégâts considérables, et l’augmentation de l’insécurité, en particulier dans le Sahel, pourraient retarder la reprise.

La dette publique a considérablement augmenté dans la région, pour atteindre, selon les estimations, 70 % du PIB en moyenne au cours de l’année écoulée, ce qui ne fait qu’accroitre les préoccupations suscitées par la viabilité de l’endettement dans certains pays. Les banques pourraient enregistrer une forte augmentation des prêts improductifs, les entreprises ayant peine à assurer le service de leur dette par suite de la chute de leurs recettes. Les répercussions négatives durables de la pandémie pourraient ralentir la croissance à long terme en raison de l’ampleur de la dette, qui paralyse l’investissement, de l’impact des confinements sur la scolarité et la valorisation du capital humain, et de la dégradation de l’état de santé des populations.