ANALYSE

Cameroun : Paul Biya, 40 ans au pouvoir, une leçon à tirer pour la jeunesse africaine


Alwihda Info | Par Martin Higdé Ndouba - 18 Novembre 2022


Du 6 novembre 1982 au 6 novembre 2022, la jeunesse camerounaise a connu un seul président. À l'âge de 89 ans, Paul Biya n'est pas toujours prêt à quitter son fauteuil présidentiel. La question de la longévité des chefs d'État africains a suscité plus d'interrogations que de solutions. C'est aussi une partie de la "démocratie africaine", mais celle de Paul Biya fait exception.


Le président camerounais Paul Biya célèbre ses 40 ans au pouvoir. © DR
Malgré la crise anglophone et plusieurs autres perturbations, Paul Biya dirige comme une colombe la République des "beaux parleurs" sans crainte. Contrairement à ce que l'on puisse imaginer, le vieux Biya maîtrise bien la bouche des opposants. Il est toujours discret et pas trop visible dans les médias, ni trop de visites à l'étranger surtout dans le cadre du travail.

Paul Biya qui devrait être serviteur de Dieu, en l'occurrence un prêtre, devient par la suite serviteur du monde. Malheureusement, il n'a jamais songé à l'alternance. Toutefois l'homme est mortel dont le peuple camerounais a confiance à la mort pour mettre fin au règne de Biya.

Comment peut-on comprendre qu'à l'âge de 89 ans, l'on s'accroche toujours au pouvoir ? Qu'est-ce qui peut justifier cette longévité ? Quel bilan peut-on attendre d'un tel régime ? Qui sera son successeur ? Sa mort ne va-t-elle pas semer des troubles ? Autant d'interrogations sans réponse. Mais sur la question de l'éternisation des chefs d'État africains au pouvoir, l'on finira par donner raison à ceux qui regardent le continent africain avec répulsion. L'on doit reconnaître que les conséquences de la longévité au pouvoir sont visibles dans certains pays tels que la Libye, le Soudan et le Tchad. De toute façon, Paul Biya est averti. Car le plus important à faire est de préparer une succession répondant aux attentes du peuple. Une telle longévité laissera toujours des tâches de sang. Le pire n'est pas à éviter car c'est le prix à payer d'un président à vie.

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