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AFRIQUE

Cameroun/Véronique Lehman : « Toute gouvernance s’appuie sur des règles de droit »


Alwihda Info | Par - 28 Juin 2019 modifié le 28 Juin 2019 - 17:06

Face à des actes de barbarie perpétrés par un groupuscule de Camerounais à l’arrivée du président Paul Biya en Suisse, où il séjourne depuis quelques jours, la déléguée à la communication de la section du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) de France Nord, n’est pas restée indifférente. Dans une interview accordée à Alwihdainfo, elle s’insurge contre ces actes qui sont de nature à ternir l’image du Cameroun.


Cameroun/Véronique Lehman : « Toute gouvernance s’appuie sur des règles de droit »
Quel commentaire faites-vous sur l'attitude de certains activistes camerounais qui ont récemment investi l'hôtel du président Paul Biya actuellement en séjour privé à Genève ?
Je vous remercie de me donner l’opportunité de réagir à ces événements malheureux et malencontreux qui sans aucun doute, nous ramènent à l’époque du darwinisme. En effet, une certaine diaspora, sous le couvert de l’alternance, n’a pas encore compris que toute gouvernance a besoin de s’appuyer sur des règles de droit. Malheureusement, elle se livre à des actes de barbarie, à des scandales qui ternissent l’image de notre Cameroun, berceau de nos ancêtres.

Pourtant, ces actes regrettables donnent une mauvaise image de la diaspora camerounaise. Qu'en dites-vous à ce sujet ?
D’abord, une mauvaise image de la diaspora camerounaise je dirai non, si on prend le soin de faire un tri. Au sein de la diaspora, il y a des hommes et des femmes qui valorisent le Cameroun par leurs actes héroïques : leur savoir-faire, leur savoir-vivre et leur savoir-être. Ensuite, oui si on s’en tient à cette minorité négative, approximative dans son approche des vrais enjeux du Cameroun et de la personne du président Paul Biya qui au fond, est détachée de l’argent, des paillettes, pleine d’humilité, et qui n’œuvre que pour la paix du Cameroun.

Face à une nouvelle menace à manifester ce samedi 29 juin devant l'hôtel présidentiel, quelle est l'attitude à adopter ?
Face à un appel à la mobilisation, je pense qu’il faut adopter une attitude plus citoyenne et plus responsable, c’est-à-dire l’apaisement, multiplier les appels au calme et savoir raison gardée. C’est aussi l’occasion pour moi d’appeler chacun à ses responsabilités. Les militants du RDPC y seront, pour marquer leur soutien au président national et aux instances du RDPC.
Je voudrai dire que ce n’est pas facile en ce moment pour les militants des sections extérieures qui ont besoin de reconnaissance au-delà des mots.
Je demande à mes compatriotes de vaincre ces excès de haine et d’aller régler nos problèmes chez nous, au lieu de se ridiculiser aux yeux du monde. Aux autorités camerounaises, je leur demande de trouver le moyen de parler avec leurs enfants de l’extérieur qui sont des filles et des fils prodiges.
Le Cameroun, à défaut d’associer sa diaspora à sa construction, pourrait fabriquer des aigris, des frustrés et des loups. Je demande aux autorités des pays qui accueillent le président Paul Biya de le protéger encore plus que tous les autres présidents du monde, à côté de sa garde rapprochée, qui comme par le passé, veuille merveilleusement au grain.

Selon vous, quelle peuvent être les solutions à la crise sociopolitique que traverse depuis trois ans le Cameroun ?
Les solutions, je n’ai pas la prétention de les détenir. Par contre, j’ai des suggestions autour d’un dialogue qui permette de redéfinir le contrat social, l’accélération de la décentralisation adaptée à chaque région, avec un vrai transfert démocratique des responsabilités. Il faut par ailleurs privilégier la bonne gouvernance et la justice sociale. En un mot, mobiliser l’intelligence collective de manière différente, afin que la politique ne soit plus vécue de manière froide et injuste.