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AFRIQUE

Cameroun : le soutien de l’UPF aux journalistes de Kalara


Alwihda Info | Par - 30 Décembre 2019 modifié le 30 Décembre 2019 - 14:27

Dans un communiqué rendu public ce 30 décembre 2019, l’Union internationale de la Presse francophone (UPF) appelle à l’annulation du verdict récemment prononcé contre Christophe Bobiokono, directeur de publication de l’hebdomadaire camerounais Kalara, ainsi qu’à sa collègue Irène Mbezele. Lire ci-après l’intégralité de ce communiqué.


Christophe Bobiokono, directeur de publication de Kalara.
Christophe Bobiokono, directeur de publication de Kalara.
« L’Union internationale de la Presse francophone apporte son soutien à Christophe Bobiokono ainsi qu’à sa collègue Irène Mbezele, et appelle à l’annulation du verdict qui les concerne. Christophe Bobiokono, membre de l’Union internationale de la Presse francophone, chroniqueur judiciaire, directeur de publication de l’hebdomadaire d’investigation Kalara, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, 3800 euros d’amende et 15300 euros de dommages et intérêts pour “diffamation” et “outrage à corps constitué”. Sa collaboratrice, Irène Mbezele a écopé de la même peine de prison assortie de 2300 euros de dommages et intérêts.
L’Union internationale de la Presse francophone exprime son inquiétude face aux conditions dans lesquelles s’est déroulé ce procès : la manière expéditive et les sanctions très lourdes qui en résultent à l’encontre de journalistes connus pour leur rigueur professionnelle.
Notre confrère, membre de l’UPF nous a déclaré avoir été pris de court dans une audience marathonienne qui s’est poursuivie durant une vingtaine d’heures. Plus inquiétant, un mandat d’arrêt est émis contre le directeur de publication et sa collaboratrice avec effet d’exécution immédiate en cas de non-paiement des sommes réclamées mais qui, à l’heure où nous rédigeons ce communiqué, n’a pas été exécuté. Joint par téléphone, Christophe Bobiokono était en concertation avec ses avocats « sur la démarche à suivre à la suite de ce jugement au caractère inique », nous a-t-il déclaré.
Leur décision aujourd’hui est de faire appel. « Nous avons décidé avec nos avocats de relever appel de la décision des juges ce jour (30 décembre), qui est le dernier du délai légal qui nous est imparti pour cela. Mais notre procès à la cour d'appel ne pourra être instruit qu'à la condition pour nous de payer les frais de justice et les amendes ». La situation de nos confrères est pour le moins inquiétante : « En attendant, nous vivons avec la possibilité que le mandat d'incarcération soit exécuté, ce qui contraint ma collaboratrice à raser les murs. », nous confie Christophe Bobiokono.
Les faits pour lesquels nos confrères sont ainsi sévèrement punis remontent à la publication, en octobre 2018, de deux articles : le premier relayant des propos qu’aurait tenus la députée Faustine Fotso lors d’un dîner. S’appuyant sur un enregistrement de ses propos à son insu par l’un des convives, le journal avait relaté les manœuvres qu’elle aurait utilisées pour influencer la décision des juges dans un dossier opposant deux responsables politiques de la même famille, un frère et une sœur se disputant l'héritage de leur père qui se trouve être un ancien Premier ministre.
Le deuxième article rapporte les échanges avec la députée en question lorsqu’elle aurait été confrontée à ses propos, enregistrement à l’appui.
L’UPF apporte son soutien total aux journalistes Christophe Bobiokono et Irène Mbezele et appelle à l’abandon immédiat du verdict.
Interpeller des journalistes pour avoir fait leur travail d’investigation est une réelle menace contre la liberté d’informer.
Fait à Paris, le 30 décembre 2019
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