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AFRIQUE

Côte d’Ivoire/Atteinte des objectifs 90-90-90 en matière de VIH/SIDA: Un plaidoyer à l’endroit des patrons de presse pour un traitement médiatique professionnel en faveur des populations clés


Alwihda Info | Par Narcisse Yao - 26 Novembre 2018 modifié le 26 Novembre 2018 - 09:34


En Côte d’Ivoire, d’après le constat des spécialistes de la question du VIH/SIDA, le traitement médiatique sur les sujets de l’homosexualité reste dans le sensationnel. Mieux, ont-ils signifié que les médias s’attaquent aux homosexuels, aux LGBTI (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgenre, Intersexué) etc. ; et même aux organisations de défense des droits de l’homme qui protègent les personnes clés en général.

De ce fait, des sensibilisations ont été conduites depuis 2016 envers les hommes de médias pour un meilleur traitement de l’information liées aux populations clés. Mais, jusque-là, des journalistes peinent à faire des publications sur cette question d’homosexualité, soit de par la réprobation de leurs patrons de presse, de leurs collègues ou encore de la société en général qui juge le sujet répugnant.

Ainsi, pour y remédier, l’ONG Alternative-CI dans le cadre de son projet ACT « Advocacy and other Community TACTICS », fiancé par l’Union Européenne a organisé en partenariat avec le Réseau des Professionnels des Médias, des Arts et des Sports engagé dans la lutte contre le SIDA et les autres Pandémies en Côte d’Ivoire (REPMASCI) un atelier à l’endroit des chefs de médias.

Celui-ci qui a porté sur : « Plaidoyer à l’endroit des patrons de presse pour une meilleure couverture médiatique de la problématique des populations clés dans le contexte d’atteinte des objectifs 90-90-90 », s’est déroulé le 22 novembre, à l’hôtel Résidences Koriet d’Abidjan-Cocody.

A l’entame, Dom Abla, représentante du directeur-coordonnateur du Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS), Dr Abo Kouassi, a indiqué dans son exposé que le VIH/SIDA touche tous les secteurs d’activités et couches sociales en Côte d’Ivoire. Elle a révélé que le taux de prévalence nationale de cette pandémie qui est de 3,7% selon une enquête en 2012, est de 2,8% par les estimations de 2017, pour la tranche d’âge de 15 à 49 ans.

La représentante du directeur-coordonnateur du PNLS a également fait remarquer une féminisation de cette pandémie avec 3,7% de femme infectés contre 1,9% chez les hommes.

Aussi, a-t-elle signifié que les populations clés, à savoir les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes transgenres, les professionnels les du sexe, les usagers de drogues injectables, les personnes détenues ou incarcérées, LGBTI, etc., sont les plus exposées au VIH.

Ainsi, a-t-elle invité à l’usage des préservatifs, au dépistage, pour une meilleure prise en charge. Dom Abla a souligné que toutes ces mesures qui sont valables aussi bien pour les personnes vulnérables et non-vulnérables concourent à l’atteinte des objectifs 90-90-90.

« Lesquels stipulent qu’à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée », a-t-elle expliqué. Non sans signifier : « L’atteinte des objectifs 90-90-90 va aider à une élimination de la pandémie du VIH/SIDA à l’horizon 2030, selon les prévisions ».

Pour sa part, Kouassi Anne-Marie, consultante indépendante, formatrice en matière de santé, a noté qu’au terme de l’atelier, les patrons de presse ont eu d’une part, des orientations sur la situation actuelle de la réponse au VIH en lien avec la problématique des populations clés et l’atteinte des objectifs 90-90-90.

D’autre part, une collaboration avec les organisations de populations clés, en vue d’une meilleure couverture médiatique de la problématique des populations clés. Ainsi que leurs capacités renforcées de sorte à comprendre et à reconnaître le droit à l’expression des populations clés dans les médias.

Les travaux dudit atelier qui ont enregistré une trentaine de participants a permis des échanges interactifs entre les patrons de presse, les experts-formateurs sur les questions du VIH/SIDA, ainsi que des représentants d’organisations de populations clés, des défenseurs des droits de l’homme. Cela a donné lieu à tracer un cadre de collaboration avec les patrons de presse, de sorte à assurer un meilleur traitement de l’information moins passionné et stigmatisant envers les populations clés.