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ANALYSE

Djibouti: DIALOGUE POLITIQUE, DU MUTISME SÉLECTIF A LA MENDICITÉ ASSUMÉE


Alwihda Info | Par Mahamed Robleh Bourale - 9 Octobre 2014 modifié le 9 Octobre 2014 - 08:26

C’est alors que le couperet tombe. Le chef de l’Etat répond en personne en expliquant avec des mots on ne peux plus clair et sur une radio de grande écoute (la BBC) l’incohérence de l’opposition qui accepte les 8 sièges du parlement et qui lui refuse dans le même temps sa fonction législative par la validation d’un accord sur lequel explique t-il un consensus existe.


Le phénomène est connu : quand un enfant se refugie dans le silence dans une situation sociale donnée (par exemple à l’école) et se révèle une vraie pipelette dans d’autre situation par (exemple à la maison) on dit qu’il est atteint par le mutisme sélectif.

En général le mutisme sélectif épargne les adultes sauf dans des rares cas. Beaucoup se demande, faute d’explication, si ce mal n’a pas atteint la direction de l’USN. Comment expliquer leur omniprésence sur les réseaux sociaux et ce bafouillage inaudible dès qu’on évoque la question du dialogue politique ?

Si au début c'est-à-dire en juillet ce silence était perçu comme une stratégie, le brouillard politique s’est dissipé lentement laissant apparaître la poussière accumulée au nom du « respect du dialogue politique ». Ce précieux laps de temps a permis au camp d’en face en quête de mesure dilatoire de se refaire une santé. Il n’est un secret pour personne que la re-mobilisation de l’UMP n’a pas faibli tant sur le terrain que sur les réseaux sociaux.

Dans mon camp on fait mine de ne rien voir, on disserte sur l’importance de la fraternité et de la vertu du secret. Dans le camp d’en face on démontre par des arguties certes mais on démontre la mauvaise foi de l’USN, on explique sa volonté de détruire, on déshumanise pour préparer sa liquidation. Dans mon camp on se berce d’une douce illusion au rythme d’un je ne sais quel délégué aux affaires extérieur, on fait et défait à coup de note et de communiqué, on s’écharpe sur la légalité d’un voyage, on creuse des tranchés et aiguise les machettes pour que le « O » de MJO se transforme en « U » ou pour savoir la sensibilité politique d’un groupe de grévistes de la faim qui sacrifie leur frêle santé. Dans le camp d’en face on corrompe on miroite des éventuelles postes ministérielles on avance des noms, on prépare la salle pour la signature d’un accord annoncé et vendu à l’avance. Dans mon camp on se réfugie dans le silence, pariant que l’intelligent peuple comprendra de lui-même, que le militant averti s’insurgera de sa saine et spontanée désapprobation. Dans le camp d’en face on lâche les chiens. Dans mon camp on multiplie les consignes pour décourager ou interdire (le mot n’est pas trop fort) les manifestations des militants ahuris. Dans le camp d’en face on menace.

Dans mon camp on attend imperturbablement UN RENDEZ-VOUS !

C’est alors que le couperet tombe. Le chef de l’Etat répond en personne en expliquant avec des mots on ne peux plus clair et sur une radio de grande écoute (la BBC) l’incohérence de l’opposition qui accepte les 8 sièges du parlement et qui lui refuse dans le même temps sa fonction législative par la validation d’un accord sur lequel explique t-il un consensus existe. En d’autres termes pourquoi refuser le débat parlementaire ? L’argument est plutôt subtil. Tous les regards se tournent vers l’opposition. Là encore les heures, puis les jours passent on attend. Enfin Guèdi intervient sur la même chaine, il recommence a disserté sur la fraternité ignorant les questions de plus en plus précises d’un journaliste passablement agacé et qui fini par prononcé lui-même le mot CENI pour tendre une nouvelle perche et éviter ce naufrage en direct.

Atterré, les militants de l’intérieur et de la diaspora pressent leurs dirigeants qui promettent de rectifier le tire pendant les fêtes ! Des vœux, des vœux !

Conscient, et fleurant le coup politique l’UMP fait parler ses chaines de propagandes et organise des conférences de presse pour enfoncer le clou et gagner la bataille de l’opinion jusqu’à là en faveur du camp pro changement. Gageons que l’USN qui se repose de son effort consenti pour la tenue des discours de la fête de l’Aid-El Adha réagira probablement dans le courant de ce mois. Gageons également qu’elle appellera à la responsabilité et réaffirmera sa ferme volonté d’attendre son RENDEZ-VOUS.
Au-delà de cet atermoiement et de ce progrès reculade il est une chose qui s’impose d’elle-même : la volonté de liberté des djiboutiens. Cette volonté ne peut en aucun s’assujettir à une quelconque structure aussi utile soit-elle. Elle ne peut-être l’otage et encore moins l’ascenseur des mécontents en quête d’une nouvelle virginité ! Si le « secret d’ennuyer est celui de tout dire » comme disait voltaire, il nous faudra d’abord pointer du doigt les defaults de notre embarcation pour nous éviter une noyade certaine.

J’emprofite pour réaffirmer au risque de déplaire à certain que la diaspora ne peut faire l’économie de la démocratie en comptabilisant les incohérences des injonctions émises depuis un lointain Mabraz. L’erreur est formatrice, il nous faudra tâtonner, mettre en place les structures démocratiques pour inscrire la lutte dans la durée car une démocratie ne se décrète pas, elle se pratique et se défend au quotidien. Le paternalisme doit appartenir au passé, la peur de déplaire aussi. C’est seulement à ces conditions que nous pourrons créer les conditions de la résistance qui s’annonce ardue tant la culture de la corruption qui tue et du tribalisme qui divise ont été institutionnalisé au cours de ces 37 dernières années.

Comme le dit si bien notre leader Barkat God « nous ne pouvons pas se permettre de raté la sortie de l’auto-route au risque d’attendre encore un demi-siècle avec son lot de malheur et de maladies mentales ».
C’est maintenant que nous devons le faire, demain il sera peut être trop tard.

Je vous salue.

Mahamed Robleh Bourale



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