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INTERNATIONAL

Forum sur la paix : "Les terroristes sont mieux armés que nos armées", Idriss Déby


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 12 Novembre 2019 modifié le 12 Novembre 2019 - 21:11


Forum sur la paix : "Les terroristes sont mieux armés que nos armées", Idriss Déby. © DR
Forum sur la paix : "Les terroristes sont mieux armés que nos armées", Idriss Déby. © DR
Le président de la République Idriss Déby a pris part mardi à un panel sur la sécurité au Sahel au cours du Forum sur la paix à Paris, aux côtés de ses homologues malien, Ibrahim Boubakar Keita et nigérien, Mahamadou Issoufou.

Dans ses propos, le chef de l'Etat tchadien a rappelé qu'avant 2014, "le Sahel était en paix et ne connaissait pas le terrorisme. Après la désintégration de l'Etat libyen, précisément en 2014, le Mali a été envahi par le terrorisme. Les pays du Sahel par nature sont des pays assez pauvres dont les populations, surtout dans la zone du nord sahélien, n'ont pas grand chose pour vivre, et qui ont été enrôlées dans le terrorisme."

Il a expliqué que "ce phénomène a pris des proportions inquiétantes mettant en cause la paix et la sécurité dans nos pays, et le développement puisqu'une partie importante des ressources des Etats est consacrée à la lutte contre le terrorisme".

Une menace pèse sur toute l'Afrique

Le chef de l'Etat tchadien a mis en garde contre ce phénomène qui gagne du terrain et qui est devenu une préoccupation, "pas seulement pour nos pays" mais aussi pour l'Afrique, le sud du Sahara et le sud du Sahel.

"Ce qu'il faut reconnaitre, nous avons pris des bonnes décisions, nous avons créé la force du G5 Sahel en 2014. Depuis 2014, jusqu'à nos jours, la force du G5 Sahel n'est pas du tout opérationnelle pour la simple raison que les donateurs, ceux qui ont promis de rendre la force opérationnelle, n'ont pas tenu leurs engagements vis-à-vis de cette force", a déploré Idriss Déby.

Selon lui, les Etats ont demandé également un mandat des Nations Unies sous chapitre 7 pour permettre de combattre légalement dans les pays du G5. "Ce mandat nous a été refusé jusqu'aujourd'hui. Donc, sans ressources, sans mandats, les soldats sont là, armes aux pieds. (...) Si on ne prend pas garde, ce phénomène va, dans les années à venir, gagner la frontière au sud du Sahel et ce sera plus difficile de combattre", a averti Déby.

Il a indiqué que "la lutte seulement avec les armes à la main n'est pas la seule solution" et que cette stratégie doit être "suivie du développement" à travers un programme prioritaire intérimaire pour le développement. Cependant, malgré de "bonnes intentions affichées, rien n'a été réalisé. La pauvreté gagne du terrain avec la présence de cette nébuleuse", conduisant les populations à se "donner au plus offrant".

Le changement climatique est "fortement ressenti"

Le changement climatique n'a pas été perdu de vue par Idriss Déby. Un phénomène qui se ressent fortement dans les pays sahéliens. "Aujourd'hui, quand vous regardez les météos, les villes les plus chaudes du monde sont Niamey et N'Djamena. Après les années 70, nous avons pris 2° de plus. Il n'y a pas de solution magique, les pays du G5 seuls ne peuvent pas faire face à cette nébuleuse terroriste qui prend des proportions assez grave", d'après le dirigeant tchadien.

Le Tchad qui héberge le plus grand nombre de réfugiés de l'Afrique ressent l'impact sur la société, l'économie et le social, a affirmé Déby, ajoutant que "personne ne vient nous aider."

"Avec quoi nous allons rendre opérationnel cette force du G5 Sahel ? Les terroristes sont mieux armés que nos armées, mieux équipés que nos armées", s'est offusqué le président. Idriss Déby a estimé ne pas avoir eu connaissance d'engagement "fort" dans le sens du développement, malgré des projets qui ont été élaborés. Il a évoqué une promesse de 12 milliards de Franc CFA du secrétaire général de l'ONU."mais rien n'a été fait".

Selon lui, "on n'a rien vu comme projet porteur. A ce jour, moi je n'en connais pas un seul projet qui est déjà financé par la communauté internationale, les partenaires financiers ou techniques.
C'est vrai que vous avez faits des efforts, on annonce des enveloppes, on le découvre avec vous par des annonces. (...) Au Tchad , je n'ai pas vu un seul projet financé par des bailleurs".