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INTERNATIONAL

La répression chinoise contre les musulmans du Xinjiang


Alwihda Info | Par Leigh Hartman - S.A - 14 Février 2019 modifié le 14 Février 2019 - 18:43


Des drapeaux chinois flottent au vent sur le marché dans la vieille ville de Kachgar, dans la province du Xinjiang. Photo du 6 septembre 2018. (© Thomas Peter/Reuters)
Des drapeaux chinois flottent au vent sur le marché dans la vieille ville de Kachgar, dans la province du Xinjiang. Photo du 6 septembre 2018. (© Thomas Peter/Reuters)

Les autorités chinoises interdisent complètement aux musulmans de pratiquer leur foi : ils n’ont pas le droit de jeûner pendant le ramadan et ils sont punis s’ils observent des pratiques halal, entre autres.

Les réglementations au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, interdit spécifiquement aux hommes de se laisser pousser des « barbes anormales » et aux femmes de porter un voile qui leur couvre le visage. On confisque régulièrement les tapis de prière et les Corans chez les gens, et les téléphones mobiles sont fouillés à la recherche de contenu religieux.

Dans le même temps, le gouvernement a fermé ou détruit des milliers de mosquées au Xinjiang ainsi que dans d’autres parties de la Chine.

 

« La Chine ne met pas de bémol à la persécution religieuse », a récemment dénoncé Samuel Brownback, ambassadeur itinérant du département d’État pour la liberté de religion dans le monde. « Celle-ci semble même s’étendre. »


Ceux qui enfreignent les réglementations et continuent de pratiquer l’islam prennent le risque d’être envoyés dans un camp d’internement dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Depuis avril 2017, la Chine a détenu entre 800 000 et peut-être plus de 2 millions de musulmans dans des camps d’internement, rapporte le département d’État des États-Unis.

Les survivants de ces camps déclarent que les prisonniers doivent renoncer à l’islam, sinon ils subissent des tortures et des maltraitances.

« La pire crise de non-respect des droits de l’Homme en Chine, peut-être depuis la révolution culturelle, ce sont les détentions en masse et le déploiement de technologies de surveillance sophistiquées pour réprimer les Ouïgours, les Kazakhs et d’autres groupes minoritaires musulmans au Xinjiang », a témoigné Laura Stone, du département d’État, devant le Congrès en décembre.

La sinisation de la prochaine génération


Les autorités veulent s’assurer que la prochaine génération se conformera aux traditions culturelles chinoises, et non aux traditions musulmanes. Par exemple, les jeunes de moins de 18 ans n’ont pas le droit de fréquenter une mosquée ni de recevoir une éducation religieuse à la maison. C’est tout simplement illégal.

Les parents musulmans sont mis en garde contre le fait de donner à leur nouveau-né un nom qui figure sur la liste chinoise des « noms de bébés islamiques interdits ».

Parmi les noms de garçon mis au ban : Arafat, Hüsein, Seypidin, Seypulla, Nesrulla, Shemshidin, Sadam et Mujahit. Et pour les filles : Muslime, Muhlise, Ayshe, Fatima et Hediche, rapporte Radio Free Asia.

Récemment, le gouvernement chinois a étendu cette interdiction à tous les jeunes de moins de 16 ans, ce qui a obligé les musulmans du Xinjiang à modifier l’identité de leurs enfants s’ils leur avaient donné un nom interdit à la naissance.

L’ambassadeur Brownback classe la situation des droits de l’Homme en Chine parmi « les pires au monde ».