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AFRIQUE

Les chefs de la rébellion tchadienne dénoncent une justice libyenne "instrumentalisée"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 9 Janvier 2019 modifié le 9 Janvier 2019 - 16:11


En 2012, près de Sebha, un soldat et un pick-up. Photo Anis Mili. Reuters.
En 2012, près de Sebha, un soldat et un pick-up. Photo Anis Mili. Reuters.
Certains chefs rebelles tchadiens disent avoir appris avec beaucoup de stupéfaction le mandat d'arrêt lancé par les autorités libyennes à leur encontre. Ils dénoncent une instrumentalisation de la justice libyenne à des fins politiques.

Les autorités libyennes les suspectent d'être impliqués dans des attaques contre des installations pétrolières et une base militaire en Libye, a indiqué samedi une source judiciaire. « Ce mandat d’arrêt est une farce juridique qui n’a aucun rapport avec le droit international et la vérité recherchée par les autorités libyennes. Donc, nous pensons que le régime de N’Djamena fait flèche de tout bois pour contenir et contrecarrer les éventuelles attaques contre son régime en passant par ses relais tapis dans l’ombre libyenne », a indiqué le président du Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCSMR), Mahamat Egrey Hally.

Le Front pour l’Alternance et la Concorde du Tchad(FACT) dénonce l’amalgame et la légèreté avec lequel ce mandat d’arrêt a été émis et estime qu’il s’agit d’une manipulation grossière, œuvre des tendances islamistes se disputant le leadership à Tripoli, qui cherchent avant tout à régler les comptes entre eux, a déclaré son président Mahamat Mahdi Ali. « Le FACT n'a jamais collaboré avec un belligérant libyen contre un autre. Luttant uniquement pour son objectif national, le FACT a été, à plusieurs reprises l'objet d'attentats de la part de Daesh et ses satellites. Notre combat est contre non seulement la dictature tchadienne mais aussi contre l'obscurantisme rétrograde est connu de tous ».

Le Conseil National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD) a annoncé dans un communiqué que son président Abakar Tollimi, installé depuis près d’une décennie sans interruption en France, n’est mêlé à aucune action militaire ou militaro-politique ni sur le sol Libyen, ni ailleurs. « Par conséquent, Dr Abakar Tollimi se réserve le droit d’explorer les voies et moyens juridiques et judiciaires pour être dans son juste droit de citoyen mais aussi d’opposant victime d’une instrumentalisation d’une juridiction d’un pays plongé dans le chaos et en proie à des violences entre groupes armés qui se disputent le pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Khadhafi en 2011 », a expliqué le secrétaire national chargé de la Communication et des Nouvelles Technologies de l'Information, porte-parole du CNRD, Dr Abdelsalam Kadjangaba.

Pour sa part, l’Union des Forces Démocratiques pour le Développement (UFDD) dément ce qu’elle qualifie d'accusations diffamatoires et mensongères du procureur général libyen selon lesquelles Mahamat Nouri serait mêlé à des attaques des positions des forces de sécurité ou du croissant pétrolier libyen. Le président de l’UFDD, le général, Mahamat Nouri s’est dit à la fois surpris et scandalisé d’apprendre ces diffamations sur sa personne en tant que premier responsable de ce mouvement.

Les mandats d'arrêt ont été émis à l'encontre de 22 rebelles tchadiens, neuf soudanais et six libyens, accusés d'implication dans plusieurs attaques armées contre des terminaux pétroliers dans l'est libyen en 2018 et contre la base aérienne de Tamenhant, à environ 500 km au sud de la capitale Tripoli (plus de 140 morts en mai 2017).

Selon le communiqué annonçant les mandats d'arrêt, le procureur général s'est basé sur des "communications parvenues aux organes de sécurité concernant des Libyens ayant fait appel à des éléments de l'opposition soudanaise et tchadienne" pour perpétrer ces attaques. Plusieurs chefs rebelles tchadiens seraient présents dans le sud du pays, ajoute le texte.

Parmi les six libyens visés figure l'ancien chef militaire du Groupe islamique combattant libyen (GICL) Abdelhakim Belhaj et le chef de milice Ibrahim Jadhran, dont les hommes ont attaqué des terminaux pétroliers comme ceux de Ras Lanouf et d’al-Sedra en juin. La Libye est plongée dans le chaos et meurtrie par les violences entre groupes armés rivaux depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Elle est dirigée par deux entités rivales : le gouvernement d'union nationale, reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, et un cabinet parallèle installé dans l'Est appuyé par le maréchal Khalifa Haftar.