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AFRIQUE

RDC : appel à la mobilisation pour les victimes de violences sexuelles


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 15 Juillet 2021

Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme quant au manque de soutien mis à la disposition des personnes ayant survécu à des violences sexuelles en République démocratique du Congo (RDC).


DR.
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Face à l’ampleur de ces violences et à leur impact, MSF appelle les autorités congolaises et leurs partenaires à agir au plus vite afin d‘assurer une réponse médicale, socio-économique et juridique à la hauteur des besoins constatés sur le terrain. En 2020, les équipes de MSF, en collaboration avec le ministère de la Santé, ont pris en charge près de 11 000 victimes de violences sexuelles, soit près de 30 par jour, dans six des 26 provinces de la RDC.

Les données recueillies par MSF en 2020 dressent un sombre tableau de l’état physique et psychologique des patients pris en charge pour ces violences : infections ; grossesses non désirées ; blessures physiques résultant des violences ; traumatismes psychologiques sévères, notamment chez les personnes mineures, qui représentent un cinquième des patients pris en charge par MSF en 2020. Si l’urgence est avant tout médicale, les consultations menées par MSF révèlent toutefois une problématique plus méconnue de ces violences : leur impact économique et social sur les victimes.

Suite à leur agression, beaucoup de victimes, par peur de retourner travailler aux champs ou au marché ou rejetées par leur communauté, s’enfoncent alors dans un cycle de pauvreté, mais peu de programmes de soutien économique sont disponibles pour leur venir en aide. Les lacunes identifiées par MSF dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles traduisent la faiblesse générale de la réponse aux violences basées sur le genre (VGB) dans le pays. Au cours du premier semestre 2020, les Nations-Unies estimaient ainsi qu’à peine une victime de VBG sur quatre a disposé d’une prise en charge médicale, 5% d’une assistance psychosociale, 15% pour cent d’une assistance juridique et seulement 0,5 % d’une réinsertion socio-économique.

Le rapport MSF appelle les autorités congolaises, la société civile et leurs partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour assurer une prise en charge complète et de bonne qualité des survivants de violences sexuelles (médicale, psychologique, socioéconomique et juridique). Il insiste également sur le fait que ces efforts doivent garantir un meilleur appui à toutes ces personnes, que leur agression ait eu lieu en zone de conflit ou non. En 2020, les équipes de MSF ont pris en charge 4 078 victimes de violences sexuelles dans le Nord-Kivu ; 3 278 dans le Kasaï-Central ; 1 722 dans le Maniema ; 907 dans le Sud-Kivu ; 768 en Ituri et 57 dans le Haut Katanga.