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COMMUNIQUE

République de Djibouti : Elections législatives de février 2018, l'illusion démocratique se poursuit inlassablement


Alwihda Info | Par Farah Abdillahi Miguil, Président de l'ODDH - 13 Février 2018 modifié le 13 Février 2018 - 20:21

Dans un communiqué publié ce mardi matin 13 février 2018, l'ODDH dénonce une parodie d'élections à Djibouti pour les législatives du 23 février 2018 et démontre l'impossibilité d'une élection libre et transparente faute d'institutions fortes et indépendantes.


Communiqué de presse de l'ODDH, l'Observatoire Djiboutien pour la promotion de la Démocratie et des Droits Humains

République de Djibouti : Elections législatives de février 2018, l'illusion démocratique se poursuit inlassablement
Le pouvoir en place s'apprête à organiser les élections législatives 2018 avec les clones des partis de l'opposition et ceux ou celles qui ont fait de leur carrière l'opportunisme politique et la trahison du peuple. Ces partis "autorisés" et ces champions de la transhumance politique n'ont qu'un seul objectif : faire croire à l'existence d'un pluralisme politique à Djibouti en donnant une illusion démocratique aux yeux de la communauté nationale et internationale pour faire fructifier leur fond de commerce. On ne trompe pas un peuple. L’on se trompe soi-même et la règle ne souffre d'aucune exception car l’on finit toujours par payer au prix fort sa compromission politique.

Le parti au pouvoir a fait de l'équation tribale, du mensonge et de la fraude une seconde religion. En effet, sans tirer les leçons de la plus grande crise politique de février 2013, il organise, à nouveau, un simulacre d'élections législatives dont les résultats sont connus d'avance, soit :

Ø cinq (5) ans après la crise politique sans précédent suite aux élections législatives du 22 février 2013 contestées et dénoncées par l’opposition et dont le pouvoir n’a jamais voulu publier les résultats (une 1ère dans l'histoire du pays car du jamais vu même dans les heures sombres de la colonisation);

Ø cinq (5) ans après le recul caractérisé des institutions, du droit, de la démocratie et d’une montée en puissance d’un état de non-droit s'accentuant, se banalisant au fil du temps, au détriment des règles de la justice et des libertés fondamentales, de la constitution du pays touchant sans distinction opposants, militants de l’opposition, défenseurs des droits humains, syndicalistes, simples citoyens, fonctionnaires de l’Etat, salariés du privé, … ainsi que toute personne soupçonnée d’avoir un minimum de velléité d’indépendance et de dignité;

Ø trois (3) ans et deux (2) mois après l'accord-cadre mort-né signé entre le pouvoir et l'USN ( Ex collation de l’opposition) le 30 décembre 2014;

Ø deux (2) an et deux (2) mois après le massacre du 21 décembre 2015 dans la banlieue de Balballa et plus exactement dans la favela de Buldhuquo. D'ailleurs, les organisations des droits humains ainsi que les djiboutiens attendent toujours l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale pour faire la lumière sur ce massacre.

Un exemple de l'absurdité de l'organisation de ces élections et de la frilosité du pouvoir en place pour des élections qui n'ont aucun enjeu vu le boycott des véritables partis de l'opposition est de mettre à la tête de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) le directeur de cabinet du 1er ministre, chef de file du parti au pouvoir.

A Djibouti, l’absence d’institutions fortes et indépendantes, l'impossibilité d'élections libres et transparentes et la déficience d’une société civile libre et indépendante, restent et resteront un obstacle majeur pour le développement harmonieux de cette république encore sous le joug du même parti unique depuis plus de 40 ans. La politique du faux habillage et du vernis nous conduit et nous conduira certainement vers une impasse. Ne rien faire est un suicide collectif. Une prise de conscience collectif de la communauté djiboutienne est impérative pour que notre pays ne sombre pas dans le chaos.

L’ODDH appelle au pouvoir public à une prise de conscience de la gravité de la situation en mettant fin à la politique du colmatage et du clonage.

L’ODDH réitère son appel à l’ouverture d’un dialogue politique sans exclusive, respectueux et équitable pour la mise en place des reformes démocratiques d’un véritable état de droit.

L’ODDH appelle à la Communauté Internationale et à tous les citoyens Djiboutiens à œuvrer en faveur d'une société démocratique et pacifique, dans laquelle les droits humains seront respectés.

L’ODDH recommande au pouvoir de se conformer aux normes internationales ratifiées par Djibouti, aux dispositions constitutionnelles relatives à la protection des citoyens, au respect des libertés fondamentales, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice
Farah Abdillahi Miguil
Président de l'ODDH