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Syrie: L’Otan veut répéter le scenario de la Libye


Alwihda Info | Par - 22 Mars 2013 modifié le 22 Mars 2013 - 02:09

Comme en Libye en 2011, les forces de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (Otan) pourraient officiellement entrer en scène en Syrie.
Selon le commandant en chef de l’Otan en Europe l’amiral James Stavridis, les troupes de l’Otan sont prêtes à mener si nécessaire une opération semblable à celle effectuée en Libye en 2011.


Cette déclaration a été faite mardi devant la commission des forces armées du sénat américain. Le commandant James Stavridis a déclaré ce qui suit : «Comme nous le savons tous, la situation en Syrie se dégrade : 70. 000 morts, un million de réfugiés et près de 2, 5 million de déplacés à l’intérieur du pays. Pour le moment, aucune issue à cette brutale guerre civile n’est en vue. Pour toutes ces raisons, l’Alliance a pris la décision de suivre la même séquence que pour la Libye », a-t-il précisé. Il a même rappelé qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, un soutien des pays de la région et le feu vert des 28 pays membres de l’Otan avaient précédé l’intervention militaire en Libye.

Un large éventail d’opérations possibles

Intervention militaire qui avait débouché, on s’en souvient non seulement sur la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi le 23 août 2011, mais sur l’assassinat de ce dernier près de Syrte, sa ville natale le jeudi 20 octobre 2011. L’annonce de la mort de Mouammar Kadhafi et de la chute de Syrte qui lui était restée fidèle jusqu'au bout marquait le dernier épisode du règne de Mouammar Kadhafi. Le commandant des troupes de l’Otan en Europe est clair : « Nous sommes pour le moment concentrés sur la protection de la frontière (turco-syrienne). A cette fin, des batteries de missiles sol-air Patriot y ont été déployées. Nous examinons un large éventail d’opérations possibles et sommes prêts à intervenir si une décision appropriée est prise, comme cela a été le cas en Libye », a-t-il ajouté.
Le 17 mars 2011, par sa résolution 1973, le Conseil de sécurité de l’Onu avait autorisé les troupes de l’Otan à intervenir en Libye « pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque ». Le 19 mars 2011, après l'adoption de la résolution 1973 de l'Onu autorisant le recours à la force pour protéger les civils, la France envoyait ses Mirages et ses Rafales bombarder les chars pros-Kadhafi au portes de Benghazi. Le même jour, les Britanniques et les Américains détruisaient les bunkers et les centres de communications des forces loyalistes. En avril 2011, la France avait envoyé une dizaine de conseillers militaires techniques auprès du Cnt à Benghazi. Fin avril 2011, l'armée américaine avait offert des drones équipés de missiles pour s'attaquer aux troupes gouvernementales libyennes. De son entrée dans le conflit libyen le 31 mars 2011 jusqu’à l’assassinat de Mouammar Kadhafi le 20 octobre 2011, l’Otan avait participé activement à la chute du régime libyen en engageant des moyens importants pour soutenir les forces du Conseil national de transition (Cnt). Un rôle très controversé alors que la mission de l'Otan était uniquement de protéger les populations civiles.

Bachar al-Assad bientôt assassiné comme Kadhafi ?

Dans la matinée du jeudi 20 octobre 2011, jour de l’assassinat de Mouammar Kadhafi, des bombardiers de l’Otan avaient attaqué un convoi militaire des forces de Mouammar Kadhafi. Ils avaient frappé deux véhicules qui en faisaient partie dans les environs de Syrte. L’Otan s'était abstenue de confirmer que Mouammar Kadhafi avait été touché. C'est de la France qu’étaient venues des précisions. D'après le ministre de la Défense de l’époque Gérard Longuet, c'est l'aviation française qui avait stoppé le convoi de Mouammar Kadhafi. Lors d'une conférence de presse qu'il tenait à son ministère, Gérard Longuet avait déclaré que le convoi, composé de plusieurs dizaines de véhicules « a été stoppé dans sa progression alors qu'il cherchait à fuir Syrte, vraisemblablement pour Bani Walid, mais n'a pas été détruit par l'intervention française».
Un peu plus tard, le ministre français de la défense était revenu sur ses déclarations en précisant qu'il y avait «au moins un avion français» dans l'unité qui avait mené l'assaut aérien. L’Alliance atlantique avait réclamé à maintes reprises le départ de Mouammar Kadhafi alors que cela ne figurait pas dans son mandat. Sa mission de protection des populations civiles libyennes avait plutôt pris la forme d’un soutien actif de la défense des insurgés. Ce sont les avions de l’Otan, un mirage français et un drone américain qui avaient stoppé le convoi de Mouammar Kadhafi et permis aux insurgés de mettre la main sur l’ancien Guide libyen. Alors que son rôle était de protéger les populations civiles et non pas de soutenir la rébellion, l’Otan a joué un rôle décisif dans la chute et l’assassinat de Mouammar Kadhafi. L’Otan ne cache plus son intention d’éliminer le président syrien Bachar al-Assad.
NouvelObs
Écrit par E.K.K.