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ANALYSE

Tchad : Doba, la ville qui n'a pas bénéficié de la manne pétrolière


Alwihda Info | Par Martin Hidgé Ndouba - 23 Août 2021

18 ans après l’exploitation du pétrole au Logone Oriental, la ville de Doba est loin de présenter le visage du chef-lieu d'une province pétrolière.


Fondée en 1934 par la mission Catholique Saint Thérèse de l’Enfant Jésus, Doba est le chef-lieu de la province du Logone Oriental dans le département de la Pendé. La ville compte plusieurs structures d’enseignement primaires et secondaires, un lycée et une université. La commune de Doba compte quatre arrondissements subdivisés en cinq quartiers chacun.

Avant l’exploitation du pétrole en 2002, l’économie était basée sur la pêche et l’agriculture. Ce domaine d’agriculture a fait de Doba l’une des localités du sud qui a la capacité de forte production de fruits, surtout les mangues. Aujourd’hui avec l’exploitation du pétrole, tout tourne en rond. La ville a perdu sa capacité de production de fruits, particulièrement les mangues.

Le manque d’activités génératrices de revenus conduit certains jeunes de ladite localité à embrasser le phénomène de l’exode rural à la recherche d’une vie meilleure, rendant les activités agricoles faibles car ils sont une main-œuvre valide. D'autres ont sombré dans l’alcoolisme, croyant avoir tout perdu.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la ville de Doba n’a pas de voies urbaines bitumées. Elle est juste traversée par la route nationale. Cette capitale de l'or noire ne dispose pas d’aéroport ni de lieu d’hébergement digne de ce nom pour accueillir des voyageurs.

L’accès à l’eau et l’électricité n’est pas à décrire car l’exploitation du pétrole semble avoir tout ravagé sur son passage. Tout ceci prouve la mauvaise politique de redistribution des revenus pétroliers. La gestion des 5% destinés à la région est confiée à des personnes de mauvaise foi qui n’ont aucun plan de développement. Sinon, comment comprendre que 18 ans après l’exploitation du pétrole, la ville de Doba ressemble à un gros village. Et pourtant, elle regorge d’énormes ressources et richesses naturelles, sans compte ses filles et fils qui sont dans les institutions privées et publiques.

Le plus étonnant, le défunt Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno a plusieurs fois visité la province du Logone Oriental dont la manne est l’une des sources de développement de plusieurs localités du pays. Selon les ressortissants de Doba, l’exploitation du pétrole est considérée comme une malédiction car une liste de doléances a été adressée au défunt MIDI mais est restée lettre morte. Logiquement, la gestion des 5% doit faire l’objet d’une sérieuse discussion afin que les jeunes de Doba puissent jouir de la manne pétrolière.