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REPORTAGE

Tchad : La poterie comme activité génératrice de revenus


Alwihda Info | Par Tchonchimbo Ouapi Raphaël - 30 Avril 2021

L'artisanat est une activité répandue sur toute l'étendue du territoire national tchadien. Et la poterie peut réduire le chômage, si elle bénéficie d’appuis du ministère de la Culture et de l'Artisanat.


C'est l'une des activités des Sao après la culture, la pêche et la chasse. La poterie a pour siège N'djaména, au camp de Gawi, un village situé à la sortie nord-est de la capitale tchadienne. Cette activité artisanale attire peu de personnes, car avec l'arrivée de la civilisation occidentale, l'on ne lui accorde presque plus d'importance, alors que cela fait la richesse culturelle et artistique du Tchad, sur la scène internationale.

La perception par la population
Cependant, la poterie est une activité de rente peu valorisée. Elle est délaissée aux femmes âgées le plus souvent. Pourtant, elle occupait un grand nombre de personnes auparavant, à travers les ustensiles de cuisine comme les marmites, jarres et calebasses. C’est pourquoi les recherches archéologiques ont démontré que dans l'histoire, les Sao faisaient usage de la grande jarre comme cercueil. La poterie intéressait chaque génération, siècle après siècle, décennie après décennie, jusqu'à nos jours.

Avec l'évolution du temps, et le changement de la mentalité, surtout avec l'arrivée de l’homme Blanc et l'âge de fer, les yeux se tournant vers les ustensiles en fer bien, la poterie s’exerce de manière plus attrayante. Aujourd'hui, avec l'avancée de la technologie qui procure des différentes sortes de jarres (glacière, réfrigérateur, congélateur), la civilisation occidentale a pris place dans la vie quotidienne actuelle, rendant les produits de l'artisanat indésirables. L'artisanat est une activité répandue sur toute l'étendue du territoire national tchadien. Bien que moins attrayants, ces produits sont visibles sur les marchés des différentes localités, en province comme dans la capitale.

C’est pourquoi, lors d'un passage, ces objets d'art ont créé l'engouement des populations pendant cette canicule. À Ndjari, dans le 8ème arrondissement de la capitale, près du rond-point Hamama, lors d'un passage en plein soleil, l’on peut découvrir plusieurs objets comme des jarres, des vases, des marmites, des tasses et bien d'autres ustensiles, selon la grandeur et la qualité. Ils sont exposés au soleil et sur des fers forgés. Ces produits sont commercialisés, transportés et vendus dans les différents marchés de N'djaména. Venus de Gawi, la plupart ces ustensiles coûtent entre 10 000 et 5 000 FCFA l’unité. Les produits de la poterie n'ont pas besoin d'énergie pour fonctionner.

Dans ce petit marché, ce sont les femmes et les hommes qui se bousculent. Hawa, une vendeuse rencontrée, parle de son activité quotidienne : « je vends ces objets d'art depuis mon enfance avec ma mère. Maintenant, c'est moi la patronne, car ma mère est fatiguée. Elle part à Gawi chercher ces objets et c'est moi qui s'occupe de la vente. Il y a de la clientèle, mais avec la situation sociopolitique du pays, ce n'est plus comme avant, tout de même les gens viennent s’en procurer ». Un père de famille venu acheter dit ceci : « j'aime la jarre plus que le frigo, car elle n'a pas besoin d'énergie. Je trouve ça mieux, l'électricité n'est pas disponible depuis deux-trois jours... » Halimé et son amie, toutes deux en tenue du lycée, sont venues chercher quelques ustensiles pour faire brûler les" doucane" (parfums) et avoir une bonne odeur de la chambre.

Comment la valoriser ce secteur ?
Le gouvernement, à travers le ministère de la Culture et de l'Artisanat, doit appuyer et encourager les potiers et potières dans leur activité, en organisant chaque année des évènements culturels et artistiques autour de ce secteur qui n'est pas développé et valorisé. Il faut rappeler que l'événement culturel qu'a organisé l'artiste Maondowé Célestin, dénommé "Au Nom de l'art" et célébré le 27 mars dernier, a connu la participation de ces femmes qui entreprennent dans la poterie. Et cet événement a drainé une foule immense ce jour-là à Gawi.

L'art c'est l'identité du Tchad, car cela fait véhiculer sa notoriété sur la scène internationale au cours des expositions, des foires et d'autres festivals. La poterie doit être encouragée, car elle est l'une des sources de revenus économiques de nos ancêtres les Sao, ces grands hommes du passé. La poterie peut réduire le chômage si elle bénéficie d’appuis par le patron du département de la Culture et de l'Artisanat.