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REPORTAGE

Tchad : à Gaoui, des conditions de vie précaires pour les réfugiés


Alwihda Info | Par Abakar Chérif Hamid - 26 Novembre 2019 modifié le 26 Novembre 2019 - 13:34


Tchad : à Gaoui, des conditions de vie précaires pour les réfugiés. © DR/VOA/Capture d'écran
Tchad : à Gaoui, des conditions de vie précaires pour les réfugiés. © DR/VOA/Capture d'écran
Au site de Gaoui, situé à 5 km du centre-ville de N'Djamena, de nombreux retournés tchadiens de la crise centrafricaine vivent dans des conditions précaires. Dans le camp des retournés, plusieurs activités commerciales sont gérées par des femmes afin de générer des recettes et subvenir aux besoins élémentaires. 

Sous des hangars, les femmes étalent différentes sortes de marchandises constituées essentiellement de denrées alimentaires de première nécessité.

Ces retournés sont abandonnés à leur triste sort et déplorent l'absence d'une structure sanitaire pouvant venir à leur rescousse, d'autant plus qu'en cette saison, le paludisme fait des ravages et terrasse de les réfugiés. En effet, dans le camp de réfugiés, le taux de paludisme est le plus élevé de la capitale avec 32%.

"Nous avons beaucoup de difficultés, notamment le problème de la santé qui se traduit par le manque d'hygiène, les moustiques qui provoquent le paludisme, la question du logement qui est le problème le plus pertinent, et le manque de financement de la part des ONG. Cela nous préoccupe beaucoup", explique à Alwihda Info le représentant des retournés de la Centrafrique, Adam Oumar Abdoulaye, la soixantaine, vêtu d'un boubou blanc, cigarette à la main.

"Nous n'avons pas de cliniques médicales. Depuis cinq ans, sauf les personnes de bonne volonté nous aident afin que nous ayons une bonne santé. Nous avons des diplomés chimères, si nous ne les cadrons pas, la situation sera grave. Le manque de nourriture est notre problème crucial. Il n'y a pas de nourriture, pas de traitements et même pas de travail depuis 2015", ajoute-t-il.

En cas d'accouchement, les femmes n'ont pas les moyens de se rendre à l'hôpital pour une prise en charge. Les accouchements se font donc parfois dans les abris de fortune.

Les retournés ressentent un abandon des populations locales avec qui les tensions ont quelques fois été vives. Selon Adam Oumar Abdoulaye, "la mairie n'a jamais donné une place pour les retournés de la Centrafrique. C'est pour celà qu'il y a eu une bataille entre la population locale et les personnes retournées, ayant fait huit blessés et conduit à l'arrestation de neuf personnes. Le chef de carré a créé un réseau de taxation des retournés centrafricains".

En matière d'éducation, la situation est également critique sachant que l'école de Gaouï n'a pas les moyens matériels et techniques pour accueillir dans des conditions décentes les élèves. "Le directeur de l'école nous a fait part du manque d'enseignants et du problème des tables bancs. Les élèves sont tenus de rester sur les nattes. Les enseignants sont mal payés et la tenue scolaire n'existe pas. Selon le directeur des études, les difficultés matérielles des enseignants sont fréquentes", explique le représentant des retournés de la Centrafrique.

Le Tchad accueille plus de 600.000 personnes déplacées ayant un besoin d'assistance : des réfugiés du Soudan, de la Centrafrique et du Nigeria ; des rapatriés tchadiens de la Centrafrique et des personnes déplacées à cause de l'insécurité dans la zone du Lac.

Le Gouvernement et de nombreux organismes tentent de venir en aide à toutes ces personnes, à l'exemple du Programme alimentaire mondial (PAM) -présent au Tchad depuis 1969- qui fournit une aide alimentaire et nutritionnelle aux réfugiés soudanais, centrafricains et nigérians, aux rapatriés tchadiens de République centrafricaine et du Nigéria, aux personnes déplacées à l'intérieur du Lac Tchad et aux communautés vulnérables du Sahel. Le PAM aide également les femmes et les hommes à accroître leur autonomie, contribuant ainsi à la cohabitation pacifique des communautés. Pour aider les populations touchées, y compris les communautés d'accueil, il cherche progressivement à passer aux interventions visant à renforcer la résilience.