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REPORTAGE

Tchad : avec l'arrêt des cours, l'inquiétude grandit pour les élèves et étudiants


Alwihda Info | Par Djibrine Haïdar - 9 Avril 2020


Des bancs entassés dans un établissement de N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Des bancs entassés dans un établissement de N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Les établissements sont officiellement fermés depuis 21 jours au Tchad. Cette mesure prise par les autorités pour faire face à la pandémie du Covid-19 est vécue difficilement par les élèves et étudiants.

Dans des établissements de la ville de N'Djamena, les tables bancs sont rangés les uns sur les autres pour éviter des dégradations. C'est un silence total qui règne, compte tenu de l'absence des élèves.

Pourtant, certains jeunes en classe de terminale continuent à s'entrainer, en gardant espoir de passer les épreuves du baccalauréat dans les prochains mois. C'est le cas de Mariam et Sylvain rencontrés dans un établissement du 7ème arrondissement.

Ils paraissent peu convaincus par l'idée de faire des cours en ligne ou de les suivre à la télévision. "Même si le cours est fait à la télévision, comment allons-nous composer ?", s'interroge Sylvain.

Certains élèves et étudiants ont laissé leurs parents dans les villages pour venir étudier à N'Djamena. Habituellement, ils sont nombreux à se débrouiller avec de petites activités pour financer leurs études et aider la famille. Toutefois, les mesures restrictives justifiées par le risque sanitaire ont tout bloqué.

Un vendeur de fruits et légumes à N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Un vendeur de fruits et légumes à N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Des mesures jugées efficaces

Adoum, un étudiant, estime que cet arrêt brusque peut avoir d'autres conséquences. "Tout arrêter sans penser à une stratégie, c'est le risque que certains deviennent des braqueurs, des agresseurs et que sais-je. Parce que les mesures que l'État a instaurées jouent beaucoup sur la vie au quotidien", observe-t-il. A l'exemple de cet élève qui a été présenté hier par la police, arrêté avec son complice pour avoir porté un faux uniforme militaire afin d'escroquer les citoyens.

Adoum juge toutefois ces mesures importantes car elles permettent d'éviter la propagation du Covid-19 mais aussi de parer à "certaines mauvaises habitudes des élèves et étudiants" qui pourraient encourager la contamination.

A ce jour, le Tchad compte huit cas actifs, deux guéris et zéro décès. Adoum souligne qu'en réagissant très rapidement avec une série de mesures durs mais nécessaires, les autorités sanitaires ont probablement sauvé la vie de nombreux citoyens. Il se dit soulagé que le Tchad soit aujourd'hui l'un des pays les moins touchés au monde mais préconise toutefois une extrême prudence.

Des femmes balaient la rue à N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Des femmes balaient la rue à N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Des parents inquiets

Du côté des parents, l'on s'inquiète de la charge que peuvent représenter les enfants qui sont à la maison pendant une durée indéterminée.

Pour alléger la charge des ménages, le secrétaire national du parti Convention pour la démocratie et le fédéralisme, Noubatessem Jonathan, a proposé mercredi "d'assister financièrement les couches socio-économiques vulnérables du fait du gel de leurs sources de revenus, de fournir l'eau et l'électricité 24h/24 tout en réduisant le coût de consommation, et de subventionner les produits de première nécessité". 

Des propositions ont également été faites par le secrétaire général du PLD, Mahamat Ahmad Alhabo. Il suggère de réduire le temps de travail des agents de la fonction publique de 8h00 à 13h00 ; d'accorder une prime de crise à tous les fonctionnaires ; de prendre en charge, pendant 3 mois, les factures d’eau et d’électricité de tous les abonnés ; et d'apporter une aide alimentaire aux personnes à faible revenu.