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ANALYSE

Tchad : d'énormes défis pour une agriculture moderne


Alwihda Info | Par Abba Issa - 2 Juin 2020


Tchad : L’Etat doit miser plus sur l’agriculture et venir en aide à la population pour booster ce secteur: ©️ Abba Issa/Alwihda Info
Tchad : L’Etat doit miser plus sur l’agriculture et venir en aide à la population pour booster ce secteur: ©️ Abba Issa/Alwihda Info
Le Tchad est un pays de la sous-région d'Afrique centrale qui compte plus de 14 millions d'âmes répandues sur une superficie de 1.284.000 km2. L'économie du Tchad repose sur l'agriculture et l'élevage, bien avant l'exploitation du premier gisement de pétrole en 2003.

Ainsi, 80% de la population tchadienne exerce l’agriculture, avec une tranche d'âge très jeune qui varie de 25 à 30 ans.

De la première République jusqu'à la IVe République, aucun Président n'a laissé de côté la question de la terre nourricière malgré nos richesses de sous-sol.

Le Tchad dispose des terres arables et bien d'autres types de sols adaptables à certaines cultures. Il suffit juste d'investir dans ce secteur agricole pour rehausser l'économie du pays, mais aussi et surtout, subvenir aux besoins du peuple tchadien en matière des rations alimentaires bien appropriées, comme d'autres pays de la sous-région d'Afrique.

La tranche d'âge majoritairement jeune constitue un atout majeur voire favorable pour booster l'économie, mais hélas ces bras valides laissent les parents au village pour se rendre en ville (exode rural), espérant avoir beaucoup d'argent.

Le gouvernement du Tchad doit prendre ses responsabilités en donnant des fonds de départ aux jeunes pour se lancer dans ce secteur agricole. Pour ce faire, la question cruciale se situe sur la gestion des tracteurs mis à la disposition de l'ANADER au profit du monde rural.

Tchad : L’Etat doit miser plus sur l’agriculture et venir en aide à la population pour booster ce secteur: ©️ Abba Issa/Alwihda Info
Tchad : L’Etat doit miser plus sur l’agriculture et venir en aide à la population pour booster ce secteur: ©️ Abba Issa/Alwihda Info
À l'approche de la saison pluvieuse, ces engins sont presque ou totalement dans les mains des riches, qui travaillent dans leurs espaces cultivables. Par contre, la population laborieuse démunie est délaissée à son triste sort. Sauf pour certaines personnes qui n’ont accès que pour quelques hectares selon les moyens dont-ils disposent.

Parfois pour y avoir accès, il faut préalablement écrire ou demander pendant une longue période pour figurer parmi les demandeurs.

L’État doit mettre à la disposition de la population laborieuse du monde rural les tracteurs en location ou permettre l'achat à moindre coût afin que chaque citoyen tchadien y ait accès. Ce qui permettra d'alléger un peu la souffrance des bœufs d'attelages et permettre ainsi une fluidité dans le travail.

Malgré la bonne pluviométrie dans certaines provinces et le contraire dans d'autres contrées du pays, cela n'exclut pas la culture de contre saison.

Dans la province du Ouaddaï par exemple, malgré la faible pluviométrie, la population pratique la culture maraîchère autour des réserves d'eau, des ouadis, avec les variétés telles que l'oignon, l'ail, la pastèque, la canne à sucre, les légumes et bien d'autres.

Le ministère en charge de l'agriculture doit lancer des commandes d'intrants en grande quantité et à moindre coût pour la population. La disponibilité de ces intrants sur toute l'étendue du territoire national s'avère nécessaire pour éviter les ennemis de la culture et avoir une bonne récolte.

Le Gouvernement met des milliards dans ce secteur chaque année, mais les responsables en charge de la gestion de ces fonds mettent à terre l'effort de l'État. Nul ne peut dire le contraire, plusieurs tracteurs sont tombés en panne, d'autres devenus comme des pièces détachées, ou détournés à des usages exclusivement privés.

Il serait judicieux que la population tchadienne prenne conscience de la gestion de la chose publique qui est en effet le fruit du contribuable tchadien. Le suivi-évaluation doit être de rigueur par les services de contrôle déconcentrés de l'État.

L'intégration en masse des diplômés des écoles d'agronomie qui s’avère primordial d’ailleurs, permettra en outre de se passer de l'agriculture traditionnelle moins productive à l'agriculture moderne, et par cette même occasion de rehausser l'économie du pays.