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REPORTAGE

Tchad : des commerçantes déguerpies face à un dur quotidien à N'Djamena


Alwihda Info | Par Tchonchimbo Ouapi Raphaël - 10 Juillet 2021


Chassées de leur emplacement habituel tout au long de la voie goudronnée à l'entrée Sud du grand marché à la suite d’une décision de la mairie, des femmes vendeuses de légumes se cachent pour écouler leurs marchandises. Désormais, c'est dans les rues 374 et 2.0276, au 3ème arrondissement de N'Djamena, que les légumes se vendent discrètement. Ils sont étalés à même le sol sur des sacs et bâches.

Ces commerçantes, mères au foyer, s'accrochent à ces activités de vente pour subvenir aux besoins de leurs familles respectives. Des agents municipaux montent la garde près des lieux. Certaines vendeuses ont trouvé refuge devant les magasins d'un particulier. Moyennant le paiement d'une somme au quotidien, elles sont autorisées à s'installer. 

"On ne sait quoi faire, nous sommes dépassées par la mesure prise par le maire. Maintenant, nous nous sommes convenu avec le patron de ce magasin, chacune de nous paye 500 Fcfa à la fin de la journée", explique une vendeuse.

Leurs activités peinent toutefois à reprendre un rythme habituel. "Actuellement ça ne marche pas parce que les clients ne nous retrouvent pas. Ils ne savent pas où est ce que nous sommes passées", dit-elle.

Si certaines vendeuses ont trouvé un lieu de vente quelque part, ce n'est le cas pour d'autres femmes. Amné Alifa est une vendeuse et mère de deux enfants. Elle déplore les agissements de la police municipale. "Ce n'est pas raisonnable parce qu'on a été brusquées sans qu'on nous trouve un autre espace de vente. La mairie doit venir constater nos conditions de vie pour voir nos souffrances. Mon mari est au chômage malgré son diplôme. C'est avec le commerce que je prends en charge le foyer. Je ne peux pas aller dans la rue me prostituer car ce serait un mauvais exemple pour mes enfants", affirme Amné.

Plus loin, un autre groupe de femmes installé devant le chef de carré saisit l'occasion pour exprimer sa désapprobation : "Que le maire nous trouve rapidement un espace car c'est grâce à ce travail qu'on survit. Là où nous sommes, c'est la devanture des gens. Et à notre place habituelle, la mairie nous renvoie. Même d'autres vendeuses viennent récupérer des légumes avec nous pour les vendre à proximité du marché Dombolo dans le 6ème arrondissement".

Un client suggère à la mairie de revoir sa stratégie en aménageant des espaces de vente modernes car derrière ces femmes vendeuses, il y a plusieurs bouches à nourrir.