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Tchad : "dorénavant, toute dépense inéligible va requérir le remboursement systématique"


Alwihda Info | Par Djibrine Haïdar - 4 Octobre 2019 modifié le 4 Octobre 2019 - 06:26



Tchad : "dorénavant, toute dépense inéligible va requérir le remboursement systématique", ministre Issa Doubragne. © Alwihda Info
Tchad : "dorénavant, toute dépense inéligible va requérir le remboursement systématique", ministre Issa Doubragne. © Alwihda Info
Le ministre de l’Economie et de la Planification du développement, Issa Doubragne, a indiqué mercredi, au cours de la revue conjointe avec la Banque mondiale de la performance du portefeuille finances au Tchad, que le pays a fait « un peu de progrès qui doivent nous encourager encore à faire davantage », en réaction à la déclaration du représentant de la Banque mondiale, François Namkobogo qui a appelé à ne pas « dormir sur les lauriers ».

« On a encore innové en demandant la participation directe des partenaires pour le suivi-évaluation. Sur cette question, le dialogue est en cours et nous estimons que nous allons trouver une solution pour permettre de manière concertée et ordonnée, de réaliser des projets et de donner satisfaction à nos populations mais aussi que la célérité et la qualité des dépenses permettent au Tchad de changer de statut. Ce que je dis est ce que je pense », a indiqué Issa Doubragne.

Le ministre a réitéré au représentant de la Banque mondiale sa disponibilité à endosser les propositions d’amélioration de l’efficacité de l’action gouvernementale. 

« Bientôt, nous allons faire une grande réunion sur le climat des affaires. Les préparatifs sont en cours. Nous avons déjà fait les réformes statistiques, vous, vous souvenez. Nous allons bientôt organiser le recensement général de la population couplé à l’agriculture. Nous sommes entrain d’améliorer le Code des marchés publics dont vous parlez », a énuméré le ministre.

Selon lui, « il ne faut pas, comme vous l’avez dit, dormir sur nos lauriers. Nous n’allons pas non plus reconnaitre que nous avons fait un peu de progrès qui doivent nous encourager encore à faire davantage. (…) On ne peut pas se satisfaire de la taille des engagements inactifs. Il faut se satisfaire des résultats que la mis en oeuvre de ces ressources permettent d’obtenir. »

« Les résultats sont encore faibles »

D’après le ministre Issa Doubragne, « on a fait beaucoup d’efforts avec l’ensemble des acteurs impliqués pour élever la qualité du service donné à nos populations. Il n’en demeure pas moins de reconnaitre et de le dire que les résultats sont encore faibles, tant du point de vue de la qualité que du point de vue performance. Le niveau de décaissement a beau être élevé, mais si tant sur le terrain les résultats ne sont pas à la hauteur, nous n’aurions fait que cet exercice de verre à moitié vide et à moitié plein. Or, moi je voudrais d’un verre plein. »

« Ça serait exigeant puisque c’est notre responsabilité au gouvernement de nous assurer que les ressources déployées sont utilisées à de bonnes fins et que aussi l’exigence tant du point de vue des capacités humaines qui doivent être en charge de produire ces missions, que de l’identification des activités des actions à financer, la réalisation de ces actions, leur suivi-évaluation et le rapportage qui doit être fait devraient en respecter les procédures. C’est de là que viennent tous nos problèmes, les inéligibilités. Je venais de consulter ce matin une liste d’inéligibilités qui avoisine un milliard, composée d’une partie de ressources à justifier et d’une partie de ressources déjà calées qui ne sont pas biens utilisées et qui doivent être remboursées », a ajouté le ministre.

Remboursement systématique de toute dépense inéligible

Le ministre a informé que « dorénavant, toute dépense inéligible va requérir le remboursement systématique et immédiat de l’unité de gestion en charge de la mise en oeuvre de ce projet parce que ces financements sont remboursés par le Trésor public. Ces financements alourdissent le niveau d’endettement qu’on a déjà. Or, il ne s’agir pas d’alourdir le niveau d’endettement. C’est plutôt de le décharger. Si même il est fait, il faut que ça soit justifié ».

Selon lui, il a été constaté dans l’analyse faite que les inéligibilités sont impersonnelles, elles n’incombent à personne. « Les unités en charge de les justifier peut être ne le font pas assez et les équipes en charge de connaitre ces justificatifs ne répondent pas en temps utile. La célérité dans les réponses tant du côté des unités de gestion mais aussi des ministères sectoriels en charge de ces questions directement mais aussi du côté de la Banque mondiale, tous les acteurs concernés devraient connaitre davantage de célérité pour que nous puissions cerner les problèmes qui se posent à l’avancement que nous attendons. »

S’agissant des impacts très faibles des investissements sur le terrain, le ministre a assuré qu’il y a encore du chemin à faire, notamment dans le suivi-évaluation, d’où la mise en place d’une direction au sein du ministère, et la réforme de la statistique, « secret de la bonne gestion des projets sur le terrain » car en l’absence de « bonne données, on risque de cerner un faux problème ».



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