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REPORTAGE

Tchad : faut-il rouvrir les classes avec des effectifs réduits et alternés ?


Alwihda Info | Par Malick Mahamat - 24 Avril 2020


Une salle de classe dans le 7ème arrondissement de N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Une salle de classe dans le 7ème arrondissement de N'Djamena. © Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Au Tchad, la suspension des cours est l'une des premières conséquences de la propagation mondiale de la pandémie de Covid-19. Depuis le 20 mars dernier, élèves et étudiants sont à la maison, dans la grande attente d'une solution tendant à la réouverture des salles de cours pour terminer l'année académique. En parallèle, des solutions alternatives se mettent en place mais peinent à convaincre tout le monde, eu égard notamment aux difficultés d'accès à l'électricité et à internet.

Si une commission ministérielle a déjà été mise en place il y a quelques jours pour se pencher sur les conditions de la réouverture des classes, chacun y va du sien pour proposer une solution. Faut-il envisager une réouverture avec des effectifs réduits et alternés du matin au soir ? C'est ce que défend Toguellah Nanemadji, un enseignant sociologue, qui propose au Gouvernement de revoir cette mesure de fermeture.

Il estime qu'il faut diviser les classes et répartir les élèves en petits groupes. Certains viendront le matin, d'autres l'après-midi ou encore en soirée. Car face aux cours à distance, Toguellah Nanemadji ne cache pas son inquiétude pour les élèves qui se trouvent en province. "C'est une préoccupation", admet-il.

"Par exemple, dans certaines classes, s'il y a habituellement 60 élèves, on peut prendre un quota de 30 ou beaucoup moins et subdiviser, en tenant compte de la distanciation entre élèves et avec le professeur", explique Toguellah Nanemadji qui donne des cours à domicile à ses enfants en cette période.

Si cette idée semble être accueillie favorablement par quelques élèves interrogés, à la condition de "rendre obligatoire les masques et le lavage des mains à l'entrée des salles", elle suscite la désapprobation de certains parents qui ne souhaitent pas prendre de risques et préfèrent s'en tenir aux mesures édictées. "Un mois sans cours et sans sortir, c'est une charge supplémentaire pour les parents, ça devient très difficile aussi pour les enfants", admet Alladjim, mais le manque de discipline des plus jeunes pourrait être fatale soutient-il, sachant que certains pays évoquent une seconde vague de la pandémie de Covid-19 après des levées de mesures de restriction.

Du côté de l'OMS, le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus prévient que "sans cohésion mondiale, le pire est encore devant nous".

En attendant, les yeux sont rivés vers la commission technique de réouverture des écoles qui est chargée notamment d'élaborer des scénarios de reprises d'enseignement et d'apprentissage dans les établissements scolaires de cycle fondamental et secondaire ; d'évaluer les degrés d'exécution des programmes et volumes horaires réalisés ; et de déterminer les délais complémentaires afin de valider l'année scolaire.