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TCHAD

Tchad : l'axe Abéché-Adré épargné de la fermeture des frontières


Alwihda Info | Par Hamid Mahamat I. - 19 Août 2019 modifié le 19 Août 2019 - 13:23



Vue de la ville d'Abéché. Illustration. © Alwihda Info
Vue de la ville d'Abéché. Illustration. © Alwihda Info
Des mesures extrêmement fortes ont été prises dimanche par le président de la République Idriss Déby Itno afin de mettre fin aux conflits inter-communautaires qui ensanglantent le Ouaddaï et le Sila, parmi lesquelles la fermeture des frontières avec le Soudan et surtout, ce qui reste encore assez flou, l'autorisation donnée aux forces armées "d'ouvrir le feu contre les belligérants en cas de récidive ou provocation".

Cette dernière mesure semble très dangereuse car elle pourrait parfois déboucher sur des bavures de certains militaires mal formés pour une telle mission.

D'après la CTDDH, "cette instruction est d'autant plus grave qu'elle s'adresse à des militaires analphabètes sans foi ni loi et qui trouverons là une occasion pour se livrer à des massacres gratuits et extra-judiciaires. C'est aussi l'occasion pour eux d'arnaquer de plus belle, les paisibles citoyens qu'ils accuseront faussement de posséder des armes."

Si les inquiétudes du président face à la porosité des frontières sont légitimes, il doit toutefois revoir l'appareil sécuritaire de l'État qui présente des failles, notamment dans le contrôle des entrées et sorties aux frontières et particulièrement celles avec le Soudan, la Libye et la RCA.

"Trois tirs (de sommation, ndlr), s'ils ne s'arrêtent pas, tirez"

Lors de sa conférence de presse le 9 août dernier, le chef de l'Etat a affirmé que les forces de sécurité ont essuyé des tirs à l'Est suite à des tentatives d'interpositions entre belligérants en conflits.

"Les forces de l'ordre ont essuyé des tirs. Les détenteurs d'armes n'hésitent pas à tirer sur les forces de l'ordre. C'est une guerre totale que nous devons engager contre ceux qui portent des armes et (qui) sont à l'origine des morts d'hommes", a indiqué Idriss Déby.

Certaines sources avancent même qu'un hélicoptère aurait été la cible de tirs et a échappé au pire.

Frontière Tchad-Soudan

​Dimanche, le président Idriss Déby a directement mis en cause des assaillants à bord de motocyclettes "en provenance du Soudan avec des armes". D'après lui, de nombreuses armes à feu ont été acheminées de ce pays voisin. "C'est ça la cause de tous les problèmes", a-t-il souligné à Goz Beida.

La fermeture de la frontière entre le Tchad-Soudan ne concerne pas l'axe Abeché-Adré, a précisé Idriss Déby, afin de ne pas affecter l'économie du pays. En revanche, les fouilles seront obligatoires.

Début juillet, le chef de l'Etat Idriss Déby a procédé à une nouvelle réorganisation des officiers au sein de la Force mixte Tchad-Soudan, en remplaçant huit officiers. Les postes qui ont été touchés par ces changements sont notamment le commandement en charge des opérations à la frontière Tchad-Soudan, les groupements opérationnels mixtes n°2 de Farchana et n°3 de Tiné. 

Le Tchad et le Soudan disposent d'un force mixte avec un commandement alternatif, chargé de veiller à la sécurisation des 1360 kilomètres de territoire qui séparent les deux pays. Créée en 2010, cette force qui dispose de postes d'observations des deux côtés de la frontière, a constitué un élément moteur de la normalisation concrète des relations entre le Tchad et le Soudan. 

La frontière soudanaise constitue un enjeu économique pour de nombreux commerçants. Des denrées alimentaires sont importées en quantité depuis le Soudan vers l'Est du Tchad.

Le Conseil militaire de transition a assuré à plusieurs reprises que les relations avec le Tchad sont solides et ne subiront aucun changement malgré le renversement d'El-Béchir.