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TCHAD

Tchad : la société civile dénonce une “ingérence flagrante” de Paris


Alwihda Info | Par - 8 Février 2019 modifié le 8 Février 2019 - 17:27



Un impact au sol d'un bombardement de l’armée dans la zone de Kouri Bougoudi, au nord du Tchad. Credits : Alwihda Info
Un impact au sol d'un bombardement de l’armée dans la zone de Kouri Bougoudi, au nord du Tchad. Credits : Alwihda Info
L'intervention militaire française dans le nord du Tchad ces derniers jours, à la demande des autorités tchadiennes, est “une ingérence insupportable" et "un précèdent assez dangereux", ont déclaré ce vendredi à Alwihda Info deux acteurs de la société civile.

« Cette ingérence de la France dans les affaires intérieures du Tchad est insupportable. Ce soutien sans faille de Paris démontre que la France a choisi Idriss Deby qui continue à affamer son peuple, à torturer le peuple tchadien et qui n’hésite pas à pérenniser son pouvoir en faisant recours à des pays étrangers pour s’accrocher au pouvoir", a indiqué Mahamat Nour Ahmed Ibedou, le secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits Humains (CTDDH).

“Nous condamnons très fermement ces agissements de la France dans les affaires internes du Tchad. Elles sont inacceptables et nous croyons qu’elle peut assister autrement le Tchad, par d’autres moyens, les communications, conseil et autres mais non pas d’intervenir militairement pour tuer des tchadiens qui sont en train de se battre entre eux. Je trouve ça anormal", a déclaré de son côté Jean Bosco Manga, porte-parole de l’Action citoyenne pour l’application intégrale de l’amnistie au Tchad (ACAIT).

Les autorités tchadiennes et françaises ont décidé de procéder à de nouvelles frappes conduites par des mirages 2000, le 5 et 6 février dans l’Ennedi-Est, affirme l’état-major de l’armée française.

Dimanche dernier, une patrouille de Mirage 2000 français a procédé dans le nord du Tchad à des frappes, en appui de l'armée tchadienne, sur une colonne de 40 pick-up d'un groupe armé en provenance de Libye.

Le convoi visé se composait de membres de l'Union des forces de la résistance (UFR), groupe armé à l'origine de la tentative de putsch de 2008, stoppé in extremis aux portes du palais présidentiel de N'Djamena grâce à l'appui de l'allié français.

Selon Paris, "sur le plan du droit, cette intervention répond à une demande d'assistance formelle d'un Etat souverain à l'égard de la France", selon une source au sein du cabinet de la ministre française des Armées, Florence Parly.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1990, Idriss Déby Itno a toujours pu compter sur son allié français, qui a installé à N'Djamena le QG de sa force antijihadiste Barkhane.
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur



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