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TCHAD

Tchad : le secteur du coton enregistre des progrès tangibles


Alwihda Info | Par - 10 Juin 2021



La campagne agricole 2020-2021 s’achève sur une note de satisfaction avec une production de 125.000 tonnes, légèrement supérieure à celle de la campagne précédente estimée à 116.000 tonnes. La quantité insuffisante et à la fois insignifiante de pluie de l’année 2019 a largement contribué à la destruction de la capacité germinative des graines de coton, diminuant considérablement les rendements à l’hectare, sinon on serait au delà de cette production, expliquent des experts.

En dépit de tout cela, la production cotonnière ne cesse de monter et pourra frôler la barre de 200.000 tonnes à la campagne 2021-2022 au cas où la pluie surprend désagréablement. Il faut mettre ce progrès tangible à l'actif du groupe Olam, actionnaire majoritaire de la Coton Tchad, qui a injecté des moyens conséquents pour atteindre cet objectif tant escompté. Il faut noter que cet investissement a contribué à remettre en état toutes les usines, à l’augmentation de la capacité d’égrenage des usines de Kyabé, Pala et Moundou, à l’épurement de toutes les dettes antérieures des producteurs, au paiement de la dette des fournisseurs sans oublier l’aménagement des pistes cotonnières.

Le paiement de la dette des fournisseurs a été honoré à environ un milliard de Fcfa l’année dernière. À cela, il faut ajouter l’installation de l’usine de délintage de graine de coton à Gounou-Gaya qui fournira, dès la campagne 2022-2023, des graines de semence délintés avec un fort taux de germination aux producteurs. Ce qui entrainera l’ouverture de l’usine d’égrenage de coton de cette ville, considérée comme zone de grande production de coton.

L’opérationnalité des usines de Gaya provoquera inéluctablement la réduction du chômage dans la zone et la relance de l’économie locale, comme partout où les usines sont installées. Car, avec la relance de la filière coton, ce sont des milliards de nos Francs qui sont injectés chaque année dans le monde rural.

Pour stimuler la production, 10.000 charrues à traction animale ont été offertes à crédit, remboursable sur une période de 4 années, aux producteurs. Une première dans l’histoire de la Coton Tchad et du monde rural car tous ceux qui sont passés au moins une fois par les travaux champêtres, savent que dans le passé, il n’y avait que l’ONDR qui distribuait des charrues subventionnées par l’État aux producteurs. Aussi, les grands producteurs sont encouragés par la Coton Tchad à travers des primes et sont traités comme des clients VIP dans une banque.

Pratiquement, les grands producteurs ne sont pas fichés au registre des associations villageoises et peuvent directement prendre les intrants et être payés directement par la Coton Tchad lorsque leur coton est enlevé. Ce qui leur évite les tracasseries de la caution solidaire qu’ils paient souvent, à la place des paysans malhonnêtes qui prennent les intrants et les produits phytosanitaires sans faire le champ de coton pour lequel les intrants sont destinés. Aussi, s’ils (grands producteurs) le désirent, ils bénéficieront des tracteurs pour les travaux, auprès du département de la Mécanisation de l’agriculture de la Coton Tchad. Pour la campagne 2021-2021, la mise en place des semences et intrants tend vers la fin. Dans certaines zones comme le Barh Sara, le Lac Iro et le Logone Occidental, le coton pousse déjà. Des équipes de la Coton Tchad s’attèlent à tout mettre à la disposition des producteurs pour la campagne en cours.

La production ayant augmenté, Olam a remis à niveau l’huilerie de Moundou qui fournit désormais de l’huile végétale fortifiée à la vitamine A et D. Cette huile est prisée des consommateurs. Bientôt, la savonnerie rouvrira ses portes également, avec une gamme variée de savons sur le marché. Peu à peu, la Coton Tchad retrouve sa place de locomotive dans l’économie nationale, comme l’aurait souhaité feu Maréchal Idriss Déby Itno qui a pris à bras le corps la relance de la filière coton, en subventionnant le prix sur les intrants aux producteurs et incitant à la mise en place du fond de soutien à la filière coton. Si la machine Coton Tchad tourne mieux avec la relance d’Olam, c’est grâce à une mobilisation de ressources financières, humaines et techniques recherchées ici et ailleurs.
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur



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