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Tribune : Le complexe des petits dictateurs


Alwihda Info | Par Mahamat Nour Ibedou - 27 Octobre 2020


Mahamat Nour Ibedou
Mahamat Nour Ibedou
Les hommes qui ont marqué l'histoire contemporaine au niveau mondial avaient tous un point commun : ils ont toujours agit au bénéfice des autres ; ils ont toujours mis en avant le bien-être des peuples, souvent au péril de leur vie. Ces sacrifices et ces dons de soi leurs ont permis d'inscrire en lettres d'or leurs noms dans les annales de l'histoire.

Si certains d'entre eux avaient été des chefs d'État ou chef de gouvernement à l'exemple  de Fidel Castro, Gamal Abdelnasser, Patrice Lumumba, Nelson Mandela,Thomas Sankara etc.., d'autres au contraire étaient de simples leaders d'opinion comme Martin Luther king, Che Guevara, Gandhi, etc. 

Ces gens ont toujours été admirés et adulés de part le monde et leurs reputations ont franchi les frontières de leurs pays respectifs.

Ces hommes de valeur ont souvent agit en suivant simplement leurs convictions ; ils n'ont jamais forcé le destin ; pourtant leurs noms n'ont jamais quitté la mémoire collective et ont toujours résisté à l'épreuve du temps.

Nombreux sont cependant des dirigeants qui se sont illustrés par des actes négatifs et dans les annales de l'histoire,  leurs noms sont inscrits en lettres de sang : Hitler, Mussolini, Pol pot, Pinochet, etc, entrent dans cette catégorie.

À  côté de toutes ces personnalités se rencontrent des chefs d'État africains qui se sont illustrés par un règne souvent tyrannique, plongeant leurs peuples dans la misère. Ces dictateurs ont toujours été obnubilés par les grands noms que nous avons cités ci-haut et nourrissent vis-à-vis d'eux un profond complexe. Ils essayent de leurs ressembler mais les actes négatifs qu'ils ont posé rendent leur rêve impossible. Ils sont pourtant parfaitement conscients de cet état de fait et leur quête effrénée d'une certaine respectabilité, les amène pour s'affirmer à dépenser sans compter l'argent du peuple pour construire des monuments portant leur marque, à organiser des cérémonies d'intronisation extrêmement coûteuses rien que pour s'octroyer des titres distinctifs Maréchal, Empereur, etc. Vous les aurez reconnu : Bokassa, IDI, Amine Dada, Mobutu Sesse Seko, et maintenant Idriss Deby. 

Celui-ci conscient du calvaire qu'il fait subir à ses concitoyens est allé très loin dans sa recherche effrénée dune notoriété qui a du mal à passer vis-à-vis de l'opinion nationale et internationale. 

Le complexe cultivé par lui à cause de sa médiocrité chronique dans la gestion des affaires du pays et son absence notoire de charisme et de personnalité d'homme d'État l'on poussé très loin au point de vouloir effacer l'histoire même du Tchad en détruisant tous ses fondements. Les monuments et symboles de l'histoire de notre pays ont fait les frais de cette mégalomanie ; le camp Koufra débaptisé Camp de 13, le monument de l'entrée de l'aéroport de N'Djamena, le rond point de l'étoile, les grands ronniers qui bordent l'avenue Charles de Gaulle, le palais du gouvernement, etc. Il y a également le refus de voir se tenir des forums qui marquent l'histoire de certains évènements comme la commémoration du massacre des ulémas au coupe coupe par les colons au Ouaddai.

Bref, tout est fait pour essayer de démontrer que l'histoire du Tchad s'est inscrite seulement à partir de l'arrivée de M. Idriss Deby au pouvoir en décembre 1990.

Tout le monde sait que la stature d'un dirigeant se construit d'abord par un patriotisme reconnu, sous-tendu par une bonne gouvernance, seuls facteurs pouvant conférer une estime du peuple et donc une notoriété certaine. Sans cela, le dirigeant en question sortira sans conteste par la petite porte et son nom, quel que soit sa longévité au pouvoir, ira gonfler la poubelle de l'histoire.

Par Mahamat Nour Ibedou