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AFRIQUE

VIH : en Côte d'Ivoire, l'objectif fixé par l'OMS pour infléchir la maladie atteint en 2020


Alwihda Info | Par Namissa R. - 1 Mars 2019 modifié le 1 Mars 2019 - 18:05

L’Organisation Mondiale de la Santé a fixé la barre haut en matière de dépistage du virus du SIDA afin d’inverser la courbe de la maladie. En Côte d’Ivoire, l’espoir d’atteindre ces objectifs à l’horizon 2020 a été affirmé. Un combat particulier pour la protection des femmes et des enfants est mené par des associations comme la Coalition des femmes vivant avec le VIH ou Children of Africa, la fondation de la Première Dame du pays, Dominique Nouvian Ouattara.


Par Namissa R.

© DR
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À l’occasion d’une visite le 1er février dernier à Yopougon (Abidjan), Dominique Nouvian Ouattara a apporté son soutien à la Coalition des femmes vivant avec le VIH, en leur faisant un don de 200 millions de francs CFA. Celle qui a reçu le titre “d'ambassadrice spéciale » de la part de l'ONUSIDA reconnaît la fragilité particulière des femmes et des enfants qui “sont souvent les plus démunis face à cette maladie », et a  lancé un appel “ à toutes les femmes de Côte d'Ivoire, particulièrement les futures mamans, afin qu'elles aillent se faire dépister ».

C’est que le sujet du dépistage mobilise la société civile. Le 30 janvier dernier, à Abidjan, l’Alternative-Côte d'Ivoire, une ONG, organisait, dans le cadre de son projet ACT (Advocacy and other Community TACTICS), une réunion de travail autour du virus du SIDA. Un virus qui touche de plus en plus les enfants, d’où la préoccupation de la Première Dame.

Selon les chiffres de  l'UNICEF, l'agence des Nations unies pour l'enfance, chaque jour 5 nouveaux adolescents seraient ainsi infectés par le VIH dans le pays, alors que moins de 30 % des enfants dits séropositifs bénéficient d’un traitement antirétroviral. Ce dernier doit empêcher la propagation du VIH dans l'organisme. Or, toujours selon l'agence onusienne, en l’absence de traitement, 50 % des enfants meurent avant l'âge de 2 ans. 
 
Pour endiguer le phénomène, et tandis que la propagation de la maladie se poursuit au niveau mondial– on considère que 2.5 millions de personnes sont infectées chaque année –, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fixé en 2014 un objectif global visant à inverser la courbe des transmissions, intitulé « 90-90-90 » : 90 % de patients infectés par le VIH doivent être diagnostiqués ; 90 % de ces derniers doivent recevoir un traitement adapté ; la « virémie VIH » (présence du VIH dans le sang) doit être inférieure aux seuils habituels de détection chez 90 % des patients.
 
« Le gros défi, c'est le dépistage »
 
Et en Côte d'Ivoire, les autorités ont estimé que cet objectif « 90-90-90 » pouvait être atteint d'ici 2020, ce que la réunion de fin janvier a d'ailleurs confirmé. Dom Abla, la représentante du directeur-coordinateur du Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS), le docteur Abo Kouassi, a ainsi présenté les derniers chiffres datant de juillet 2018. Elle a qualifié ces derniers d’ « encourageants », puisque 85 % des personnes atteintes par le VIH sont sous traitement antirétroviral, tandis que 76 % ont une virémie « conforme » à l'objectif fixé par l'OMS.

Malgré les progrès, seulement 56 % de la population ivoirienne a connaissance de son statut sérologique, ce qui a poussé Dom Abla à déclarer : « Le gros défi, c'est le dépistage ». C’est pourquoi elle a mis en avant l’importance de communiquer massivement sur cette question en impliquant la presse et les autres médias du pays.

Le Réseau des Professionnels des Médias, des Arts et des Sports engagé dans la lutte contre le SIDA et les autres Pandémies en Côte d'Ivoire (REPMASCI), faisait d'ailleurs partie des organisateurs de la réunion de travail d'Abidjan Au cours de laquelle les différents organismes présents (Alternative-Côte d'Ivoire, le PNLS et le REPMASCI, donc) ont publié une charte de collaboration, afin de soutenir la réalisation de l'objectif « 90-90-90 » et de venir en aide aux personnes les plus vulnérables touchées par le SIDA, dont les minorités sexuelles.  

« Solidarité nationale »
 
Cette solidarité, au plan national, le président de la République, Alassane Ouattara, l'avait lui-même appelé de ses vœux, en 2016, lors de la présentation du Plan stratégique national 2016-2020 de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles. « J'insiste pour que le présent plan se place résolument dans une perspective de solidarité nationale, de responsabilité partagée et de renforcement des acquis de la prévention et de la prise en charge », avait-il déclaré en ouverture. La ministre de la Santé, Raymonde Goudou Coffie, avait appelé à « renforcer notre contribution à la réponse nationale », en nouant par exemple un « partenariat stratégique entre le système de santé et le système communautaire, y compris le secteur privé ».

C’était l’occasion pour la ministre de « rendre […] hommage à la Première Dame de Côte d'Ivoire, Madame Dominique Ouattara, pour son implication personnelle dans la lutte contre la transmission mère-enfant du VIH », une problématique qui lui tient à cœur. 
 
La mobilisation reste importante dans le pays pour aider les mères atteintes du VIH.Toujours dans l'espoir que, d'ici 2020, 90% de la population ivoirienne puisse avoir connaissance de son statut sérologique.